* « C'est pas la taille du marteau qui compte mais la façon dont on s'en sert! » *

* « C'est pas la taille du marteau qui compte mais la façon dont on s'en sert! » *
Hey ! =)







___Vous êtes ici sur un blog d'OS tenu par deux Soeur:
billxtom-Stille & Gangs-Of-Lemon.


___Sur ce blog nous posterons tous nos One Shot YAOI. Certain écrit séparément et d'autre en colaboration (On signera pour s'y retrouver). Nos personnages principaux seront toujours Bill et Tom.


___Je pense que c'est tout ce qu'il y a a dire x) .







Bonne lecture =).





# Posté le vendredi 22 août 2008 13:41

Modifié le samedi 22 août 2009 18:51

* __ Vers des jours meilleurs... *

* __ Vers des jours meilleurs... *
Genre de l'OS : angst, mais ce n'est pas une deathfic.

Théme : Mutilation.

Auteur : . éα_°

Note de l'Auteur : C'est vrai que ce sujet est beaucoup exploité mais il me touche beaucoup alors... Je n'est pas eu à me forcer pour l'écrire, ça m'a d'ailleurs plu. Pour celle qui lise ma fic vous l'avez peut-être déja lu.
Bonne lecture






. × . : • ° • : . × . : • ° • : . × . : • ° • : . × . : • ° • : . × .





___Il avait encore un fois tout préparé. C'est vrais qu'il avait l'habitude maintenant. Il était dans sa chambre, seule la lumière de cette fin de journée d'hiver filtrait faiblement à travers les épais rideaux de sa fenêtre, il était assis dans un coin le regard plonger dans le vide et tenait entre ses mains une lame, ce qu'il pensait être l'objet de sa délivrance en fait... A ses pieds était disposé un bol d'eau, une serviette et un bandage. Il avait appris à ne pas faire de taches, a être transparent.

___Ce jeune homme s'appelait Tom. Et non il ne voulait pas se tuer, juste... se soulager, se libérer. C'était son petit rituel de fin de semaine, sa petite récompense personnelle, comme il le pensait souvent. Il le faisait toujours le même jours, le vendredi, toujours à la même heures, 19 heure. Il était sur qu'à cette heure là personne n'était à la maison. Sa mère travaillait et son père... Son père n'était plus à la maison depuis longtemps de toutes façon. Il avait aussi choisi se jour et se chréno-horaire parce que Bill, son jumeau, avait cours de dessin.

___Bill... Ça c'était sa raison de vivre. C'était le rayon de soleil qui arrivait toujours à percer les nuages, c'était la peluche que l'on donne à un enfant quant il pleur, Bill c'était « tout » pour Tom. Et si depuis tout ce temps, Tom n'était pas six pieds sous terre c'était bien grâce à lui. Et il s'en voulait d'autant plus de se faire du mal ainsi mais... ça lui était indispensable. Il ne voulait pas parler de ses problème à Bill. Il était le grand frère, c'était à lui d'aider Bill. Et puis il pensait que ses problème était juste emmerdant, il ne voulait pas déranger.

___Son regard qui était depuis quelque minutes déjà perdu dans le vide se dirigea vers l'objet entre ses doigts. Son regard s'emplit de tristesse. Putain il se faisait tellement pitier! Il savait très bien que beaucoup de personnes souffrait cent fois plus que lui, que le monde ne tournait pas si rond que ça, que la vie était injuste. Oui, il savait tous ça... Mais il... au fond il voulait tellement qu'on l'aide. Parce que oui, il y avait la faim et la guerre en Afrique mais il aurait voulu qu'on le sauve lui aussi. Il se trouva stupide et égoïste... Au fond de lui, même si il refusait de l'admettre, il aurait voulu que Bill entre dans ses chambre et qu'il le prenne dans ses bras en lui murmurant que tout irait bien au creux de l'oreille.

___Mais il refusait obstinément de l'admettre. Alors il enleva son bracelet mousse et observa la frise chronologique qu'il avait graver dessus. Oui parce qu'en faite, c'était comme l'histoire, il fallait apprendre le passé pour ne pas recommencer les même conneries dans le future. Il caressa un instant ses cicatrices. Celles-ci, c'était quand son père avait lever la main sur Bill et lui, les autres, là, c'était quand il avait re-donner sa confiance à son père et que celui-ci ne lui avait pas fait de cadeaux pendant deux ans et demi... Et vus toutes les marques qui ornait son bras, il aurait put en faire un livre, se dit-il, ironiquement. Il y avait pas à dire, il se faisait vraiment pitier... Et la toute suite, il se sentit vraiment seul.

___Il était en colère aussi. En colère contre lui, contre son père, contre l'injustice qui c'était installée dans nos rues. Il déplia doucement la serviette sur ses genoux et amena la lame à son poignet. Il posa délicatement cette même lame sur sa douce et fragile chaire, l'objet tranchant s'enfonça sans résistance et le blanc de sa peau fut vite recouvert de rouge. Ce qui le poussait à appuyer si fort cette fois là c'était le dernier coup que leur avait faits leur père: il c'était marrié en les prévenant seulement une semaine à l'avance et en leur faisant clairement comprendre qu'ils n'étaient pas invités. Ça lui faisait tellement mal... Il bougea lentement la lame dans sa plaie comme on bouge une sie sur un tronc d'arbre. Il ne voulait plus avoir mal au coeur...

___Avant de commencer à se mutiler il avait souvent entendu dire qu'au bout d'un moment ça ne faisait plus mal, c'était faux. C'était juste qu'en faisant ça, c'était précisément la douleur qu'on recherchait. Il lui fallait une douleur plus grande que celle qui hantait son coeur, une douleur qui lui ferait oublier pendant un temps qu'il était déchiré de l'intérieure. C'était comme si on se mordait la main pour faire passer la douleur d'une cheville qu'on venait de se tordre.

___En même temps qu'il enfonçait la lame plus profond dans la chaire de son poignet, il sentit une larme dévaler sa joue. Il l'essuya rageusement, il ne devait pas pleuré, c'était faible. Pour ce calmer il regarda le sang s'échapper de la plaie qu'il venait d'ouvrir. C'était beau. C'est comme ça qu'il pleurait. En regardant son bras ainsi c'est comme si il voyait sa rage et ses problèmes s'écouler en même temps que le sang. Il ne put s'empêcher de penser que ses larmes rouges était plus belle que celles transparentes qui sortait de ses yeux. Transparente comme lui, se dit-il.

___Et merde! Il bougea la lame et la ré-enfonça pour crée une autre plaie. Il se rabaissait tout seul, il était vraiment trop con. Il regarda la serviette sur ses genoux, il l'avait pris d'une couleur foncer mais il pouvait distinguer de grande tâches encore plus sombre signe de sa rage et sa tristesse. Ce n'était pas grave, il irait lancer une machine en la mettant dedans, comme il faisait à chaque fois. Il jeta un petit coup d'oeil vers sont réveil, 19 heure 17, il avait encore le temps, Bill rentrait, qui rentrait le premier, n'arrivait pas avant 20 heure 10.


*°*



___Fait chier, ce putain de prof de dessins ne pouvait pas prévenir qu'il était pas là? Et voilà, maintenant il devait rentré à pied parce qu'il avait louper le seul bus qui passait par là avant une heure. Il trouva tout de même un point positif, il pourrait parler à Tom plus tôt. Bill savait que Tom allait mal, c'était son frère jumeau, il le sentait. Cela faisait environ un ans qu'il le sentait vraiment bien, parfois, ça brûlait à l'intérieure de lui, puis l'instant d'après, une partie de son coeur était vide. Il avait souvent essayé d'aborder le sujet, doucement, mais son frère lui faisait très bien comprendre qu'il ne dirait rien, quand Bill lui demandait pourquoi Tom répondait invariablement: « parce que tout vas bien. ». Pourtant Bill savait qu'il mentait. Il avait tout essayer, il avait même arrêter de poser des questions à Tom espérant qu'il viendrait de lui même mais c'était peine perdu.

___Il avait mis de coter la tristesse qu'il avait ressentis quand il avait définitivement compris que son frère ne lui parlerait pas pour se pencher sur le problème. Il savait que Tom était triste du comportement de leur père. Il faut dire que leur connard de père avait vite compris que Tom était plus sensible et c'était toute suite rabattu sur lui. Bill ne comprenait pas pourquoi son père leurs faisait ça. Quand il avait poser la question à sa mère, celle si avait répondu tristement « parce que vous êtes mes fils. ». Il n'avait put s'empêcher de penser, « mais, on est aussi les siens... ». Bref, ce n'était pas la question.

___Autant lui vivait très bien la « problème paternel » autan Tom, pas du tout. Mais si c'était ça alors... pourquoi n'en parlait-il pas à Bill? La douleur de Tom était la sienne, il partageait tout! Il voulait tellement l'aider...

___Il accelera le pas pour se retrouver plus vite chez lui. En arrivant devant sa maison, Bill poussa un soupire de soulagement, il était fatiguer. Il entra dans la maison en silence. Bill adorait le proverbe qui disait: « si tu n'as rien de mieux à dire que le silence alors, tais toi », il l'appliquait parfaitement et Tom aussi. Il retira délicatement ses chaussures et savoura un instant ses pieds en chaussettes sur le sol chaud. Leur mère venait de faire installer le chauffage qui se diffuse du sol alors... C'était vraiment agréable. Mais il voulait parler à Tom. Il avait besoins d'une explication, il voulait l'aider et il allait le faire, il ne ressortirais pas de la chambre de son frère sans avoir put y parvenir.

___Il grimpa les escalier sans se presser, il n'aimait pas se presser. Il arriva devant la porte et posa sa main délicatement sur la poignet, il s'apprêtait à l'abaisser mais il s'arrêta à la dernière minute. Comment allait-il aborder le sujet? Et comment allait-il contrer l'habituel réponse de son frère? Son cerveau réfléchit à toute allure se posant mille et une questions à la seconde puis il se décida: avec Tom, mieux valait y allé au feeling.

___Il inspira un grand coup bombant son torse comme pour se donner du courage. Il appuya délicatement contre la clenche lui ouvrant la vu sur un spectacle des plus douloureux...


*°*



___Quand Tom entendit la porte de sa chambre s'ouvrir il se dit tout d'abord que c'était impossible. Mais le fessau de lumière qui éclaira son visage lui prouva le contraire. Il releva en vitesse la tête et ses yeux tombèrent immédiatement sur Bill. Non... Oh non... Pitier, c'était un cauchemar, il allait se réveillé! Pitier! Leur yeux se rencontrairent et Tom laissa glisser la lame qui était loger dans son poignet. Il la lâcha et elle tomba au sol dans un petit tintement métallique.

___Bill restait tout à fait immobile, la bouche légèrement ouverte par le choque, une main toujours posée sur la poignée. Tom était terrorisé, pourquoi ne bougeait-il pas? Leur yeux étaient comme attachés, ils ne se quittaient pas du regard. Et plongé dans le regard de Bill, Tom ne put empêcher ses yeux de s'innonder de larmes. Il ne voulait pas que Bill le sache, il voulait pas... Mais c'était trop tard à présent.

___Des larmes qu'il ne put contrôler se mirent à couler dévastant rapidement ses joues. Il replia ses bras contre son torse et y amena aussi ses jambes faisant tombée la serviette. Il cacha sa tête dans ses genoux. Bill allait le détester à présent, c'est sur. Oh mon Dieu, si Bill le rejetait il en mourrait! Bill n'aurait jamais dut le voir ainsi. Depuis le début c'était sa plus grade peur. Qu'allait-il penser de lui à présent? Il ne voudrait sans doute plus de lui comme grand frère. Il se mit à trembler violemment. Il priait en silence pour que tout ceci ne soit qu'un cauchemar, et pourtant, c'était bien réelle...

___Il sentit une main se posé doucement sur son épaule et une autre sur son genoux. Il releva lentement la tête et il aperçu Bill devant lui. Mais Tom regardait le cou de Bill, il ne voulait pas voir son visage et y lire la déception qui c'était sans doute imprimer sur ses traits. Mais il sentit la main de Bill lui caresser doucement l'épaule. Il... il rêvait? Bill posa ses main sur les genoux de Tom et le força à s'asseoir en tailleur. Tom se mit alors à fixer les jambes de Bill. Il avait ramener ses jambes sous ses fesses. Tom regarda aussi ses jambe et put constaté que la serviette avait disparut et que ses larmes tombait comme des gouttes de pluie sur son baggy.

___Ses bras étaient toujours coller à sont torse. Mais il vit la main de Bill s'en approcher et saisir délicatement celui d'où coulait le sang. Il n'opposa aucune résistance. Il ne savait plus ce que Bill pensait, et puis il était très fatiguer. Il se surpris à rêver d'un étreinte rassurante. Puis Bill fit ce à quoi Tom ne s'attendait pas. Il trempa un bout de la serviette -qu'il avait au préalable ramasser- et il essuya lentement le bras de Tom en évitant soigneusement les plaies. Puis, quand il eu tout nettoyer il tamponna très doucement les plaies de Tom pour les débarrasser du trop plain du sang.

___Tom était... comme... ailleurs. Il ne comprenait pas. Dans sa tête c'était clair, si un jour Bill l'apprenait il le détesterait. Pourtant, en cet instant, son frère ne l'engueulait pas, il le soignait. Bill saisit le bandage qui était près de ses jambes et commença à le mettre à son frère. Il le serait suffisamment pour que le sang ne coule plus mais trop pour que Tom ne se sente pas serré.


*°*



___Bill garda la main de son frère dans la sienne en la serrant tendrement. Il était tellement triste de ne pas avoir deviné, il avait tellement peur qu'un jour Tom le quitte. Depuis que Tom avait commencé à pleuré, ses yeux à lui était remplis de larmes. Pourtant il ne pleurait, c'était à son tours d'être fort. Mais quand ses yeux se posèrent sur le bandage qu'il venait de faire, il ne put s'en empêcher, il éclata en sanglots et se jeta dans les bras de son frère entourent ses bras autour du cou de se dernier.

___Tom parut tout d'abord surpris mais sera bien vite son petit frère fort dans ses bras. Bill était à moitier assis dans les bras de Tom et avait enfouit sa tête dans le cou de Tom. Bill parla, sa voix entrecouper de sanglots:

_ Je t'en supplie Tom, ne recommence plus, s'il te plais...

___Il avait bien compris que ce n'était pas une première pour Tom, et ça sans même voir son bras. Il suffisait de voir comme il était organiser pour le comprendre. Il en trembla. A ses mots il sentit Tom pleuré plus fort.

_ Je te promet Tom je serais là, dit Bill de sa voix tremblante, ça ira...

___Oui, Bill était là et il ne laisserait plus Tom se faire du mal. A deux ils allaient s'en sortir, il en était sur. Pour Tom... Il continua à le bercer tendrement en lui murmurant des paroles réconfortantes.


*°*



___Tom se laissa porter par les douce promesses réconfortantes fait à demi-mots par son frère comprenant pour la première fois qu'il en avait toujours rêver. Bill était là, Bill avait toujours été là et il le serait toujours. Et avec son aide il sortirais de se puis sombre dans le quel il était tomber. Il avait repris espoir,et c'est l'espoir qui fait vivre...

___Tom regarda au dessus de l'épaule de son frère et regarda vers la fenêtre. Le rideaux n'était pas très bien mit et il put voir que la nuit était tomber, il aperçut aussi les étoile qui ornait le ciel. Elles étaient si belles... Mais elle ne valait pas celle qui maintenant étaient abritées dans ses yeux. Il en était sur maintenant, avec Bill, il allait vers des jours meilleures...








Vos impressions?..



# Posté le samedi 23 août 2008 07:04

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 13:18

* __ « Valse mélancolique et langoureux vertige! » Baudelaire *

* __ « Valse mélancolique et langoureux vertige! » Baudelaire *

Genre de l'OS : m-preg, guimauve.

Théme : Ben chais pas trop en fait x) Les miracles de Noël en premier lieu!

Auteur : . éα_°

Note de l'Auteur : Ok alors... Je ne sais pas trop quoi dire sur cet OS, à la base il était pour un concours, que j'ai d'ailleur perdu xD. Je me suis beaucoup appliquer a le faire, mais on avait un nombre de page limitée donc... Certaines choses que j'aurais aimée faire plus en profondeur sont assez superficielles!
Bonne lecture =)






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POV Bill :

_____Allongé sur mon lit j'observe avec délectation les étoiles à travers ma fenêtre. Il n'est pas spécialement tard mais nous sommes en hiver et les jours sont courts. J'ai pris soins d'éteindre les lumières de ma chambre, ça me permet de savourer pleinement la nuit et son long manteau scintillant.

_____Je sais pas, c'est comme si en me perdant parmi elles j'échappais, pour quelques instants, au problèmes qui m'assaillent. Je concentre mon regard encore plus fort. On dirait des pierres précieuses, mais elles valent plus que ça. Elles sont insaisissables...

_____Je passe ma main sur mon ventre rond lorsque je sens un coup me venir de l'intérieur. Mes yeux quittent les étoiles et viennent se poser avec douceur sur mon ventre proéminent, je souris... Je me met sur le dos et soulève mon tee-shirt avant de posé délicatement mes mains sur ma peau tendue.

_____Je sais déjà ce que vous pensez, mais j'en ai rien à foutre. Je m'appelle Bill, j'ai seize ans et je suis enceinte.

POV Omniscient:

C'est souvent en se perdant dans les étoiles que l'on retrouve la force d'avancer.
Elles sont si belles, elle brillent si fort...
Elles sont comme des fées, elles nous enchantent.
Elles illuminent ce qui pourrait être noir et froid, elles le transforme en beauté précieuse.

Quand ont les regarde de notre petite place alors on comprends.
On comprend qu'on est sans doute rien, une poussière dans l'univers.
Mais elles le sont aussi.
Elle sont juste des poussières!
Pourtant elles continuent de scintiller avec charme.

Alors pourquoi pas nous?
Et si, vu du ciel, nous aussi, on brillait comme les étoiles..?

POV Bill :

_____J'ai troqué mon tee-shirt contre un haut à manches longues noir par dessus lequel j'enfile un épais sweat Mr Jack, mon préféré. Ça plus mon manteau devrait suffire à me maintenir au chaud pendant la soirée. On est le vingt quatre décembre, le soir de Noël. Pourtant cet année je passerais cette fête de famille seul.

_____Je referme avec peine mon sweat en souriant. C'est qu'il en prends de la place mon petit bébé... Je passe mon écharpe et décide de me remettre à faire mon sac. Alors... qu'est-ce que j'ai oublié? J'ai forcément oublié quelque chose. J'oublie toujours un truc... Mes affaires de toilettes!

_____Je me dirige vers la salle de bain en tendant une oreille lorsque je passe à coté des escaliers. J'entends mes parents s'affairer en bas, cette année c'est eux qui reçoivent la famille pour Noël, c'est aussi pour ça que je vais passer ma soirée et ma nuit seul.

_____Mais c'est pas grave, de toute façon ça me convient! J'aime pas ma famille et il ne m'aime pas non plus, ils ne méritent pas que je sois triste. J'ai aucune putain de raison d'être triste. Je pénètre dans la salle de bain et allume par réflexe les lumière les plus tamisées. Je n'aime pas beaucoup quand il y a trop de luminosité, ça m'agresse... Je me regarde un instant dans le miroir, mon maquillage est catastrophique. Je m'empare de mon démaquillant dans l'optique d'effacer et de recommencer les contours de mes yeux. Je vais peut être passer ma soirée seul, mais on est le soir de Noël, je veux être beau, c'est important pour moi.

_____Une fois fait et satisfait du résultat je range mes affaires de toilette et les ramène dans ma chambre. Bon... Je vais aussi prendre mon PC portable et la saison quatre des Frère Scott, comme ça je me ferais pas trop chier. A moins que je prennes Dr. House? Mh... Je vais prendre les deux, je choisirais là bas!

_____Mes parents m'ont réserver une chambre d'hôtel. Je sais qu'ils se sentent coupable de me cacher de la sorte, ils veulent le faire pour me protéger du regard des autres. C'est aussi pour ça qu'on a déménagé et que je prends des cours par correspondance. Ils disent qu'ils me protègent mais je sais qu'au fond, c'est eux même qu'ils veulent protéger. Ils viennent de famille très... religieuse. Mais je leur en veux pas.

_____Ils sont plutôt « jeunes » dans leurs tête malgré la religion et ils avaient déjà accepté -avec difficulté mais accepté quand même- mon homosexualité. Bien sûr il y avait quelque condition, comme de ne pas m'afficher avec mon copain, Mathis.

_____En pensant à lui mes yeux se voilent et je sens ma gorge se nouée. Non hors de questions que je pleure pour ce connard, je vais juste plus y penser.

POV Omniscient :

Retarder l'inévitable.
Essayer de fermer les yeux face à la douleur.
Face à sa propre douleur...

C'est ce qu'on fait de mieux, c'est ce qu'il fait sans discontinuer.
C'est juste une façon de se protéger.

S'imaginer une autre histoire.
Se voiler la face et refaire le monde avec des « si », c'est tellement plus facile.

Mais il faudra que tu l'affronte Bill.
Même si tu pleures, même si ça fait mal, même si tu t'effondres...
Tu en as le droit, tu n'es pas invincible...
Il faut juste s'avouer le problème pour le vaincre...

POV Bill :

_____Je laisse mes deux sac dans l'entrée et me dirige vers le salon pour y trouver mes parents. Je m'arrête devant la table ou je les observe disposer les couverts. Je pose mes mains sur mes reins en grimacent sous le poids de mon ventre.

_____Je toussote légèrement pour leur faire remarquer ma présence. Lorsque qu'on reçoit des invités ils sont complètement paniqués...

« Oh ma puce! » S'exclame ma mère, « viens me faire un gros câlin! ».

_____Je lui souris tendrement et m'exécute. Je pose ma tête dans son cou et respire son odeur. Ma maman à moi... Elle me chuchote un « je t'aime » suivit d'un « désolé ». Je la sert plus fort dans mes bras lui indiquant qu'elle est déjà pardonnée. Je ne peux pas lui en vouloir, c'est moi qui est voulu garder mon bébé...

_____Après avoir resserré une dernière fois notre étreinte on se détache et elle s'essuie rapidement les yeux. Je fais comme si de rien parce que je sais que c'est ce qu'elle veut, faire comme si tout allait bien. Je me retourne vers mon père qui me sourit et me laisse attirer dans son étreinte protectrice.

_____Après un dernier regard je m'en retourne dans l'entrée et met mon manteau que je laisse ouvert -il est trop petit pour mon ventre. Je passe mes deux sac sur mes épaules et sort dans la nuit non sans avoir vérifier au préalable que j'avais bien mon portable et mon MP4.

_____Le froid de l'extérieur m'enveloppe d'une douceur particulière et je me met en route. Je sors mon MP4 et installe les écouteurs dans mes oreilles. Je voudrais m'enfoncer dans les limbes de la musique à tout jamais, être bercé par les accords et vibrer au son des voix. Je voudrais ça à l'infini, sans aucune pause... Mais la vie n'est probablement pas ça.

_____Mes parents ne m'ont pas accompagner jusque dans l'entrée et j'en comprends sans mal la raison... Il vont laisser leur enfant seul le soir de Noël, ça leur fait mal, ils ne veulent pas me regarder partir, ça les blesserait encore plus. Et ça me blesse aussi, c'est pour ça que j'ai fait... « vite ».

_____J'avance en direction de l'arrêt de Bus et bientôt j'en aperçois les lumières. Je m'assois à bout de souffle sur un banc. Mon Dieu je suis vraiment devenue un hippopotame handicapé c'est pas possible. Bon ça vient peut être du fait que je me suis grouillé comme pas deux... Mais j'y peux rien je ne supporte pas d'arriver en retard au bus, il faut que j'y sois en avance sinon je panique. Mais ce n'est certainement pas une bonne idée dans mon état, je vous l'accorde.

_____Je ferme quelque instant mes yeux pour me concentrer sur ma respiration. J'inspire et expire avec lenteur me calme de cette course folle. Enfin , course folle... Pour moi oui. Je n'étais déjà pas très bon en sport alors maintenant...

_____Alors que mes yeux se rouvrent j'entends les premières notes de piano d'une Comptine D'un Autre Eté. J'aime les morceaux de piano. Je retire une de mes oreillettes la place correctement sur mon ventre et posant ma main par dessus pour l'y appuyer. De ma main libre je caresse avec tendresse mon ventre en espérant qu'il entend, en espérant que ça l'apaise...

_____Au loin je distingue les phares du Bus se dessiner dans la brume. Il se dirige vers la ville d'à coté, nous sommes un peu en campagne ici et l'hôtel n'a pas du plu à maman qui voulait quelque chose mieux pour moi alors elle m'en a trouver un en ville. Je ne vais pas me perdre, je suis déjà allé dans cette endroit pour les courses.

_____Je me redresse avec une certaine difficulté tenant mon ventre à deux main. Je m'approche de la bordure du trottoir et le Bus s'arrête à mon niveau. Lorsque les portes s'ouvrent j'y monte et souris avec franchise au chauffeur. Déjà qu'il doit conduire un vieux Bus miteux le soir de Noël... je peux bien lui offrir mon sourire, ça ne coute rien et ça réchauffe le c½ur. J'achète mon ticket, le valide et vais m'installer sur la place au premier rang.

_____J'aime voir la route devant moi. Le conducteur a éteint les lumières de l'avant du bus ne laissant allumées que celles de l'arrière, j'apprécie encore plus. Je regarde un instant autour de moi, un seul autre passager et à en juger par les cadeau qui encombrent ses bras il ne passera pas Noël tout seul.

_____Je soupire de tristesse et colle mon front contre la vitre glacer après y avoir laissé traîner ma main dans une tentative veine d'essuyer la buée. Allez, ce n'est pas si terrible de passer son Noël tout seul, ce n'est qu'une soirée, une soirée comme les autres et puis c'est tout...

_____En posant une nouvelle fois ma main sur mon ventre je ne peux m'empêcher de repenser à tout ça. Tout ce qui c'est passé depuis juin dernier... En juin j'ai appris que j'étais enceinte d'un mois. Après tout s'est compliqué. Tout est passé si vite!

_____Je ne sais pas, c'est comme si je n'avais pas tout compris, que le train était passé devant moi sans m'attendre. Il y a une seule chose qui restait clair dans mon esprit: Je gardais le bébé. Ne vous méprenez pas, je sais exactement ce qui m'attend. Je ne le garde pas parce que j'ai une soudaine envie de jouer à la poupée, je sais que ma jeunesse est foutue, que je vais avoir beaucoup de mal à gérer mes études mais je réussirai. Je vais réussir pour cet enfant que je porte, je sais que j'en suis capable, je le sais c'est tout...

_____Le père du bébé est carrément devenu un sujet tabou à la maison. Il s'appelait Mathis. On était ensemble depuis un an... Mon Dieu je sais même pas comment on à réussi à tenir un an ensemble! Il était... mon exact opposé en fait. C'est sans doute pour ça qu'il me plaisait tant... Je suis une personne plutôt timide, peut être un peu introverti et j'ai souvent besoin de calme et de ma dose de solitude. Je n'aime pas particulièrement les fêtes l'alcool et les cigarettes, en fait, je trouve ça même complètement... j'sais pas, futile?.. Enfin ça ne me plait pas vraiment. Lui il ne jurait que par ça, il était complètement extraverti, il aimait s'amuser, être insouciant... Oui, c'était vraiment mon contraire.

_____Au bout du sixième mois de notre relation nous avions décidés d'un commun accords de faire le teste du dépistage du VIH pour être plus... tranquille dans nos relation intime. Je ne voyais vraiment pas ce que l'arrêt du préservatif pouvait bien nous faire! Mais parents ne m'avaient avertit de rien.

_____En réalité j'ai toujours été hermaphrodite mais à la naissance les médecins m'avait jugés « inapte à la fécondation ». Mes parents ne sont donc jamais sentit le devoir de me parler de cette particularité. En réalité, mon organisme est plutôt compliqué à comprendre. Mes ovaires sont aux « bonnes » places et ils fonctionnent... relativement correctement. J'avais genre... quelque saignement mais vraiment très peu et pas du tout régulièrement. J'en avais plus honte qu'autre chose je me suis donc appliquer à les cacher. Je n'ai jamais fais le rapprochement avec des règles...

_____Il se trouve que dans mon intimité, si on remonte un peu plus haut -pas beaucoup d'après le médecin- on s'aperçoit qu'il y a un autre orifice. J'ai mes intestins en place normalement c'est juste qu'au dessus j'ai un utérus et qu'en fait mon anus quand j'accoucherais se dilatera comme un vagin féminin. Par contre j'ai plus de chance de ne pas arriver à dilater donc d'avoir une césarienne et de plus ça durera sans doute longtemps qu'un accouchement normal.

_____Je me rappelle encore du jour ou j'ai appris ma grossesse...

[ Flash Back ]

_____J'attends devant une porte blanche assis sur un siège on ne peut plus inconfortable, super. Pourquoi je suis là déjà? Oh mon Dieu je suis pitoyable! Ma jambe s'agite nerveusement, frénétiquement créant un petit battement de mon pied contre le sol.

_____Je suis devant l'infirmerie. Ok, vous allez me trouver stupide mais j'ai un énorme doute, plus gros que ce doute y'a pas. Tout à l'heure, on était en cours de Biologie et comme on est en fin, vraiment fin d'année la prof' lâche du mou, elle est plus « cool ». Ce matin une fille de la classe est venue en cours avec un magazine people annonçant en première page « Un homme enceinte! ». Il se trouve qu'on a tous lu cet article et que ça nous à intrigué, on en a parlé à la prof de Bio qui nous à expliquer en détail. Et... et je commence à avoir des nausées et je... parfois j'ai des saignements. Puis même je me sens mal, faut que j'en parle, j'ai l'impression que ça m'arrive. Le magazine a dit que c'est pas si rare et tout...

_____Je suis sans doute en train de me monter un psycho-drame à moi tout seul mais je préfère être sûr. Bientôt un élève sort de la salle et passe devant moi pour retourner en cours. Je m'avance devant cette porte qui ne m'a jamais paru si gigantesque et effrayante. J'essuie mes mains moites sur mon jean avant de frapper. Faut vraiment que je me calme...

_____Lorsqu'un faible « entrez » filtre à travers l'épaisse porte je me décide à rentrer. J'aime bien cette infirmière, elle est sérieuse et attentionnée quand on va la voir. Je suis souvent venue cette année souvent pour des maux de ventre alors elle commence à me connaître. Je referme la porte derrière moi et vais m'asseoir sur la chaise en face de son bureau déposant mon sac à mes pieds.

« Bonjour Bill », me dit-elle en souriant, j'étais sûr qu'elle connaissais mon prénom! « Tu est venue pour un mal de ventre? », me demande-t-elle.
« Non, pas vraiment... », ma voix semble incertaine, presque tremblante.
« Alors qu'est-ce qui t'amène me voir par ce si beau temps alors que c'est l'heure de la récré? » Me questionne-t-elle, souriante et rassurante.
« En fait je... », putain je vais pas y arriver, je me sens tellement con! « Je, j'ai l'impression... mais... Oh mon Dieu vous allez me trouvez pitoyable et totalement idiot! » Je m'effondre dans le siège de fatigue et de peur.
« Bill, ne te fais pas de soucis, il n'y a que toi et moi dans cette pièce, je suis tenue au secret professionnelle, de plus... » précise-t-elle, « une question n'est jamais idiote, par conséquent toi non plus! », finit-elle en souriant, « ai confiance, je ne te jugerais pas, ne panique pas ça va aller. ».
« Ok », dis-je en essuyant rapidement une larme qui avait débordé de mes yeux mouillés. « J'ai l'impression, après en avoir parlé et réfléchis je... est-ce que ça serait possible que je sois enceinte? »

_____Je baisse les yeux immédiatement. Je me sens vraiment, mais alors vraiment con. Pourtant j'ai cette boule dans mon ventre et cet état d'alerte dans ma tête. C'est comme une sonnette d'alarme et elle ne s'éteindra pas temps que je ne lui aurait pas donné tord... ou raison.

« Ok, n'aie pas peur Bill, explique moi pourquoi tu penses ça. », sa voix est douce, elle me rassure.
« Avec mon copain on arrêté d'utiliser le préservatif parce qu'on à fait le teste de dépistage du VIH et je... », ma voix se brise et je ne relève pas les yeux. J'inspire un grand coup et poursuit: « Depuis le début de l'année je crois j'ai parfois quelques saignements au niveau de mon... intimité et on a parlé de ça en Bio et ça pourrait coller avec des règles et je sais pas depuis peu je me sens nauséeux et j'ai un gros doute. », une larme roule sur ma joue et part s'écrase contre mon jean, « peut être que je m'invente un truc mais je préférerais être sûr. »

_____Je l'entends se lever puis elle vient s'asseoir dans le siège à côté du mien. Je vois sa main entrer dans mon champ de vision et se poser sur la mienne sur mon genou.

« Est-ce que tu voudrais faire un test? »

[ Fin Flash Back ]

_____Elle avait quelques tests de grossesse dans son armoire à médicament, celle qu'elle fermait à clef. Elle à fermé l'infirmerie et on a fait le test ensemble, j'étais mort de peur, elle a bien vu qu'elle ne pouvait pas me laisser seul à ce moment la... Quand je suis sortis des toilettes je n'avais pas encore le résultat je me suis rassis en face d'elle et j'ai posé le test sur le bureau. Je ne le regardais pas, elle le fixait. J'étais tellement angoissé! Au bout d'un moment qui m'a paru durer une éternité elle c'est saisis du test et l'a approché devant ses yeux. Je l'ai regardé jeter un coup d'½il au mode d'emploi et lorsque j'ai vu l'air désolé qu'elle avait pris, j'ai su... Su ce que je savais déjà tout au fond de moi.

_____Elle m'a tendu le teste et j'ai bien du passer dix minutes scotcher devant ce « + » qui me faisait effrontément face. Puis j'ai posé une main hésitante sur mon ventre, il était en dessous, juste là. J'ai serré le test fort dans ma main et je me suis demandé ce que j'allais faire même si je le savais déjà: j'étais incapable d'avorter.

_____Après, quelques jours plus tard, quand je fus totalement sûr de ma décision, que j'avais vraiment réfléchis en regardant tous les inconvénients qui s'offraient à moi, j'étais sûr, je le gardais. Il fallait donc que j'en parler à Mathis puis à mes parents.

_____J'espérais que Mathis régirais bien mais je savais qu'il allait me lâcher... J'en étais presque sûr à cent pour cent... Ça n'a pas loupé il m'a carrément accusé de l'avoir trompé, il m'a dit qu'il n'était pas le père que j'étais tout seul dans cette merde et qu'il fallait que je me débrouille sans lui. Il est parti, tous simplement parti comme un gros salopard. C'était le début des vacances d'été et après ça je ne l'ai plus jamais revu. J'ai appelé plusieurs fois chez lui, j'étais en colère, il ne pouvait pas me laisser seul sans rien! Sans même reconnaître que lui aussi il avait participé a la création de cet enfant que je portais. J'avais donc expliquer la situation à la mère de Mathis, elle m'a gentiment renvoyer dans mes buts en me disant de ne plus embêter son fils avec ça et qu'elle me paierais une pension si je voulais mais que je devais fermer ma gueule.

_____Je n'ai eu d'autre choix que d'accepter, faute d'avoir un père pour mon enfant j'aurais déjà plus de choses à lui offrir avec ça... Il a ensuite fallu l'avouer à mes parents. J'avais déjà été anéanti par le rejet prévisible de Mathis, je ne pouvais pas imaginer qu'eux aussi m'abandonnent... A vrai dire leur réaction fut une de celles que je n'avais pas imaginées. Ils n'ont strictement rien dit. Je leur ai tout expliqué en leur disant que je gardais le bébé, que j'aurais une pension et toutes ses choses, je leur ai dit que j'avais beaucoup réfléchis que je savais ce qui allait ce passer mais que je le gardait quand même -j'ai beaucoup insisté sur ce point. Et ils n'ont rien dit du tout. Je crois qu'ils étaient choqués.

_____Le lendemain ils sont venus me réveiller dans ma chambre et on en a discuté, ils m'ont posés des questions pour être sûrs que mon choix était le meilleur pour moi et pour l'enfant puis ils m'ont dis qu'on déménageait que je prendrais des cours par correspondance à la rentré pour éviter que les gens ne l'apprennent et que ça me blesse, ou pire, que la famille l'apprenne. Je pense que c'est ce qui les terrifie le plus, la famille.

_____Et aujourd'hui j'en suis là, je suis enceinte de huit mois et je ne sais toujours pas si c'est un garçon ou une fille. Je ne veux pas le savoir en fait, je voudrais avoir la surprise! De toute façon, qu'importe son sexe je ne serais pas déçu et je l'aimerais pareil alors, autant garder le suspense.

_____Ma grossesse s'est bien passer, j'ai connu tous les aléas de ce magnifique état! Les vomissements, les sautes d'humeur, les envies-pipi-ultra-giga-pressantes... Je dois avouer que je serais près à endurer mille fois pire pour tous les bonheurs que ça m'a aussi apporté. Les échographies, la sensation du premier mouvement. Tout ça c'est indescriptible, magique!

_____Je me suis gavé de lectures pour les futures mères, sur la grossesse, sur les bébés... Je ne sais pas, ça s'est fait tout seul, et tout ça mais si ça a été difficile je ne le regrette pas, ça m'a beaucoup apporté. Plus que ça ne m'a enlevé en tout cas.

_____Je me reconcentre sur ce qui m'entoure, un retour au présent, peu être un peu brutal. Je m'aperçoit que mon arrêt est proche et j'appuie sur le bouton pour demander l'arrêt. Quelques petites minutes après je me lève essayant de garder mon équilibre et me dirige vers les portes. A peine suis-je arrivé devant qu'elle s'ouvrent laissant l'air frais s'engouffrer dans le bus. Je frissonne.

_____Je me dirige assez rapidement vers mon hôtel, prend la clef de ma cambre à l'accueil puis vais m'installer. Ma chambre est au premier étage, je la trouve facilement. J'ouvre et me trouve dans un couloir, sur la droite la salle de bain sur la gauche les toilettes et en face le lit et la télé, c'est parfait.

_____Je vais poser mes affaire sur mon lit, dépose mon portable sur une table près de la télé et vais mettre mes affaires de toilettes dans la salle de bain. Je m'apprête à m'affaler sur mon lit lorsque je remarque des paquets cadeaux sur ma table de nuit. Un petit mot dessus m'indique qu'ils me viennent de papa et maman. Je m'assois calmement et me saisit du premier paquet.

_____Je l'ouvre doucement savourant le papier qui se déchire sous mes doigts avec délectation. Un livre, c'est un livre. Oh mon Dieu, le quatrième livre des Contemplations, Puaca Meae, de Victor Hugo, je le voulais tellement... C'est une édition ancienne très dure à trouver, celle que je voulais. J'apporte le livre à mon visage et hume son odeur de vieillesse et de bibliothèque. Je sais que ce livre est une occasion mais à mes yeux ça le rend encore plus attrayant et précieux, il a une histoire et un passé.

_____J'ouvre la lourde page de couverture et tombe sur un mot que je reconnais être de ma mère grâce à l'écriture fine dont les mots sont tracés. « Joyeux Noël mon poussin, j'espère que ce livre te fera plaisir, tu en parle tellement... Bonne lecture. ». Mes yeux s'emplissent de larmes tandis que je caresse le posthite avec douceur. J'aime la littérature, en particulier les poèmes, mon auteur préféré est Baudelaire, je lis souvent ses poèmes à haute voix pour que mon bébé les entendent, ma mère le sait. Et Victor Hugo est un grand écrivain, un des meilleure à mon avis... Ce dernier livre des Contemplations à été écris pour sa fille Apolline, morte noyée. Ces poèmes sont d'un beauté sans nom.

_____J'ouvre le livre au hasard et tombe sur un magnifique poème, Demain dès l'aube. Il est d'une lourde mélancolie et d'une beauté affligeante. Je commence a lecture ma voix chevrotante toujours sous le coup de l'émotion de ce cadeau inattendue:

« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. »


_____Je pose ma main sur mon ventre et le caresse encore une fois, je veux sentir que je ne suis pas tout à fait seul. Les larmes roulent librement sur mes joues emportant le maquillage que j'avais refais un peu plus tôt avec elles. Je repose le livre et me saisit du deuxième cadeau l'ouvrant avec une pareille impatience que pour le premier. Oh... un petit ensemble blanc avec bonnet et petits chaussons. Là aussi un postiche de ma mère: « Pour ma petite fille ou mon petit fils que j'aime déjà! ».

_____C'en est trop, les larmes débordent et roulent avec vitesse sur mes joues. Je sers le petit ensemble contre moi et sanglote. Je ne voulais pas passer Noël seul! J'aurais voulu qu'on m'accepte! Je voudrais être comme je suis sans qu'on me juge! Je déteste ma famille, je la hais mais au moins pour eux j'existe, je ne veux pas être seul maintenant, je ne peux pas... Pas pour Noël, personne ne devrait passez cette fête de famille seul, juste personne...

_____Je me lève précipitamment, remet le manteau que j'avais enlever prends mon sac à main, mes clef de chambre d'hôtel et vais réparer en vitesse les dégâts que les larmes ont occasionné à mon maquillage, je ne resterais pas ici tout seul comme un gland le soir de Noël, je refuse catégoriquement. Je sors en vitesse de cet hôtel et respire un grand coup pour me calmer c'est bon, je respire, c'est ok. J'aperçois un bus s'arrêter quelque mettre devant moi et je monte dedans sans savoir où il va et quels arrêt il dessert.

« Excusez moi », dis-je en souriant maladroitement au chauffeur, « où va se bus? »
« Le terminus est le Parc du Centre, si vous voulez mon avis vous devriez y allez, il est magnifique avec toutes ses décorations. », me répond-t-il aimablement.

_____J'hoche la tête et vais m'asseoir prestement, être debout dans un bus alors que je suis enceinte et marche comme un canard c'est pas une bonne idée. Une fois assis je me calme et me rend compte de ce que je viens de faire... Ça fait longtemps que j'ai pas été si... spontané et décidé!

POV Omniscient :

Lorsque la solitude nous pèse, lorsque l'abysse devant nos pieds semble s'étendre,
Que devons nous faire?

La plupart d'entre nous recule de quelque pas tentant simplement d'ignorer pour un temps le vide qui les dévore.
Seulement, à force de reculer on se retrouve bloqué contre un mur, un mur qui nous force à lever les yeux et qui nous contrains à regarder cette solitude.

Nombreux, désespérés se sont laissés chuter dans le sombre précipice...
D'autres on décidé que non, ils étaient plus fort que ça.
Alors ils ont pris les pierre du mur et ont construit un pont, fruit de longues heures de travail, ce pont les transporta de l'autre coté de la falaise, les sauvant.

Que l'on se laisse tomber ou qu'on se batte tout ça n'est qu'un choix.
La vérité c'est que nous ne sommes jamais vraiment seul...

POV Bill :

_____Le Bus s'en va me laissant seul face à ce parc qui brille de milles feux. Rien que l'entrée m'hypnotise de sa splendeur! Je m'avance et pénètre dans le parc. L'allée principale semble vivante dans ça beauté étincelle! Une Dame pleine de charme si vous voulez mon avis. Les arbre pourtant nuent en cette saison ont revétut un tout autre feuillage que leurs habituelles feuilles et fleurs. La lumière pousse sur leur branchage leur offrant le plus beau des habit de soirée. Parmi tous ces centenaires je me sens tout à coup moins seul, toutes ces lumières m'enchantent!

_____Je m'avance encore un peu tournant parfois sur moi même comme un enfant émerveillé dans un magasin de jouet. Il ne manquerait plus que la neige pour offrir à ce panorama la perfection qu'il mérite! Après avoir marché quelques minutes je décide de m'asseoir sous un banc près d'un saule pleureur. J'ai toujours aimé ces arbres, ils font penser à de petits abris pour les fées! D'ailleurs celui ci est habité par une guirlande qui clignote dans tous les sens donnant l'impression que des lucioles l'ont pris pour maison. Y'a pas à dire je suis heureux d'être sortis de l'hôtel!

_____Je retire la lanière de mon sac de mon épaule puis l'ouvre à la recherche d'un livre bien précis: Les Fleur du Mal, de Baudelaire, c'est ce livre qui m'a fait tomber amoureux des poèmes. C'est de ce livre que sont tirés les premier poèmes que j'ai lu à mon bébé, je m'en rappelle très bien. J'en étais au troisième mois et on venait de déménager, je pleurais beaucoup, beaucoup, beaucoup pendant cette période. Alors un soir en rentrant en pleure dans ma chambre après le dîner j'avais pris ce livre qui était mon préféré, je m'était allongé et en posant ma main sur mon ventre j'avais commencé la lecture à voix haute de mon poème préféré, Harmonie du Soir:

« Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige,
Un c½ur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un c½ur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir! »


_____La relecture de ce poème me fait frémir, je me suis permis de parler à haute voix car il n'y a personne. Le bébé bouge dans mon ventre me faisant sourire, je sais qu'il m'entends... Tout à coup je sens les gravier blanc de la grande allé bouger sous des pas. Une personne s'installe sur le banc face au mien. Il s'agit d'un jeune homme, je ne le vois pas très bien mais il n'a pas l'air méchant ou autre. Évidement je stresse un peu parce que... je n'sais pas, j'ai peur qu'il se comporte mal. Pourtant je peux assurer qu'il parait plutôt triste avec sa tête baissée et surtout, il est seul... Je me mords la lèvre, hésitant. On va pas passer notre soirée seuls l'un en face de l'autre alors qu'on pourrait être seuls à deux, non?

_____Je range mon livre dans mon sac et y réfléchis encore quelques instants avant de me lancer. Allez, au risque de me faire tuer, je vais essayer de lui parler. Je me racle doucement la gorge attirant son attention, il me regarde, je plonge dans ses yeux. C'est définitif, il est triste.

« Hey », dis-je pour débuté, « tu voudrais pas... chais pas, venir à coté de moi? J'veux dire, on a l'air cons tous les deux tous seul le soir de Noël, on pourrait être seul à deux. », finis-je les joues surement aussi rouges qu'une coccinelle, je suis tellement timide. Je le vois sourire doucement.
« Ouais c'est une bonne idée », dit-il finalement.

_____Il se lève et viens s'asseoir à mes cotés. Ses geste me semble calme, d'une lenteur calculée. Il se tourne un peu vers moi et j'en fais autant. Je le détail longuement et il en fait de même, pour une fois je ne me senspas gêner, presque à l'aise, mais seulement presque. Il est vraiment... à couper le souffle. Ses trais sont fins peut être un peu féminin, ses lèvres sont joliment purpurines et ses yeux sont d'un marron profond... Ses vêtements sont style « rappeur américain » mais ça lui donne une espèce de charme particulier...

« Alors, Monsieur-j'invite-les-gens-pour-pas-qu'ils-soient-seuls », commence-t-il me faisant un peu baisser la tête, « comment tu t'appelles? ».
« Je m'appelle Bill », dis-je en redressant la tête, « et toi? »
« Tom... J'ai dix sept ans », précise-t-il, « et toi? »
« J'en ai seize. »

_____Après ça je constate avec surprise que nous engageons la conversation avec une aisance qui ne m'est pas habituelle, la plupart du temps je suis vraiment timide donc j'ai du mal. Là ça semble naturel. Il finit par me poser une question à laquelle je n'avais pas vraiment pensé:

« Pourquoi je t'ai jamais vu au lycée ou en ville? »
« Probablement parce que j'ai déménagé cette année et que je prends des cours par correspondance depuis qu'il est là »,
dis-je en posant une main sur mon ventre pour désigner mon enfant.
« Nan! T'es enceinte? Moi qui croyais que tu t'amusais à te balader avec un ballon sous le tee-shirt! » dit-il en rigolant, je ris moi aussi, ça blague était nulle mais ça fait du bien de rire.
« Non, non, c'est un vrai bébé », dis je avec un faux air sérieux.
« Tu es enceinte de combien de mois? », me demande-t-il.
« Huit mois », lui répondis-je en souriant.
« Huit mois?! Mais qu'est-ce que tu fous dehors à huit mois de grossesse? T'es fou, t'imagines t'accouches? », dit-il précipitamment.

_____Je reste un moment interdit, j'aurais plutôt eu tendance à croire qu'on me rejetterait pour ma grossesse, lui, il s'inquiète. Je souris doucement et pose une main sur son bras pour le rassurer, il se calme. Je ne comprends pas moi même mes agissements, depuis quand je me laisse aller de la sorte avec un quasi inconnu? C'est comme si l'atmosphère magique de Noël nous enveloppait dans son cocon... Je le rassure en lui disant qu'il est trop tôt pour que j'accouche. J'omets volontairement de lui dire que la semaine dernière j'ai cru accoucher, mais en fait c'était une fausse alerte, je me dis que par conséquent mon bébé n'est vraiment pas près à sortir mais lui ça pourrait l'inquiéter.

_____Pourquoi ai-je l'impression déstabilisante de déjà le connaître? Je commence même à lui raconter mon histoire, je lui dis tout et perdu dans ses yeux je n'arrive pas à lui mentir. Je lui raconte Mathis, mes parents, le déménagement, mes peurs et mes espoirs... Il m'écoute, me conseil, s'exclame, s'énerve du comportement de Mathis qu'il trouve irresponsable et celui de sa mère qu'il trouve stupide et immature. Il me parle un peu de lui, de sa vie, du lycée, de sa façon de voir les choses, une façon que je comprends. Il paraît tellement mature et réfléchi... C'est sûrement dû à la pointe de tristesse qui perce ses yeux malgré ses efforts. Je lui confie ma passion pour les poèmes, il m'avoue être tombé amoureux des livres en toute sorte. On parle littérature pendant un certain temps puis le sujet dévie encore sur moi et ma grossesse, en ayant assez d'être le centre d'intérêt de la conversation je lui pose enfin la question qui me brûle les lèvres:

« Et toi, pourquoi es-tu seul le soir de Noël? », dis-je avec une douceur non dissimulée.
« Je ne sais pas si je peux te le dire, j'en ai envie mais... », commence-t-il, « C'est étrange normalement je joue constamment un rôle, tu comprends je ne suis pas vraiment moi même, mais avec toi, j'ai l'impression de pouvoir être la personne que je suis vraiment. », il poursuit, « pourtant à bien réfléchir, c'est étrange parce qu'on ne se connaît pas vraiment, même si l'impression de te connaître par c½ur et je... C'est juste différent avec toi je crois. », finit-il dans un murmure.
« Je ressens la même chose tu sais... », dis-je en rosissant, « Tu peux me parler, je ne te jugerais pas, mais si tu n'en as pas envie ne te force pas... ». Je le vois me sourire avec tendresse.
« Ma mère est morte quand j'avais dix ans » m'avoue-t-il, sont sourire se fanant et ses yeux devenant triste, « un accident de voiture », précise-t-il, « Et mon père refuse de s'avouer qu'il ne s'en remet pas alors il travaille, il se perd dans son travail, il s'y noie, tout pourvu qu'il ne se rende pas compte qu'elle n'est plus là... », souffle-t-il douloureusement, « Le problème c'est qu'en voulant oublier ma mère il m'oublie moi, alors voilà, ce soir j'ai peut être eu un cadeau mais il n'était pas là pour me l'offrir. Ça ne représente plus rien un cadeau si la personne est absente. ».

_____Une larme roule avec douceur sur sa joue tandis que ses yeux partent se noyer dans le floue des méandres de la tristesse. Je me rapproche de lui avec douceur, glisse une jambe sous moi et me sur-élève pour le prendre dans mes bras passant ces derniers autour de sa nuque. Il pose son visage dans mon coup et serre ses bras autour de ma taille. Je ne sais pas pourquoi j'ai fais ça, je sais juste que c'est ce qu'il faut que je fasse. Ça me fait tellement de bien de juste le serrer dans mes bras...

_____On se détache avec douceur restant tout de même proche, il fixe mon ventre. Je l'observe, il tord sa main sur son jean, je comprend sans mal ce qu'il n'ose me demander. J'attrape délicatement sa main et la pose sur mon ventre l'y appuyant avec douceur. Je déplace avec délicatesse sa main sur la gauche et il sent le bébé bouger. Il relève des yeux remplis d'étincelles en ma direction et je lui souris. Il pose sa deuxième main sur mon ventre et je les guides à chaque nouveau mouvements de mon bébé pour qu'il puisse les suivre. Je me sens tellement en confiance avec lui, je ne crois pas qu'il y est de mots pour l'exprimer. Je me sens bien entouré de sa douceur et lui offrant la mienne...

_____Quand le bébé cesse de bouger il m'invite à manger et je m'empresse de lui répondre à la positive, je suis mort de faim. Il sourit et m'aide à me relever, il prend mon sac et le pose sur son épaule, je proteste vivement mais il insiste... J'aime pas qu'il porte mon sac je me sens... comme coupable de lui faire porter. Il me fait une moue adorable alors je le laisse faire. Il s'approche de moi en souriant et m'étreint quelque minute avant de faire passer un de ses bras autour de ma taille laissant sa main reposer sur ma taille. Je lui souris et nous avançons. Vers où? Je ne sais pas, je ne connais pas très bien l'endroit où nous sommes mais lui si alors...

_____Durant le trajet je me laisse bercer par le silence apaisant qui nous entoure, l'odeur de l'hiver emplis mes poumons, ça sent comme à la montagne, j'adore cette odeur un peu boisée mais fraîche! Il me conduit devant un restaurant de pâtes, moi qui adore ça! Je trépigne d'impatience! Ça s'appelle Mezzo di Pasta. Nous rentrons et nous commandons, et, sans même que je ne l'ai compris il paie ma part, je le regarde les mains sur les hanches pas du tout content et il me sourit. Merde, je résiste pas à son sourire... C'est impossible! Je soupire et lui dit tout de même que je lui rembourserai, il ballait l'air de sa main signe qu'il n'en à rien à foutre de mon argent et nous allons nous installer dans la salle

_____C'est bien simple: il n'y a personne! Je me demande même comment ça se fait que se resto soit ouvert, sans doute un besoin d'argent de la part de cet employeur... Je sais pas. Je goûte mes pâtes trois fromage avec supplément de parmesan.

« Putain c'est super bon! », dis-je dans une exclamation ne cachant pas ma surprise. Tom me regarde avec un air de Monsier-je-sais-tout et me lance:
« Bah attends, je vais t'emmener dans un endroit où il servent de la merde c'est évident! », j'hausse les sourcils un air dubitatif peint sur le visage.
« Ne mens pas je sais que tu veux m'empoisonner! ».
« Bien sûr! », me répond Tom en rigolant.

_____Nous continuons de manger et de parler en nous souriant. J'y crois pas comment on se drague c'est dingue! Ça se confirme quand il me fait goutter ses pâtes au saumon en me mettant lui même la fourchette dans la bouche. Après avoir fait semblant de réfléchir je lui dit que mes pâtes son meilleure et pour prouver ce que j'avance je reproduit ses gestes en le regardant dans les yeux. Il goutte mes pâtes mais refuse de me donner raison, je décide donc que je boude mais son pied vient frôler les miens et il me sourit.

« Je rêve ou tu me fais de pied! », lui dis-je tout souriant.
« Peut-être bien, qui sait... », me répond-t-il un demi sourire accroché au lèvres. Mon Dieu qu'il est craquant!

[ Ellipse ]

_____Nous voilà de retour dans le parc, il pose mon sac sur le banc mais nous restons debout à nous observer. Tout à coup, une musique filtre à travers les air, je devine qu'un kiosque à musique doit être à proximité dans le parc et qu'il s'y joue un concert de Noël. Tom me sourit et se rapproche de moi dans une lenteur intentionnelle et il pose ses mains sur mes hanches m'attirant à lui de façon à nous coller. Je fait glisser mes bras derrière sa nuque me perdant dans ses yeux. Il commence à bouger d'un pieds sur l'autre nous berçant avec douceur et grâce. Nous dansons sur du classique dans un parc un soir de pleine lune éclairé par les illumination de Noël. Ok, je n'aurais jamais cru que ça m'arriverait.

_____Mais avec lui tout est tellement imprévisible... Est-ce possible de tomber amoureux en une seule soirée? Car je crois que je suis déjà fou de lui. Son regard m'ensorcelle et ses mains sur moi sont le meilleure remède à mes maux.

_____Une douleur me prends le ventre contractant mes muscle abdominaux puis descend sur mes rein, me faisant grimacer de douleur. Woah la vache... Hm, ça va respire Bill. Ça veut dire que je suis fatigué pas de quoi s'inquiéter.

« Bill ça va pas? », me demande Tom inquiet.
« J'ai juste eu une contraction », sa mine devient inquiète, « pas de soucis Tom, ça veut juste dire que je suis un peu fatigué... », lui dis-je pour le rassurer.
« Ben qu'est-ce que tu fais encore debout?! », me dit-il en me faisant m'asseoir.

_____Il se place à mes coté passant un bras derrière mes épaules pour me serrer contre lui. Je pose ma tête sur son torse et observe les étoiles. Elles sont vraiment belles ce soir et la lune est particulièrement claire, d'une pâle beauté... Tom pose sa main sur mon ventre et me le caresse. Mes yeux se décrochent des étoiles pour regarder Tom, il sourit en regardant mon ventre. Son sourire est contagieux et s'installe aussi sur mes lèvres, je pose ma main sur mon ventre et entrelace nos doigts. Il caresse mes phalanges de son pouce me faisant frissonner.

« Est-ce que tu penses qu'il fait du bruit? » Me demande Tom.
« Qui? Le bébé? Oui je crois, on l'entend bouger... », lui répondis-je.

_____Il retire sa main de mes épaule et la place dans la bas de mon dos, il fais glisser nos mains qui étaient sur mon ventre un peu en dessous et il s'allonge un peu pour posé sa tête contre mon ventre. Je ne réalise pas tout de suite qu'il essais d'entendre le bébé bouger puis je souris, il est vraiment mignon. Une autre contraction se fait sentir et je serre sa main dans la mienne, il ne dit rien mais il a compris. Ma main libre vient caresser sa joue avec tendresse. J'ai du mal à comprendre ce qui nous arrive mais tout ça est tellement naturel entre nous. Le temps passe et il ne bouge pas, on est bien... Je sens encore une contraction puis encore une autre? Ok c'est bon ça va, c'est comme la dernière fois Bill, pas de soucis. Le temps passe et nous ne bougeons toujours pas tellement nous sommes bien. Le problème c'est que mes contractions persistent, elles sont plus rapprochées. Tom se redresse et me regarde, il a sentit que j'avais des contractions, déjà de une parce qu'il avait la tête collée à mon ventre et de deux parce que je lui broie la main à chaque fois. Il me regarde encore un peu puis une autre contraction arrive et je grimace en lui serrant la main.

« Bill là c'est pas parce que t'es fatigué! ».
« Bien sûr que si, ça m'a déjà fait ça, ça va passer... », lui dis-je alors que je commence à ne plus me croire moi même. Mais il est trop tôt, ça n'est pas possible.
« Non Bill, faut qu'on aille à l'hôpital », me dit il en restant calme.
« Je veux pas y aller, il est trop tôt pour que ça arrive tu comprends? », dis-je désespéré. Une autre contraction arrive et je gémis légèrement, non, non je veux pas. Je veux qu'il reste dans mon ventre!
« Bill fait pas le con, tu le vois bien là que c'est pas normal, hein? », il passe sa main dans mes cheveux caressant ma tête et je me met à pleurer en secouant la tête à la négative.
« Je veux pas c'est trop tôt, s'il te plais reste avec moi! », je resserre ma main dans la sienne, je ne veux pas qu'il parte, qu'il m'abandonne comme les autres.
« Bill je te laisserai pas c'est promis, je peux pas, je peux plus... » Je le regarde et il me sourit doucement... amoureusement?

_____Il me regarde dans les yeux et je ne vois qu'eux, ils se rapprochent des miens avec délicatesse alors que je sens son souffle s'échouer sur mes lèvres. Je ferme mes yeux et approche à mon tour mes lèvres des siennes, bientôt elle se rencontrent, et c'est comme mourir ou renaître. Comme un tourbillon d'étoile, un gouffre de douceur, une pluie de tendresse, une marrée d'amour... Nos langue se mêlent et les sensations se décuplent. Bientôt il se retire de ma bouche posant son front contre le mien. Je suis tellement heureux à cet instant. Je ne rouvre pourtant pas les yeux étant pris d'une autre contraction cette fois beaucoup plus longue. Je serre sa main vraiment fort contre la mienne, faut que j'arrête avant de lui casser les os. Tout à coup, je sens un liquide couler de mon intimité, mais mon Dieu c'est comme un flot incontrôlable... Putain je perds les eaux!

« Tom mon Dieu j'ai perdu les eaux! Je suis entrain d'accoucher! Mon Dieu non c'est trop tôt je vais mourir! », ma respiration s'affole tandis que je le sens poser une main sur ma cuisse pour constater l'humidité de mon jean.
« Ok, ok c'est bon on va rester clame, je vais appeler les pompier mais tu reste calme ok? » J'hoche frénétiquement la tête, je suis pas du tout calme!

_____Une autre contraction me prend et je suis limite entrain de crier, putain de merde! Ça devait pas arriver maintenant, ça ne devait pas arriver maintenant! La contraction passe et je respire à nouveau. J'entends Tom parler au téléphone, putain qu'ils se grouillent ces connard j'ai mal! Je pleure, j'ai tellement peur, peur d'être nul de ne pas réussir. Le seul point positif c'est que Tom est là.

« Il vont arriver Bill ok? Ils arrivent ». Je continue de pleuré.
« Est-ce que t'es sur que tu veux être avec moi? Je vais avoir un bébé putain, un bébé t'es sûr? Et ça s'trouve je serais la plus nulle des maman! » Déclarais-je à toute vitesse.
« Dis pas de bêtises Bill, et même si ça parait fou je... je t'aime ok? Et j'aime le bébé, j'adore les bébés! », il a posé sa main libre sur ma joue me forçant à le regarder dans les yeux.
« Je... je t'aime aussi, même si c'est bizarre », il rigole un peu et je lui souris avant de sentir une nouvelle contraction me paralysé le ventre. « Ah! ».

_____Tom caresse ma joue avec douceur essayant au mieux de m'aider à supporter la douleur. Mon pantalon mouillé me colle à la peau en une sensation hyper désagréable et je commence à frissonner. Tom vois que je tremble et il se lève retirant son long et épais sweat pour me couvrir. Il revient me serrer dans ses bras et m'embrasse avec une douceur et un amour non feint. Sentant comme de petite gouttes glacé sur mon visage j'ouvre les yeux et me sépare de Tom.

« Tom! Tom il neige! », dis-je surpris et heureux.
« Oui, c'est parfait... », il me sourit tendrement et j'entends au loin les sirène arriver.

_____Une minute plus tard un gros camion rouge se gare devant nous et deux pompier sorte avec un brancard pour me mettre déçu, Tom reste à coté de moi, je dis qu'il est mon petit ami et il le font monter avec nous dans le camion. Les pompiers ne peuvent rien faire sinon m'amener le plus vite possible à la clinique ce qu'ils font. La bas on m'amène dans une chambre -Tom toujours à mes cotés- où je suis directement pris en charge par une sage femme, elle enlève mon pantalon et mon boxer puis pose une blouse sur moi, elle vérifie la dilatation de mon col de l'utérus et le positionnement du bébé. Tout est ok. Elle me demande d'enlever mon tee-shirt et de passer la blouse correctement direction la salle d'accouchement, tout ce passe si vite que j'ai l'impression d'être en retard, à coté de la plaque!

_____Elle demande à Tom s'il veut assister à l'accouchement, il me regarde et j'hoche la tête il accepte donc et on lui donne une blouse et espèce de truc à enfiler par dessus ses chaussures. Il m'aide à enlever le reste de mes habits et à enfiler le blouse puis nous partons. Une fois arrivés et installés dans la salle d'accouchement la sage femme apporte un monitoring pour surveiller le rythme cardiaque du bébé puis me fait une perfusion, de glucose m'explique-t-elle, pour l'énergie pendant l'accouchement. Elle appelle ensuite un anesthésiste à me demande pour qu'il me fasse une péridurale, j'ai trop mal, je veux que ça cesse.

_____Il me plante l'aiguille dans le bas du dos et je serre fort la main de Tom, putain ça fait mal. Après les douleurs se calme un peu et je respire. Il faut attendre que le col soit dilaté à dix centimètre et je pourrais pousser.

[ Ellipse ]

_____Je suis sur le dos les jambes relevées sur les étriers et ça doit bien faire une heure que je pousse. C'est horrible, horrible, j'ai l'impression de pousser dans le vide, j'ai l'impression que toutes mes tentatives sont veines, le médecin me dit que le plus dur c'est la tête, après « ça passe comme une lettre à la poste »! Je lui en foutrait des lettres dans le cul moi! Tom est à mes coté il me chuchote des litanies de « je t'aime » en me disant qu'il est là, que ça va bien se passer, ça au moins ça me fait reprendre espoir...

[ Ellipse ]

« Ça y est Bill! La tête est sortie, continuez! », s'écrit le médecin, « On y presque, quand vous aurez sortit les épaule vous pourrez vous penchez pour le prendre! », me confirme-t-il. Je suis en larmes, exténué, je tremble, je veux qu'il soit dans mes bras, treize heure que ça dure!
« Allez mon c½ur, je sais que tu peux le faire », je souris parmi les larmes à ce doux surnom qu'il me donne depuis environ trois heures...

_____Je pousse de toute mes forces, encore un peu, allez mon bébé... J'entends les gens m'encourager, me dire de continuer. Je pousse une dernière fois et le médecin me dis de me pencher pour prendre mon bébé dans les bras. Je me penche alors et saisit mon trésor en dessous des bras et le remonte vers moi en me rallongeant. Oh mon Dieu mon bébé, mon amour... Ma petite merveille! Je distingue clairement un « c'est une fille! » et je souris. Tom se penche et m'embrasse alors que la sache femme pose une serviette sur ma fille. On se détache et il la regarde en souriant.

« Coucou mon bébé », dis-je en murmurant ma voix chevrotante parmi les larmes, « je t'aime tellement ma petite fille! ».
« Bienvenue parmi nous la puce! », dis Tom aussi bas qu'un murmure, il lui caresse le dos. Elle pleure un peu, mon Dieu comme je l'aime déjà...

[ Ellipse ]

_____Après ça il a fallut qu'on me la reprenne pour la laver, la peser, la mesurer... Pendant ce temps j'ai du sortir le placenta, la « délivrance » comme ils disent. Maintenant je suis dans ma chambre ma fille dans mes bras et Tom assis à mes coté. Un de ses bras passe autour de mes épaules et ma tête est posée contre son épaule... Je n'ai plus peur car il est à et que je suis dans ses bras, j'ai l'impression que nous sommes une petite famille.

_____Elle tellement belle ma fille... Elle a déjà beaucoup de cheveux! Elle dors à moitieé, parfois elle ouvre les yeux et elle nous regarde Tom et moi. Claire, je l'ai appelé Claire. C'est Tom qui m'a proposé se nom en me citant des vers de Victor Hugo, un de ses poème s'appelle Claire.

« En te voyant si calme et toute lumineuse,
Les c½urs les plus saignants ne haïssaient plus rien.
Tu passais parmi nous comme Ruth la glaneuse ,
Et, comme Ruth l'épi, tu ramassais le bien.

La nature, ô front pur, versait sur toi sa grâce,
L'aurore sa candeur, et les champs leur bonté ;
Et nous retrouvions, nous sur qui la douleur passe,
Toute cette douceur dans toute ta beauté ! »


_____Ce soir aurait put être triste, pourtant j'ai trouvé l'amour et ma fille est née... Et même si j'en ai bavé pendant toute cette histoire, même si j'ai souffert, qu'on m'a abandonné... j'en ai tellement rien à foutre! Aujourd'hui je remercie le ciel que tout ce soit passez ainsi. Je le remercie de m'avoir fait rencontré Tom car il est mon ange et je le remercie de m'avoir donner ma fille car elle est mon trésor. Ce soir, juste ce soir je me permets de croire aux miracles de Noël, car ils m'ont tout donnés.

POV Omniscient :

Il était une fois, Noël.
Chaque année ce soir la, la lune souriait de tendresse,
Les étoiles dansaient autour d'elle filant à travers les cieux,
Et le firmament s'allumait de beauté et d'amour.

Et chaque personne qui contemplait ce spectacle savait, ce soir, les miracles revenaient...





Vos impressions?..








# Posté le jeudi 25 décembre 2008 14:45

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 13:20

* __ L'autre face du monde qu'on ne veut pas voir. *

* __ L'autre face du monde qu'on ne veut pas voir. *
Genre de l'OS : Angst

Théme : La pédophilie, les enlévements.

Auteur : GanGs-of-lemon (et un tout petit passage de . éα_°)

Note de l'Auteur : La pédophilie et le viol sont des thèmes qui m'inspire. Au début l'OS s'arrêtait beaucoup plus tôt. Mais lorsque je l'avais posté on m'avait (pour la plupart) demandé une suite.
Donc je l'ai ecrite. Pour le titre aussi je sais que c'est un peu bizarre, mais c'est vrai que generalement on reste un peu touché au début des histoires dans les journeaux et puis ca devient banal, on les oublient.
Parfois il ya des mensonges pour caché ce genre de chose, pour notre confort.
Bonne lecture et bonne année.




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Le matin d'un 13 décembre 2002, deux garçons marchaient dans la rue.
Un qui grelottait plus que l'autre, et rompit le silence de ce matin d'hiver :
-Pourquoi elle nous envoie chercher le pain ? Y'a qu'elle qui voulait en mangeait !
L'autre sourit et répondit :
-Tu dis ca Bill, mais quand y'en a t'es bien content.
Le dit Bill jeta un regard noir à son frère.
-Tu me fais chier Tom, de toute façon, ca n'explique toujours pas pourquoi NOUS on doit aller le chercher !
Tom abandonna, borné comme l'était son frère, mieux valait ne pas chercher plus loin.
Leurs visages similaires se tournèrent l'un vers l'autre, et leurs yeux se connectèrent.
Ils sourirent.
Bill se demanda comment les gens faisait sans frère jumeau, parce que lui sans Tom, il était perdu, et c'était réciproque.
Alors peu être que les gens était tous perdu au fond ?
Il soupira, ce n'était pas à 12 qu'il devait commencer à se poser des questions philosophiques.
-Attention Bill !
Le concerné se sentit tiré en arrière.
-Quoi ?! Dit-il énerver se retournant vers son frère.
-Y'avait du goudron frais.
En regardant devant lui, Bill ne put qu'approuver les dire de son frère.
-C'est trop cool, murmura t'il, passionné.
Ils se retournèrent l'un vers l'autre, échangeant un sourire complice.
-On va laisser nos traces, comme les stars d'Hollywood, s'enjoua Tom.
-Ca va niquer nos chaussures.
-C'est le prix d'une marque éternel
, continua Tom sur sa lancée.
-On dira à maman qu'on n'avait pas vu.
Ils levèrent le pied tout les deux, Bill lança un regard entendu à Tom :
-Prêt ?
-Ouais !

Ils entamèrent le décompte à deux :
-1...2...3 !
Ils plongèrent leurs pieds dans le bitume, et les ressortirent seulement quelques secondes après...

Martin Heavier était un homme de quarante cinq ans, célibataire, et sans enfants.
Depuis quelques années les cheveux avait déserté le haut de son crâne.
Ses yeux étaient gris derrière ses lunettes carrés.
Il était de taille moyenne, un peu rond.
Les gens avaient tendance à le qualifier de gentil, gentil ennuyeux.
Ils s'arrêtaient bien sûr sur leur première entrevue pour affirmer ca.
C'est vrai qu'avec ses allures de fonctionnaire allemand banal, sa voix calme, personne ne voyait en lui ce qu'il était.
Martin souffrait d'une maladie mentale.
Il le savait, mais il n'était pas question de se faire soigner.
Il vivait avec ca, et n'avait pour l'instant fait de mal à personne.
Il savait bien que c'était immoral, lorsqu'il recevait ce magasine d'habit pour enfants, qu'il se précipitait vers sa boite aux lettres, le cacher sous sa veste, rentrait dans sa chambre.
Quand il l'installait sur son lit, et qu'il allait à la page « lingerie », lorsqu'il voyait ce petit garçon en slip souriant.
Image banal ?
Pourtant pour lui, c'était de la pornographie.
De la sueur coulait de son front, il desserrait son col, il haletait regardant les pages tour à tour.
Alors il se masturbait.
Remettait ensuite le magasine soigneusement sous son lit avec les autres.
Prenait sa valisette en faux cuir, et partait souriant au travail.
Pourtant ce matin il croisa le chemin de deux garçons.
Il s'amusait avec le bitume frais.
Il refît plusieurs fois le tour, pour pouvoir passer encore devant eux.
Dans sa tête s'échafaudait un plan.
Il était seul depuis si longtemps.
Après tout, une fois, rien qu'une personne.
Ce n'était pas beaucoup...
Ca faisait si longtemps qu'il attendait une telle oportunité.
C'était sa chance...
Des gens disparaissent tous les jours.
Pourquoi lui n'aurait pas le droit à un faux pas?
Alors il finit par se garer près d'eux et alla les voir.
Il savait bien que de nos jours on appâter plus les enfants avec des sucettes, il avait une meilleur idée.
-Que faites-vous ?
Les deux garçons sursautèrent et se retournèrent vers lui.
-Euh...
Il comprit alors qu'il s'agissait de jumeaux.
Même si leur style était différent, leur ressemblance était là.
Il aurait voulu emmener les deux, mais ce serait trop dur.
-Je suis de la police, et vous n'avez pas le droit de faire ca !
-On est désolé
, lui dit celui qui portait du maquillage.
-Je dois emmener un de vous deux au poste.
Ils tombaient dans le panneau, la chance lui souriait enfin.
Il regarda celui avec du maquillage, c'est lui qu'il prendrait.
Il lui saisit le poignet :
-Aller, on va à la gendarmerie.
Bill lança un regard vers son frère.
-Tu attends ton frère là ! Dit Martin, il pensait que le temps qu'il comprenne, il serait loin.
Bill monta docilement à l'arrière de la voiture, il sourit à son frère comme pour lui dire que tout irai bien.
La voiture démarra.
Tom se sentit mal, son ventre se serrait de plus en plus.
Debout attendant.
Mais il comprit vite qu'il fallait prévenir sa mère.
Il se rappela ce qu'elle lui disait.
Alors, au lieu de rester là il couru jusqu'à chez lui.
Son c½ur battait fort, et c'était douloureux.
Il arriva à la maison, et cria désespérément.
Sa mère arriva en trompe, surprise, horrifié de voir son fils dans un tel état, surtout que Bill n'était pas là.
-Tom ?! Qu'est-ce qu'il y a ?
Il partit dans des explications, Simone comprit qu'un policier avait emmené Bill.
-Tom calmes toi... On a juste à appeler la gendarmerie, et tu retrouveras ton frère.
Mais Tom ne se calmait toujours pas.
-Mais...Tu ne comprends pas ! Je...je ne suis même pas sûr... que...que c'était un policier !!
Elle fut à son tour prise par l'angoisse.
Avec tout ce qui se racontait de nos jours, les enlèvements d'enfants étaient si fréquents.
Elle se jeta sur le téléphone, composa le numéro de la police.
Une voix féminine lui répondit :
-Oui bonjour, que pouvons nous faire pour vous ?
La voix tremblotante de Simone s'éleva :
-Avez-vous arrêté mon fils, il s'appelle Bill Kaulitz.
-Non aucune arrestation ce matin.

Un mal être arrivait en elle, lui prenant le ventre, non, on lui mentait !
Ca ne pouvait pas être vrai !
-Oh mon dieu, murmura t'elle.
-Madame ?
-On a enlevé mon fils
, elle essayait de garder son calme, il le fallait.
Les yeux de Tom s'agrandirent, il croisa le regarde de sa mère, qui se tourna, pour ne pas avoir à l'affronter.
-Je vous mets en liaison avec un inspecteur.
Heureusement ca ne tarda pas.

L'inspecteur Monicht se faisait rattraper par la cinquantaine.
Dans ce petit bled, il n'y avait jamais eu rien d'intéressant.
L'enquête la plus palpitante dont il est eu à se charger était pour une histoire de chien, et remontait à plusieurs années.
Tout les matins, en se vérifiant dans la glace, il soupira en se disant « Alalla Antoine, tu aurais pu avoir une carrière brillante ».
Mais le destin en avait voulu autrement.
Il attrapa son chapeau sur le porte manteau, et sortit.
« Il fait froid ce matin » pensa t'il.
Il chevaucha son vélo et partit à la gendarmerie non loin de sa maison.
Malgré son salaire convenable, il se déplaçait toujours en vélo, pas pour des raisons économiques mais écologique.
Ce matin là, il ne se pressa pas.
On n'avait jamais besoin de lui.
Mais il arriva tout de même à l'heure.
Comme d'habitude il salua la secrétaire, et alla dans son bureau.
Il s'installa confortablement dans son fauteuil et attendit.
L'ennui le gagnait déjà.
Il passait son doigt sur la plaque couleur or, où était gravé son nom.
Il devenait de plus mélancolique chaque jour.
Il soupirait en repensant à tout ce qu'il avait sacrifié pour faire ses études, tout ce qu'il avait donné en effort pour réussir.
Tout ca, pour rien.
Rester une journée sur un fauteuil, dans un bureau qui sentait le café et la poussière.
Sursautait à chaque coup de téléphone en pensant que sa vie prenait un nouveau carrefour.
Rien n'était jamais venu, et ca le désolait.
Or, ce matin là, il y avait quelque chose qui se préparait.
La voix de la secrétaire résonna dans l'interphone :
-Une urgence Monsieur.
- Passez-moi la ligne.

« Que ce passait t'il ? Le chat de la mère Henriette s'était-il encore coincé dans un arbre ? »
Pourtant quand une voix effondrée se fit entendre, quand il demanda de lui raconter ce qu'il se passait, et que la femme commença, il comprit que c'était beaucoup plus grave qu'une histoire de chat.

-Ce n'est pas par là la gendarmerie.
Bill lança un regard méfiant à l'homme dans le rétroviseur.
Il ne répondit rien, alors Bill essaya d'ouvrir sa portière, il commençait à avoir peur.
Mais celle-ci était fermée.
Il cria, puis essaya d'étrangler l'homme qui conduisait.
Déstabilisé celui-ci se gara.
Il se retourna et gifla Bill.
Qui, retenta d'ouvrir la porte.
Il criait, suppliait, pleurait.
L'homme avait l'air de réfléchir, peu être allé t'il le laissé partir ?
Une once d'espoir traversa Bill.
Il sortit de la voiture, ouvrit la porte de Bill.
Il retenta de partir, mais l'homme le retenait.
Martin regardait de droite à gauche, rien.
Il sortit Bill de la voiture, l'enfant se débattait, mais en vain.
Il ouvrit le coffre, et, avec beaucoup d'effort réussi à mette le gamin dedans.
Il le referma, et entendit les coups provenant de l'arrière de la voiture.
« La musique couvrira le bruit ».
Et il repartit, au volant de sa voiture, vers chez lui.

On toqua à la porte.
Un homme ouvrit.
-Oui je suis l'inspecteur...
On le laissa entrez.
Antoine serra la main de celui qui lui avait ouvert :
-Vous êtes ?
-Gordon, le beau père de Bill.

Gordon fit signe à l'inspecteur de le suivre jusqu'au salon.
Ce qu'il vu lui fit un choc.
Un salon ravagé, un garcon dans un coin qui pleurait, et une femme qui tournait dans la pièce en pleurant et se rongeant les ongles.
Gordon s'installa dans le canapé, mis sa tête dans ses mains.
L'inspecteur se sentait de trop.
Comment leur poser des questions à eux qui semblait si loin ?
Il se dirigea vers l'enfant.
Il s'installa en face de lui.
-Tu sais ce qui s'est passé?
L'enfant hocha la tête.
-Tu me raconte ?
D'une voix chevrotante il commença son récit, énumérant tout ce dont il se rappelait.
L'inspecteur écoutait tout très attentivement.
Une fois fini, il reprit la parole :
-Tu te rappelles du visage de l'homme ?
Le garçon refondit en larmes.
-J'y arrive pas, c'est...ca reste coincer...
Comment Tom pouvait lui expliquer ce qu'il ressentait, à vrai dire c'était comme avoir un mot au bout de la langue.
Il se sentit soulever et secoué.
C'était sa mère.
C'était Simone qui avait tout écouté, et qui était à bout.
-Tu dois te rappeler Tom !! Tom !! RAPELLES TOI !!
Il se sentait impuissant.
Il était blessé.
Il avait l'impression d'être coupable.
Gordon sépara Simone de son fils.
Qui pleurait encore plus fort.
Il se détestait.
Et avait l'impression que sa mère aussi.
Il se sentait si mal.
Et ne savait pas comment évacuer tout ca.

Martin rentra dans son garage.
Coupa le contact.
Il resta un moment sur son siège, plus de bruit dans le coffre.
Il ouvrit sa porte, un immense sourire sur le visage.
Il se mit en face du coffre, qu'il ouvrit à son tour.
Bill pleurait, fatigué et las d'avoir crié et frappé contre le métal du coffre.
Il se sentait si nul, mais n'arrivait pas à se débattre quand il le prit dans ses bras.
Il détestait l'odeur de cet homme.
La peur était là.
Il se reprit et réessaya de se débattre.
Mais il n'y arriva pas.
Ils descendirent à la cave.
L'homme allongea Bill, qui essayât directement de se relever.
Mais il le rallongea, s'asseyant sur son abdomen, retenant ses bras sous ses jambes.
Sa main passa dans son cou, sur ses joues, sur ses lèvres.
Il n'avait jamais trouvé de peau si douce.
Pour Bill c'était tout le contraire, il était répugné de ses caresses.
Les mots doux qui sortaient de sa bouche sonnaient faux.
Bill cru qu'il allait vomir lorsqu'il comprît ce qui allait se passer.
Et pourtant malgré tout les efforts qu'il donnait, il restait sous cet homme
Témoin d'une scène ou il était impuissant.
Il allait se faire briser, et ne pouvait rien y faire.

Tom se sentît tout d'un coup très mal il se crispa.
Et cria.
Sa mère et l'inspecteur discutait.
L'ambiance était si sinistre.
Les trois adultes se retournèrent vers l'enfant qui se mordait les lèvres.
-Tom qu'est-ce qu'il y a ?
-Il lui fait du mal maman... Je le sais, je le sens...

Simone réprima un sanglot, puis alla enlacer son fils.
Ils laissèrent tous deux libre cour à leur souffrance.

Seul dans une cave, sur un vieux matelas puant.
Hanté par des souvenirs qui ne s'effacerait jamais.
Recouvert d'une couverture inconfortable qui grattait.
Il pleurait plus seul que jamais.
Pourquoi les gens sont comme ca.
Pourquoi lui ?
Il voulait juste partir.
Mais il était piégé.
« Tom, j'ai besoin de toi pourquoi tu n'es pas là ? »


Nous étions à présent le 3 février 2006.
Cela faisait 4 ans.
4 ans que les cernes se creusaient sous les yeux de Simone.
Ils s'y étaient logés confortablement, et ne comptaient plus partir.
Avant elle était dynamique, optimiste...
Elle ne faisait pas son âge.
Mais maintenant...
Avec ses rides profondes, ses cheveux qui étaient devenus presque blanc, sa silhouette amaigrie et son dos courbé, on lui donnaient 10 ans de plus que ce qu'elle avait.
« C'est bien triste... » Racontait la mère Guerou à qui voulait l'entendre.
Mais personne ne voulait l'entendre.
A vrai dire c'était ainsi Simone avait été effacé.
Pour leur confort, les gens avaient décidés de ne plus y penser.
Parfois, Simone sortait dans la rue.
Les gens la regardait, elle était comme un fantôme.
Lorsqu'elle entrait dans l'épicerie, plus personne ne parlait.
Parfois on lui adressait quelques sourires tristes.
Mais Simone ne les aimaient pas ces sourires de pitiés.
Alors elle baissait la tête.
Quelque fois encore, on lui parlait.
« Ça va aller, je suis là si tu veux. »
Mais elle le savait bien.
Ces gens qui disaient ça n'était pas vraiment là.
Elle savait bien que si elle se mettait à leur parler, à se confier, ces gens se sentiraient mal à l'aise.
Alors elle se contentait hocher la tête quand on lui promettait sa présence.
A vrai dire, c'était juste de la politesse, une formalité pour les anciens amis de Simone.
« Pauvre femme!! » disait Mme Guerou.
Les gens faisait semblant d'ignorer la vieille dame.
Car si elle remarquait qu'on l'écoutait, elle raconterait...
Ces personnes faisaient les sourds.
Refusant d'admettre une vérité.
Bien sûr les parents en avaient tiré une leçon, ils avaient bien expliqué aux enfants qu'en aucun cas, ils devaient suivre un inconnu.
Même si il disait être gendarme, ou vendeur de glace.
Toujours enfermés dans une stupide bulle d'ignorance les parents avaient dit de ne pas aller voir Madame Guerou, et ne surtout pas croire ce qu'elle disait.
Une mère avait même racontée à sa fille, qui lui avait demandé où était Tom et Bill, que c'était la mère Guerou qui les avaient mangés.
C'est ainsi, qu'entre enfant régnait une légende, celle de la sorcière Guerou qui mange les enfants qui vienne près d'elle.
Certains parents s'étaient senti mal à l'aise vis à vis de cette histoire, mais après tout, elle réglait les deux questions qui revenaient souvent dans la bouche des enfants.
« Ils sont où Bill et Tom? »
« Pourquoi on peut pas approcher madame Guerou? »
Bien sûr quand les enfants étaient devenu adolescent, il avait fallut leur raconter l'histoire.
Mais avec quelques mots lancés en l'air comme si ça n'avait pas d'importance.

-Inspecteur?
Antoine Monicht fut réveillé par la douce voix de sa secrétaire.
Il s'était une fois de plus endormi sur son bureau.
L'inspecteur était fatigué par ces longs mois, même années de travail.
Il avait recherché le jeune Bill partout, vraiment partout.
Il était allé sonné à toute les portes.
Tout le monde certifiait ne pas avoir vu Bill.
Il travaillait sans arrêt sur cette enquête, qui ne menait à rien.
Il n'avait aucun indices, aucune pistes...
Seulement le témoignage de Tom, écrit sur papier où le kidnappeur était décrit en gros traits.
Pas très grand, plutôt gros et des lunettes.
Bref, autant dire rien.
Beaucoup de personne ressemblait à ce tableau.
Antoine mettait tout son coeur dans cette affaire.
Pas parce qu'il n'avait presque que ça à faire, mais parce que voir Simone se dégradé de jour en jour
était pour lui une véritable torture.
Il était un des seuls à ne pas l'avoir quitter.
Presque tous ses amis lui avait tourné le dos, ne sachant que faire.
C'était le cas pour Gordon.
Il l'avait abandonné.
Dans les premiers mois de la disparition de Bill, Simone et Tom s'enfermait entre eux.
Gordon, il avait bien essayé de les comprendre.
Mais ça le rendait fou.
Cette tristesse était en train de l'étouffait.
Alors, un matin, il est partit.
Il pensait même que Simone ne s'en rendrait pas compte...
Et pourtant, la vie chez les Kaulitz n'avait fait qu'empirer à partir de ce moment.
C'était comme si la dernière ficelle qui les retenait venait de se briser...
L'inspecteur passa sa main sur son visage, il en avait marre.
Comment? Comment cela pouvait arriver?
Il était dégoutté de tout ça...
De lui même aussi, le pauvre inspecteur qui ne résolvait aucune affaire.
Il haïssait le fait d'être impuissant devant ce crime.
Il avait l'impression qu'il criait mais que personne ne l'entendait.
Au début de l'affaire, c'était plus simple.
Tout le monde était chamboulé.
Puis avec le temps, un à un ils avaient tous abandonné...
Il craignait d'être le dernier, celui qui avait tenu le plus longtemps mais qui maintenant lâchait prise.
Mais cette affaire ne menait à rien!!
C'était comme continué de courir sur une route sans fin, pensant toujours qu'il y avait quelque chose, plus loin.
Mais au fond, Antoine savait bien, oui, il y avait quelque chose au bout de cette route...
Il n'en pouvait plus, c'est tout.
Tristement il regarda sa secrétaire qui venait de le reveiller.
Elle lui portait un café.
-Du nouveau? Marmonna t-il avec nonchalance.
-Non, toujours rien... Répondit la femme d'un ton désolé.
Il se saisit du café et la remercia.
Puis l'inspecteur replongea dans ses papiers.
Certains habitants avaient un casier judiciaire, et Antoine recherchait, encore une fois, des signes de troubles mentaux, quelconque.

Martin Heavier se dirigeait calmement vers son travail.
Dans son petit bureau habituelle.
Et comme à l'habitude, il était pressé de revenir à la maison.
Il allait le revoir...
Son « ange » comme il disait...
Il gara sa petite voiture dans le parking prévu à cet effet.
Il passa sa main sur son crâne dégarni.
Et entra dans le bâtiment pour aller s'asseoir à son siège.
Mais arrivé il fût surpris de voir une petite lettre rose qui sentait un parfum étouffant.
Il fit une grimace...
Encore elle?!
Il saisit la lettre et la jeta directement à la poubelle.
Un de ses collègue passant par là s'arrêta.
-Tu l'a jeté? S'étonna t-il?
-Que voulais tu que j'en fasse?! Répondit Martin contrarié.
-Ben... Que tu la lise... Bredouilla Marc, le collègue.
-Non merci!
Marc rentra dans le petit bureau, il s'assit sur le siège en face de celui de Martin.
-Elle ne te plaît pas?
-Elle est excentrique!
Grommela Martin.
-Ben écoute, on commence à se poser des questions mon vieux. Ton truc à toi c'est les animaux ou quoi?
Martin se crispa sur son siège.
Ils avaient des doutes!
Cela pouvait mal tourner.
On ne lui prendrait pas « son » Bill!
-Je... Bon écoute c'est juste que je ne sais pas m'y prendre avec les femmes.
Le voilà tiré d'affaire, il faisait passer son dégoût pour de la peur.
-Ah... Je vois, ben écoute tu lui a tapé dans l'oeil t'as rien à faire a part subire! Marc lui fit un clin d'oeil et sortit du bureau.
Martin n'aimait pas ce Marc, toujours une vision trop simpliste des choses.
A vrai dire Martin appréciait t-il une seule personne de son age?

Berta Struvgazone était âgée de 43 ans.
Du moins, Berta disait ça.
Mais légalement parlant elle en avait maintenant 48.
Berta était une femme romantique.
Elle désespérait de trouver l'amour idyllique dont parlait tous les livres.
Mais le temps l'avait dépassé.
Si bien qu'elle n'avait pas trouver son beau prince charmant à temps.
Depuis quelques semaines, à l'encontre de ce que disait ses collègues, elle avait jetait son dévolu sur un certain Martin.
Alors qu'elle mangeait tranquillement un petit gâteau rose, car oui, Berta avait une prédilection pour les aliments et les vêtement roses, elle l'avait vu.
Martin avançait tête baissé avec son plateau.
Elle s'était renseigné, on le disait renfermé, ennuyeux, mais surtout, célibataire.
Elle avait donc décidé qu'elle était amoureuse.
Depuis quelque temps déjà elle lui envoyait des lettres enflammés pour décrire l'amour qu'elle lui portait.
Mais il ne répondait pas.
Elle se l'était donc imaginé timide.
Mais derrière ses airs réservé, elle en était persuadé, se cachait un grand romantique, qui tout comme elle cherchait l'âme soeur.
Elle était tout de même inquiète.
Et c'est pour ça que Marc insista afin de pouvoir enquêter.
Elle finit par approuver.
Alors qu'elle finissait tranquillement de se remaquiller pour la troisième fois de la journée, Marc arriva enfin.
Elle posa son petit miroir rose bonbon sur son bureau.
-Alors? Demanda t-elle inquiète.
-Et bien je pense, que si tu veux un rendez vous avec lui, ce sera à toi d'aller le voir.
-Oh... Soupira Berta déçu, ce n'était tout de même pas très galant qu'une femme doivent inviter un homme pour un rencard.
-Ne fais pas cette tête, il m'a dit mot pour mot « J'aimerais bien l'inviter mais je ne sais pas comment m'y prendre ».
-Ah oui? Demanda Berta, bien alors j'irais à sa rencontre.
Marc sourit, un petit mensonge ne fait pas de mal.
Il était certain de caser ses deux collègues du même age célibataire.

Comme tous les jours, après son travail, Antoine prenait son vélo en direction de chez Simone.
Il frappait quelques coups puis entrait.
Le matin, il avait ouvert les volets, le soir, il les fermait.
Il faisait le dîner qu'il mangeait avec Simone tout en parlant.
Antoine faisait tout son possible pour être présent.
Et puis il repartait.
Tous les soirs, sa femme l'attendait.
Heureusement qu'elle était là.
Et qu'elle était compréhensive.
Quelle femme ne l'aurait pas déjà quitté en l'accusant de tromperie?
Parfois, Antoine rentrait chez lui effondré.
A cause de sa journée, ou de ce qu'il avait découvert en allant chez Simone.
D'autre fois, il essayait d'être optimiste.
Sa femme, il l'aimait vraiment car elle essayait de s'adapter à ses humeurs.
Mais bien sûr il essayait lui aussi de porter attention à ses sentiments.
Ce soir, Antoine avait juste envie d'être remotivé.

Martin se dirigeait vers sa voiture.
Il était un peu pressé, son patron lui avait demandé de venir pour parler d'une éventuelle augmentation.
Mais lorsqu'il arriva sa mallette tomba à terre.
Berta était adossé à sa voiture, un jambe remonté.
Elle fumait. Sa cigarette était rose, à la fraise.
Elle le regarda, crachant une bouffé de fumée.
Elle essaya d'adopter une voix sensuel.
Martin n'écoutait pas ce qu'elle disait.
Il était en train de la dévisagé d'un air horrifié.
Il regardait les rides au dessus de la bouche de Berta.
Ses joues lui semblait flasque. Ses paupières semblait tomber sur ses yeux. Ses dents étaient jaunies.
Martin était choqué qu'une femme aussi laide ose lui parler!
Comment pouvait-elle espérer rivaliser avec son ange?
Il reprit ses esprit à la dernière phrase:
« Enfin... Et si nous sortions vendredi soir? »
Il allait lui répondre négativement.
Mais ce qu'avait dit Marc un peu avant le troublait.
Il le fallait.
Il le ferait pour sauver son amour.
Et pour ne pas que son ange lui soit enlevé.
Il eut du mal à sortir ces quelques mots:
-Oui... Pourquoi pas? Nous n'aurons qu'a dîner ensemble...
-Très bien! J'accepte!

Berta donna à Martin une petite carte où était écrit son adresse.
Elle repartit toute fière vers sa voiture, « vivement vendredi » songea t'elle.
Il se pencha et saisit sa mallette, « En espérant que ce jour n'arrive jamais. ».
Et pourtant, nous étions mercredi.

La vie de Simone se résumait à attendre.
A savoir enfin si Bill était mort ou pas.
Parfois elle pensait que si il revenait ils ne pourraient pas refonder leur vie de famille.
Mais elle évitait de penser à ça.
Dans son lit, elle attendait.
Que le sommeil vienne enfin, ou que le téléphone sonne et que Bill soit vivant, ou mort.

Martin parlait doucement à Bill.
Il lui racontait sa journée.
Il lui disait à quel point cette femme, il la détestait.
Il lui caressait sa joue froide « Non ne t'inquiètes pas, il n'y a que toi ».

Nous étions finalement vendredi.
Martin sonnait à l'adresse indiquée par le papier.
Il avait des fleurs.
Il les avaient choisit laides exprès.
Berta ouvrit la porte et s'émerveilla devant le bouquet.
-Il est magnifique!Vous saviez que ma couleur preferée était le rose? Vous avez un don!
Martin détestait cette femme, elle faisait semblant, ce n'était pas possible d'aimer ces fleurs, leur couleur était si moches, leurs formes étaient étranges...
La femme prit le bouquet qu'elle posa à l'intérieur.
Puis sortit passant devant Martin.
Elle ne sentait pas bon, ce parfum donnait la nausée à Martin.
Mais il la fit tout de même entrer dans sa voiture.
Martin avait choisit une pizzeria.
Il y entrèrent, et s'assirent à une table de deux.
Pour l'instant, rien de catastrophique ne s'était encore produit.
Jusqu'à ce que Berta interpelle un serveur:
-Bonjour, je suis désolé, mais vous n'auriez pas une pizza avec des aliments roses?
Le serveur regarda la dame avec un drôle d'air.
-Euh... Du jambon?
-Ah oui, c'est vrai, je n'y avais pas penser, merci.

Martin avait honte.
Il était rouge, et quelque perles de sueur glissait sur son crâne.
Mais Berta ne le remarqua pas, ils passèrent commande.
Ils parlèrent un peu.
Enfin surtout Berta. Au début, elle posait beaucoup de question, alors pour ne pas se retrouver dans une situation dérangeante Martin devait se forcer à lui poser des questions.
Heureusement les réponse de Berta étaient toujours très longues.
Il n'avait donc pas beaucoup à parler.
Lorsque le dîner fût enfin finit Martin crut qu'il allait crier de soulagement.
Mais il devait encore raccompagner Berta.
Le trajet ne fût pas silencieux comme l'aurait espérer Martin.
Après trop d'attente pour Martin, la maison apparût enfin.
Il sortit alla ouvrir la portière de Berta.
Il la raccompagna devant la porte.
Berta le regardait avec des yeux plein d'envie
Elle finit par prendre la parole:
-Pas le premier rendez vous voyons Martin! Ce n'est pas commode...
Le concerné ne comprenait pas, ou alors il avait peur de comprendre.
Les lèvres de Berta commencèrent à prendre une forme bizarre.
Tandis qu'elle s'approchait lentement de Martin.
Il n'en supporta pas plus.
Il la repoussa de toute ses forces.
Comme si sa vie en dépendait.
La femme heurta violemment la porte.
Sa tête heurta la poignée de plein fouet.
Martin sourit.
Il avait envie de pousser un cri sauvage.
De la frapper encore et encore.
Pour la torture qu'elle lui avait infligé.
Mais les voisins étaient là.
Il ne fallait pas les alerter.
Il la ramena à l'intérieur de sa maison.
Dont il découvrit avec horreur la couleur.
Tout était rose.
Alors qu'il touchait une lampe a froufrou rose, il l'entendit crier.
Il fallait qu'elle se taise!
Il éclata la lampe sur la tête de Berta.
Il alla chercher un couteaux et la poignarda, encore et encore et encore.
Ce soir là, dans les alentours de 23H30 Berta Struvgazone mourut, elle était âgée de 48 ans.

Madame Fouesnant pestait encore.
Quelle idée de s'installer ici!
Juste à côté de cette folle.
Sa voisine Berta avait, à son avis, trop de chats.
De plus depuis une semaine on les entendait miauler à tu tête.
Certain avaient même essayait de rentrer dans sa maison!
Et madame Fouesnant avait horreur des chats.
Elle avait tenter de sonner mais personne répondait.
Alors, aujourd'hui elle avait décidé d'appeler les gendarmes.
Elle les avait eu au téléphone.
Ils avaient dit qu'ils allaient arriver dans quelques minutes.
Et elle attendait fièrement devant la maison de sa voisine.
Elle avait hâte de la voire surprise ouvrant la porte aux gendarmes.
Enfin la voiture arriva.
Les gendarmes s'approchèrent de la vieille femme.
-Vous êtes bien-
-Oui c'est moi, et c'est ici.

-Vous dîtes que vous n'avez plus de nouvelle depuis une semaine c'est ça?
-Ça n'a pas d'importance je dis juste que ses chats font un tapage, et que si elle ne s'en occupe pas je les ferai piquer!

L'autre gendarme qui était partit revint:
-Elle ne répond pas...
-Essayons d'entrer.
-Oui, mais tu es sur? Imagine qu'elle soit juste en train de se doucher ou autre chose...
-Ça fait huit jour qu'elle ne répond plus, tu prends des douches pendant tout ce temps toi?
-Bon... D'accord.

Les policiers réussirent sans mal à forcer la vieille porte.
Ils cherchèrent mais ne trouvèrent personne.
Pour le plus grand désespoir de madame Fouesnant.

-Tenez monsieur, voilà le rapport de la police scientifique.
Antoine remercia sa secrétaire.
Et voilà encore une affaire dans ses mains.
Une femme avait disparu.
« Alors voyons ça »
Antoine fit glisser ses lunettes sur son nez et commença sa lecture.
Il referma le document.
Ce n'était vraiment pas compliqué, on avait retrouver des tâches de sang qu'on avait tenté de lavé, elle correspondait à la victime.
On avait trouvé des empreintes laissé avec le sang sur le mur.
Antoine décida d'aller interroger les collègues de Berta.
Un d'eux certifiait savoir où elle était ce soir là.
Alors Antoine le prit dans son bureau.
-Alors, vous dîtes donc qu'elle avait un rendez vous galant avec ce Martin Heivier?
-Non, Martin Heavier. H-E-A.
-Très bien vous en savez plus?
-Et bien... En fait Berta et Martin avait à peu près le même âge, et il n'était toujours pas en couple,
alors qu'un jour je mangeais Berta m'a parlé à propos de Martin. Je me suis dis que c'était leur chance à tout les deux.
-D'accord, et quoi à propos de Martin?
-On ne l'a jamais vu en couple, il est toujours seul. Il s'exclut du reste du bureau.
-D'accord je vois.
-C'est bon?
-Oui enfin... Il faut que vous alliez faire votre déposition la secrétaire s'en chargera.

Antoine sortit et prit son manteau.
Il allait demander un mandat, qui lui serait vite accorder.
Il soupira de soulagement enfin une affaire vite réglée.

Des coups violents furent portés à la porte.
Martin de sa cave les entendit, il embrassa Bill.
« J'arrive mon coeur »
Il ouvrit la porte et une volée de personne entrèrent dans sa maison.
Un homme se dressa devant lui.
« Monsieur Heavier nous avons un mandat pour fouiller votre maison »
Martin tenta de calmer sa peur, et sa colère.
D'un ton qui voulait paraître assuré il demanda:
-Et en quel honneur?
-La disparition de Berta Struvgazone.

Martin les entendait.
Ils avaient trouvé la cave.
Ce n'était plus qu'une simple question de temps!
-Monsieur Monicht?
-Oui,
répondit l'inspecteur.
-Venez voir...
Antoine laissa Martin avec un autre policier.
Il descendit les marche grinçantes de l'escalier.
Il passa devant un matelas troué.
Il s'approcha enfin du policier penché devant ce qui semblait être une...glacière?
Il se pencha à son tour.
Il aperçu une funeste beauté.
Bill était la, on aurait dit un poupée de cire glacée.
Il semblait pourtant dormir paisiblement...
Sa peau était d'une pâleur effrayante.
Ses cils et ses cheveux étaient recouverts de glaces donnant l'impression que cette poupée était un ange.
C'est comme si le coeur de l'inspecteur s'arrêtait, là devant lui était étendu la personne qu'il avait recherché pendant 4ans.
Il était mort.
Sans qu'il ne s'en aperçut les larmes lui montait aux yeux. A vrai dire c'était plus fort que lui.
Cette personne il ne la connaissait pas mais il s'était attaché à lui au fil des mois et des histoires que racontait Simone à son sujet
A ce moment il se rendit compte à quel point il faisait froid, a quel point la vérité était glaciale.
Il était parfaitement habillé et maquillé.
Il avait était préparé pour sa mort.
Antoine gémit, c'était donc ça la vie?

Il se traînait dans la salle.
Il attendait de tout savoir avant de prévenir Simone.
Le médecin légiste entra dans la pièce.
Il prit ses papiers et dit lentement d'un ton monotone:
-Il est mort il y a environ 5 mois, nous avons pu le conclure grâce à l'état dans lequel était le poison qu'on lui a administré pour le tuer.
L'inspecteur était tenté de donner la date exact de la mort de Bill, puisqu'il pensait la savoir.
Cela coïncidai bien
Martin prît sa veste, et partit dans le froid de cette triste journée.
Il devait l'annoncer à Simone.

Simone referma la porte derrière Antoine.
Il venait juste de lui annoncer la mort de Bill.
Il lui avait fait promettre de ne « pas faire de bêtise ».
Elle avait hochée la tête.
Il lui avait dit que bill était mort il y a peu être 4 ou 5 mois.
C'était le 30 novembre se rappelait Simone.
Fatigué de pleurer.

Le 30 novembre 2005 était une journée semblable à tous pour tout les lycéens.
Pas pour Tom.
Depuis ce matin ce sentiment airait en lui.
Lui chuchotant cette terrible nouvelle.
Tom ne voulait tout simplement pas la croire.
Mais c'était trop dure.
Au fond de lui il le savait, il le savait très bien...
Alors, cette journée là, il avait séché l'école.
Il était retourné partout ou Bill et lui jouaient avant.
Il était retourné sur les même balançoires.
Il était grimpé au même arbres.
Il était rentré dans la chambre de son frère.
Il avait caressé le souvenir délicat de Bill.
Car maintenant Bill n'était plus qu'un simple souvenir.
Tom refusait que son frère soit un souvenir.
Il refusait de penser à Bill comme à quelque chose de passé.
Quelque chose de morte.
Tom descendit dans la cuisine dans la fenêtre il voyait ce vieux toboggan dans le jardin.
Il avait l'impression de voir Bill et lui jouaient ensemble, comme quand ils étaient petits.
Tom saisit tout les somnifères de sa mère et les calmants que le médecin lui avait prescrit.
Il prit le verre de Bill, le remplit d'eau.
Il prit un papier ou il griffonna quelques excuses, des mots d'encouragement.
Il monta dans la chambre de son frère.
Et avala tout les médicaments.
Il ferma les yeux, et doucement la mort l'enveloppa.

Simone savait.
Après tout elle avait toujours su pourquoi Tom s'était suicidé.
Mais si jamais...
Maintenant elle le savait.
Alors c'était fini.
Plus rien ne la retenait.
Ses yeux se posèrent sur une corde.
Le noeud était déjà fait.
Parce qu'elle savait qu'un jour elle en aurait besoin.

« C'est comme ça, racontait la mère Guerou,que la famille Kaulitz disparu »






Vos impressions?..










# Posté le mardi 30 décembre 2008 14:50

Modifié le mardi 17 février 2009 15:33

* __ Le Monde des Poupées *

* __ Le Monde des Poupées *




Genre de l'OS : YAOI, Lemon...

Théme : Les vacances d'Eté!

Auteur : . éα_°

Note de l'Auteur : Donc, cet OS a été écrit pour un concours d'Eté à la YAC, et figurez vous que... JE SUIS ARRIVER 2EME SUR 8! Oui, j'exprime ma joie xD Je suis assez fier de mon travail, j'ai beaucoup travailler sur le personnage de Bill, et je suis plutôt contente du résultat! Je me suis bien marré à l'écrire xP
Vous m'en direz des nouvelles... Bonne Lecture =)






. × . : • ° • : . × . : • ° • : . × . : • ° • : . × . : • ° • : . × .






____Je regarde, de mes yeux encore collés par le sommeil, le paysage défiler par la vitre de la voiture. Aujourd'hui, premier jour des grandes vacances. Ma bouche est tellement pâteuse que j'ai l'impression qu'elle est remplie de colle ! Je soupire, premier jour de repos, lever : huit heures. Fait chier.

____Allons bon ! Mais de quoi je me plains ? Après tout, la vie est belle, les oiseaux gazouillent, les fleurs dansent, le soleil brille ! Et mon cul, c'est du poulet, bien sûr !

____Je déteste l'idée d'être coincé dans un camping miteux durant deux mois, et ce, même si je suis en mobile home. J'ai horreur d'être parti avec le connard qu'est mon père et ma salope de belle mère. Ca me fait chier de m'être levé si tôt pour traverser la France direction le sud. J'ai la gueule d'un oiseau migrateur peut-être ?! Et de toute façon, tout et tout le monde me les brise ! Pour faire simple : je suis de mauvaise humeur, point.


[ ... ]


____J'étire mes membres encore engourdis par le long voyage en souriant. Je frissonne en sentant ma colonne vertébrale craquer. Liberté je te retrouve, enfin ! Mon père et Franziska sont partis chercher les clefs et signer les papiers pour le mobile home. Je souris en entendant une toute petite voix m'appeler de la voiture et je contourne cette dernière.

____Arrivé devant l'autre portière arrière, je distingue mon petit frère qui gigote dans son siège auto. J'ouvre la portière, le détache et le prends dans mes bras. Il se laisse faire, il est encore un peu embrumé par le sommeil. Il s'appelle Julien, il a deux ans et demi, et c'est le plus adorable des petits garçons que la Terre ait porté ! Mon rayon de soleil. Techniquement, c'est mon « demi frère », puisque c'est le fils de Franziska, mais j'en ai rien à foutre.

____Je ressers mon emprise sur le frêle corps du petit bout dans mes bras et observe les alentours. Mouais, bof, rien de particulier. C'est d'une banalité affligeante. Tous ces petits mobiles homes rangés bien comme il faut, avec leurs couleurs niaises, décorés de pauvres fleurs roses, beurk ! Le genre de trucs qui me file carrément la gerbe. C'est probablement beau aux yeux des autres... Je crois que la partie « tente et caravane » est plus dans le fond, c'est sûr que c'est moins classe que leurs magnifiques petites maisons synthétiques !

« Bill ! Retourne dans la voiture avec ton frère, on a les clefs du mobile home. » Je sursaute. Je ne les avais même pas entendus revenir.

____J'obéis au connard qui me sert de père et monte dans la voiture, gardant Julien sur mes genoux. On ne va pas rouler bien vite, on est dans l'enceinte d'un camping, ça risque rien. On arrive rapidement devant notre maison de poupée, la 321. Je sors, mon sac à main sur l'épaule, mon petit frère toujours dans mes bras - il joue avec mes colliers. Je laisse mon père passer en premier puis le rejoins, grimpant les marches de la petite terrasse surélevée.

____Un toit et des volets jaunes pâles sur une maison blanche, sur les rambardes de la terrasse, d'abominables fleurs roses fushia. Révulsif. L'intérieur, c'est pire. Plastique, encore plastique ! Et le tout est parfaitement niaiseux, style « intérieur parfait ». C'est pitoyable, totalement frigide. Au secours, je suis tombé chez Barbie !


[ ... ]


____Je crois que le seuil de la débilité profonde vient d'être franchi. Bravo papa, tu as réussi ! Tu as battu ton propre record ! Dieu sait que tu étais déjà pourtant tombé très bas, maintenant tu creuses, tu t'enfonces dans ta connerie. Je te félicite !

____Je maudis encore quelques instants mon père, le temps de finir de remplir une bassine de vaisselle sale pour aller la laver aux sanitaires. Non mais, quel est l'intérêt de prendre un putain de mobile home si on le prend cassé ?! « C'était moins cher. », d'après mon père. Toujours est-il que, maintenant, on a pas l'eau courante pour l'évier de la cuisine. Merci qui ? Merci papa !

____Je pose les éponges dans la bassine et au moment où j'allais la prendre dans mes bras, je sens qu'on tire doucement sur mon pantalon. Je me retourne et aperçois mon petit frère. Je lui souris et me penche pour lui embrasser le sommet de la tête. Il n'a pas beaucoup de cheveux, et ils sont tellement blonds qu'ils sont presque invisibles ! Mais ses yeux... ses si beaux yeux bleus ! Qu'est-ce que je ferais pas pour ce regard ?

« Qu'est-ce qui se passe p'tit bout, hm ? » Lui demandais-je en caressant sa joue.
« Je veux venir faire la vaisselle avec toi ! Tu veux bien Bill ? » Dit-il en se dandinant d'un pied sur l'autre en souriant. Mon Dieu je fonds !
« Je sais pas, moi je veux bien, mais papa est d'accord ? » Demandais-je en me redressant.
« Sais pas. » Chuchote-t-il, penaud.
« On va voir ça alors ! » Dis-je en souriant.

____Je me saisis de la bassine et vais sur la terrasse pour demander la permission à mon père, Julien me suit.

« Papa ? Julien voudrait venir faire la vaisselle avec moi, ça pose pas de problème ? »

____J'entends déjà le refus futur qui résonne dans mes oreilles. Il ne voudra jamais.

« Oui, pourquoi pas ? » Me dit-il après avoir réfléchi.

____Je vois Julien qui saute de joie partout tandis que moi, j'attends le contre coup. Ce n'est pas normal. Il est tard, Julien est très en forme puisqu'il a dormi presque toute la journée, mais mon père ne se préoccupe pas de ce genre de choses, d'habitude. Je pose la bassine sur la table, violemment, pour qu'il daigne enfin s'intéresser à moi. Mon regard est équivoque, il comprend.

« Franziska et moi avons besoin d'intimité. Tu es prié de ne pas revenir avant une bonne demi-heure. »

____Sa voix est calme, son regard est posé sur le magazine qu'il lit. Il m'éc½ure.

« Je vois. » Crachais-je. C'est juste typiquement lui. « Je vais chercher un gilet pour Julien. »

____A peine me suis-je tourné qu'il m'interpelle.

« Quoi ?! »
« Ne me parle pas sur ce ton ! » Siffle-t-il. « Je ne voulais pas de toi durant ces vacances, alors essaie de te faire discret, je ne veux pas d'histoires de tapette qui me pourrisse mes vacances ! Compris ?! » Dit-il, méprisant.
« Ouais, c'est tellement dommage que ton fils en soit une, de tapette ! »

____Je n'attends pas de réponse, je me dépêche d'aller chercher le gilet de Julien, je reprends la bassine et nous nous mettons en route. Je suis tellement rapide que Julien court. Arrivés au bout de l'allé, je ralentis, je lui souris et il me raconte des histoires merveilleuses, celles dont il rêve. Je participe à la conversation, m'exclamant de ses exploits imaginaires. Je sens la boule qui s'était précédemment formée dans mon ventre diminuer, un peu. Pas étonnant que les rapports que j'entretiens avec mon père soient merdiques, il ne m'accepte pas. Je le déteste, mais je ne peux m'empêcher de souffrir de ses remarques cinglantes, parce que, malgré tout, c'est mon père...


[ ... ]


____Après une intense recherche des sanitaires, je les trouve enfin ! J'y entre, pose la bassine dans l'évier puis j'enfile son gilet à Julien en le chatouillant. Je le porte et le dépose sur la surface plane à côté de l'évier. N'empêche, j'avais raison, la partie « tentes et caravanes » est bien dans le fond, c'est limite de la discrimination, genre : d'un côté les riches dans leurs mobiles homes, de l'autre, les pouilleux sous leurs tentes. Encore une fois, c'est totalement ri-di-cule...

____Je soupire et m'amuse un instant avec Julien, histoire de me donner du c½ur à l'ouvrage. Puis, je le vois. Il vient installer sa bassine dans le lavabo juste à côté de moi. Et, au risque de faire totalement cliché – ce que je déteste – merde, on dirait un ange... Son visage est doux, calme, apaisé - sans doute le contraire du mien. Ses traits sont fins, les dreads blondes qui retombent sur ses épaules sont parsemées de petites perles en bois. Il est différent. J'aime la différence.

____J'arrête mes regards en coin, je suis sûr que je ne suis pas discret. J'enclenche l'eau du robinet et regarde distraitement l'eau inonder ma bassine. Je la stoppe quand je juge la quantité suffisante. Je prends l'éponge que Julien me tend et cherche le liquide vaisselle. Liquide que je cherche, mais ne trouve pas.

« Bordel de mer... » Je m'arrête et regarde Julien qui me fixe avec de grands yeux ébahis. « Enfin, j'veux dire : Mince alors ! J'ai oublié le liquide vaisselle ! Ah la la... crotte de bique ! »

____Putain mais quel con ! Je suis un crétin fini ! Y'a pas chier, je suis totalement largué !

« Mais c'est pas grave Bill, on peut retourner le chercher ! »

____Je regarde Julien qui me sourit de toutes ses petites dents. Je plaque une main sur mon front et soupire, ça va pas être possible.

« Euh, non, on peut pas vraiment. Papa et Franziska ont besoin d'être un peu tous les deux. Puis j'en ai marre de marcher, pas toi ? » Lui demandais-je en priant pour qu'il n'ait pas retenu la première partie de mon explication.
« Pourquoi rester tout seuls ? »

Merde. Leçon numéro un, toujours tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, surtout devant les mômes.

« Parce que, parfois, les grandes personnes qui s'aiment, elles ont besoin de se faire des câlins d'amoureux. » Expliquais-je de façon on ne peut plus foireuse.
« Et c'est quoi un câlin d'amoureux ? »

____Je prends mon souffle pour parler mais je suis coupé par un léger rire. C'est pas parce qu'il est beau qu'il peut se permettre un foutage de gueule intensif non plus...

« Et bien c'est un câlin, mais que tu fais avec ton amoureux ! » Julien me fixe d'un ½il dubitatif. « Ecoute, tu demanderas à papa, moi aussi je suis trop jeune pour savoir ce que c'est ! » Conclus-je de façon tout à fait mensongère. Il rit encore. Quoi ? J'ai une gueule de dévergondé pervers ?

____Je soupire, encore, et chatouille gentiment Julien, veillant à ce qu'il ne tombe pas. Je finis par le laisser tranquille et me retourne face à la bassine, mains sur les hanches. Je soupire, encore et toujours. Je fais quoi moi maintenant ?

« Euh, je m'excuse mais... J'ai écouté votre conversation et... » Je me retourne vers la voix hésitante qui me parle et me retrouve face au beau dreadé de tout à l'heure. Chier, il est encore plus beau comme ça. « Enfin, je peux te prêter mon liquide vaisselle si tu veux ! »

____Il me sourit, un magnifique petit sourire en coin sublimé par un piercing au labret décalé.

« Ca te dérangerait pas ? T'es sûr ? » Lui demandais-je assez... timidement ? Faut que je me ressaisisse là ! Je veux être poli, mais je ne suis pas une fragile petite poupée en porcelaine non plus !
« Non, non, je t'en prie, sers-toi. » Dit-il de sa douce voix grave.

____Il me tend le produit vaisselle et je m'en saisis. J'en verse une toute petite quantité dans ma bassine et le repose. Je me sens gêné de devoir lui emprunter, je n'ai pas envie d'en prendre trop. Il me fixe en souriant, prend la bouteille de liquide vaisselle et en verse une généreuse dose dans ma bassine. Je le regarde en souriant encore une fois, de façon timide. Il me fait un clin d'½il, le monde s'éclipse alors que mon petit frère frappe dans ses mains parce que « Ca bulle ! ».

« Merci ! » Dis-je de façon joyeuse.
« De rien. » Répond-il sur un ton joueur.
« Tu t'appelles comment au fait ? » Demandais-je alors que je commence à frotter les assiettes et que Julien tente d'attraper la mousse avec ses petits doigts.
« Tom, et toi c'est Bill, non ? » Me dit-il en commençant lui aussi sa vaisselle.
« Exact. » Lui dis-je en souriant.


[ ... ]


____Durant notre séance « vaisselle intensive » Tom et moi avons beaucoup parlé, on a fait connaissance. C'est une personne réellement différente, une de celles qui mérite ma sympathie. Il vit donc en tente – il a été très surpris d'apprendre que j'étais en mobile home, normal – ses parents sont des écologistes hippies affirmés, et il a hérité d'une partie de leurs idées, « sans le côté totalement barge », a-t-il cru bon d'ajouter. Il a dix-sept ans, comme moi. J'ai beaucoup ri, ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, et mon Dieu, c'était agréable...

____Après être passé déposer sa bassine de vaisselle propre dans sa tente, il a insisté pour me raccompagner. C'est pourquoi nous marchons côte à côte, lui avec ma bassine dans les bras, moi tenant mon frère contre mon torse. L'excitation après le voyage étant passée, il est maintenant lessivé. Faut dire qu'il s'est amusé à courir partout, sacré bestiole ! Je souris et lui pose un baiser sur le sommet du crâne.

« Merci beaucoup de me raccompagner, ça aurait été difficile de porter et mon frère, et la bassine ! » Souriais-je. En plus d'être charmant, il est gentil...
« De rien, c'est normal. »

____Il m'envoie un clin d'½il accompagné d'un de ses sourires enjôleurs, je me sens défaillir...

« Dis... » Commençais-je doucement avant de me reprendre : « Je vais pas y aller par quatre chemins. Je hais le camping, les mobiles homes, toute cette connerie de perfection plastique et tous les hypocrites qui vont avec. Alors, je trouverais ça plutôt cool si on pouvait genre, traîner ensemble. »

____Nous nous sommes arrêtés, il me sourit.

« Je suis flatté que tu ne me considères pas comme un hypocrite ! » Il rigole, je le suis. « C'est rare de croiser des gens comme toi, Bill. Surtout ici. Et, très franchement, j'ai pas non plus envie de traîner avec des boulets finis. »

____Je souris, implicitement, il est ok. C'est cool.

« Toi aussi, t'es différent. » Dis-je affectueusement en lui offrant mon plus beau sourire.


[ ... ]


____Je suis définitivement pas du matin. Mais alors pas du tout. Surtout quand on m'oblige à me lever en gueulant pour que j'aille chercher du pain. Une semaine que je suis là et je vois plus que trois solutions. Solution numéro un : me tirer une balle, solution numéro deux : me tirer deux balles, et enfin, solution numéro trois, ma préférée : tirer sur mon père !

____Je soupire et ouvre la porte de l'épicerie du camping pour aller chercher du pain frais et le journal de Monsieur mon père, s'il vous plaît ! Putain, j'ai même pas envie de franchir cette porte tellement ce qu'il y a derrière m'agace ! Une petite Barbie blonde, au visage vulgaire, avec des vêtements « décents » et une petite croix autour du cou, style : « Je suis la vierge Marie ! ».

____J'entre, et de suite, je sens ses yeux critiques et accusateurs sur moi. J'ai qu'une envie, me planter devant elle, la regarder avec un regard vide, faire un sourire sadique et sortir une réplique du genre : « Satan sait ce que tu as fait, tu n'imagines pas la punition qui t'attend... ». Je crois que je vais faire ça, le dernier jour. Ca risque d'être marrant !

____Revigoré par mon génie sans borne je prends deux baguettes et le journal en la fixant de façon glaciale, pour préparer le terrain. Etre un messager de Satan, ça ne s'improvise pas. Elle me rend la monnaie et je reste cinq secondes, sans bouger, en la fixant toujours. Elle baisse les yeux. Je prends ma monnaie et sors. Je suis sûr qu'elle en chie dans son froc, la ravissante poupée Barbie ! Et ça me fait bien rire.

« Hé ! Tu me dis plus bonjour ?! »

____Je relève la tête et tombe face à un Tom qui a pris un faux air contrarié.

« Excuse-moi, cher ami, mais vois-tu j'étais en train de concevoir un plan machiavélique ! » Il fronce les sourcils. « Je t'assure, j'aurais pu marcher dans une merde de chien que je l'aurais pas remarqué ! » Là, il rigole franchement.
« On se retrouve tout à l'heure ? Comme d'hab' ? » Me dit-il en souriant de façon... tendre ?
« Oui, oui ! Je serai à l'heure, promis. »

____Je lui souris et nous nous quittons sur un signe de la main, lui me souriant encore plus.

____En fait, j'ai une quatrième solution : Tom.


[ ... ]


____Je prends ma serviette de piscine et cours. Merde, ça fait deux semaine que je suis ici et je suis toujours pas foutu d'être à l'heure à mon « rendez-vous » avec Tom ! Arrivé devant le portail de la piscine j'enlève mes tongs et tente d'esquiver le « bain de pieds » obligatoire pour entrer. C'est surtout un nid à microbes leur truc ! Rien que la couleur n'inspire pas confiance - marron. Donc j'essaie de passer sur les rebords, ce qui s'avère être un exercice complexe.

____Après cette quasi-insurmontable épreuve – que j'ai réussie brillamment – je me dépêche de rejoindre Tom sur nos transats habituels. Parce que oui, on a pris nos petites habitudes. Et pour les conserver, faut être là à l'ouverture de la piscine, sinon, d'autres personnes posent leurs serviettes dessus, et les transats leur sont donc réservés. Non mais, c'est que c'est le seul petit frisson de la journée ici, réserver le transat en premier ! Lamentable.

____Je soulève le sac qu'il avait placé sur « mon » transat pour le garder et m'avachis dessus pour reprendre mon souffle. Je suis vraiment une daube en endurance, faudrait que je travaille ça.

« Je suis désolé d'ê... » Il n'attend pas la fin de ma phrase et me coupe :
« D'être en retard, et, comme d'habitude, je te pardonne. » Il soulève ses lunettes de soleil et me regarde en souriant. « T'es juste quelqu'un de non ponctuel ! » Il se fout de ma gueule et je lui tire royalement la langue.
« J'ai dû nettoyer la table, ranger quelques trucs... » Je soupire. « Enfin, faire la boniche quoi, comme d'hab' ! » Il me fait une grimace compatissante.

____J'installe correctement ma serviette et continue à lire mon livre : l'Etranger, de Camus. Je sais que ça peut paraître bizarre comme choix de lecture, mais je ne me l'explique pas. Je le relis sans arrêt. L'absurde est une chose des plus fascinantes à mes yeux. Tom, lui, paresse tranquillement. Il est celui qui arrive toujours à l'heure mais, il a toujours besoin de son moment de somnolence après.

____J'aime rester à ces côtés, juste comme ça. Parce que, je n'ai pas réellement d'autre besoin que celui de me sentir entouré et compris. Je sais qu'il fait les deux. Il a réussi à très vite me cerner et ne se blesse pas de mes sarcasmes quasi-constants. Au fil des jours, une amitié est née entre nous. En fait, c'est sans doute le meilleur ami que j'ai jamais eu. Je suis minable.


[ ... ]


____Deux semaines et demie que je suis là. Et franchement, en dehors du fait que je suis dans un camping, que je hais mon père et que tous les gens sont des abrutis hypocrites, je passe de bons moments. Enfin, uniquement quand je suis avec Tom. En parlant de lui, je viens de céder à ses suppliques et j'avance doucement dans l'eau de la piscine pour me baigner, avec lui.

____Arrivé à la dernière marche, l'eau m'arrive en haut des cuisses. C'est le moment décisif, l'eau est glaciale, et je vais bientôt me congeler la bite. Je ne suis même pas sûr que mes couilles y survivront ! Tom s'approche de moi doucement, il sait très bien que s'il me mouille, je partirai direct. Je ne supporte juste pas ça. C'est un truc con à utiliser sur les cons, par les cons. Je ne suis pas con, je ne suis donc pas concerné.

« Allez Bill, t'es lent là. » Soupire Tom en souriant malgré tout.
« Ecoute, jeune Padawan, je vais bientôt me glacer les couilles, et je suis pas sûr qu'elles supporteront un tel traitement, je ne les brusque donc pas ! » C'est glacé ! Il rigole.
« Les miennes ont très bien supporté le choc thermique ! » Dit-il pour me rassurer.
« Ecoute, j'sais pas comment tu fais, mais moi j'ai pas pour habitude de plonger mes précieuses dans un pot de glaçons tous les matins ! » Il est mort de rire, c'était à prévoir.
« Tu... tu les préfères à moi... »

____Il a pris une mine toute triste, il a limite la larme à l'½il et les bras croisés sur son torse. Excellent, bordel ! J'explose de rire, très vite suivi par Tom.

« Si un jour on m'avait dit que tu me ferais une crise de jalousie pour mes couilles, on serait jamais devenu pote, mon cher ! » On se sourit. « Allez, go ! » Murmurais-je.

____Je m'accroche à ses épaules – il est assez près de moi – et respire à fond pour me donner du courage en répétant en litanie la même phrase : « Je vais mourir ». Je suis une personne très contradictoire. Je réussis enfin à descendre la dernière marche, et je le sens passer, bordel ! Froid, froid, froid ! Je vais avoir des vergetures ! Pardon mes chéries ! Je rentre le ventre et avale de grandes goulées d'air très bruyantes en un réflexe on ne peut plus débile, c'est pas ce qui va me protéger du froid.

« Euh Tom, moi je vais rester là ! Je bouge plus, je te regarde nager, et je vivrai cette super baignade par procuration, ok ? » Il sourit.
« S'tu veux. » Sur ces mots il plonge d'un coup sous l'eau. Il est complètement malade !

____Je dois avouer que le spectacle de Tom qui remonte à la surface, le corps perlé de petites gouttes d'eau est vraiment très, très agréable pour mes yeux ! Je le regarde faire une longueur, quand tout à coup, dix mômes sautent d'un même mouvement dans la piscine, m'éclaboussant de la tête au bas ventre, je me fige, la bouche grande ouverte. Bordel. De. Merde... C'est glacé ! Je grelotte, Tom revient toute suite vers moi.

« Bill ça va ? » Je lui lance un regard noir. Il s'en moque.
« J'ai l'air d'aller ? » Je DETESTE qu'on me mouille ! « Putain mais, y'en a combien de ces saloperies ? » Dis-je alors que d'autres sautent encore. « C'est pire que la gangrène ces trucs là ! »
« Calme-toi Bill, ils jouent, c'est par leur faute » Dit-il d'une voix calme, toujours souriant.
« Mais j'm'en tartine la fesse droite qu'ils jouent ! Ils peuvent pas faire gaffe ?! » Criais-je.
« T'es adorable, tout mouillé ! » Ma bouche s'ouvre. C'est une blague ?

____Tout à coup il se met devant moi et je vois d'autres gamins sauter du bord de la piscine. L'eau, au lieu de me tremper, se fracasse sur son dos. Il me sourit doucement, je l'imite, mais timidement. Je tremble plus fort. Il croit que j'ai froid. Il me prend dans ses bras...


[ ... ]


____Trois semaines et un jour que je suis dans ce camping. Je vais péter un plomb. C'est juste lassant de se rendre compte à quel point l'humanité est ridicule. Je crois que si je n'avais pas Tom, je demanderais à ma mère de venir me chercher ! Enfin, non, je ne le ferais pas, je la laisserais se reposer, même si je vais mal. Elle est mieux sans moi.

____Je marche le long de cette route goudronnée, me demandant encore une fois pourquoi je ne peux pas dire non à Tom. Je lui cède tout. Il a trouvé mon mode d'emploi. J'arrive bientôt à la plage. Il voulait qu'on se promène sur le petit chemin sableux, au dessus de la plage, celui qui donne une vue imprenable sur la côte. Je le vois, assis sur un rocher, il me fixe. Je le rejoins. Il se relève et on se met en route.

____J'ai confiance en Tom. Je l'ai su dès le début, qu'il serait un ami. Parfois, quand on rencontre une personne, après lui avoir un peu parlé, on sait toute de suite que cette personne est différente. De temps en temps, très rarement. On le sait, je le sais. C'est tout. Mes cheveux me fouettent le visage, le vent chaud me caresse.

« Tom... » Dis-je d'une voix menaçante alors qu'il sort une cigarette.
« Bill. » Me sourit-il. Je déteste qu'il fume ! J'ai horreur de cette saloperie.
« Je te jure, tu l'allumes et ton futur enfant sera plus qu'un rêve ! » Il rigole, mais range tout de même sa cigarette. J'aime à croire que c'est mon regard menaçant qui lui fait faire ça.
« Ok, ok... » Dit il en rangeant son paquet dans la grande poche de son large pantalon. « Pas la peine d'en venir aux mains, Monsieur le tortionnaire ! » Je lui tire la langue. Puis je m'arrête en sursautant et en criant. « Il se passe quoi ? » Me demande-t-il paniqué.
« Y'a un truc dans mon futal ! Putain je suis sûr que c'est une bestiole hideuse ! » Il rigole et je plaque ma main sur l'endroit où je sens quelque chose bouger. Grave erreur. Je sens une douleur lancinante me traverser la cuisse. Je crie. « Putain, ça m'a piqué ! »
« Calme-toi Bill ! » Je saute partout. Merde, merde, j'ai vraiment trop mal ! Je sens comme un vertige, je tombe. « Bill, tu bouges plus ! » Je le vois s'asseoir entre mes jambes, je suis appuyé sur mes bras. Je risque pas de bouger.

____Il soulève mon pantacourt noir et vire une guêpe. Je déteste les guêpes. Il remonte mon bas jusqu'à voir la piqûre, rouge vif, sur l'intérieur de ma cuisse. Très haut sur l'intérieur de ma cuisse. Si j'avais pas si mal, j'aurais peut être la décence de me sentir gêné. Ses traits sont sérieux, concentrés. Je me sens plus en sécurité. Je le vois sortir son briquet et ses clopes, il en allume une et l'approche de ma cuisse, je stoppe son geste.

« Aurais-tu l'obligeance de me dire ce que tu branles? » Je ne m'étais pas rendu compte que j'haletais si fort.
« Bill, faut brûler le venin, vite. Sinon tu vas avoir mal. Je vais juste mettre ma cigarette près de la piqûre, ok ? »

____J'acquiesce. Je détourne les yeux et sens sa main se placer au dessus de ma piqûre. Il sert ma cuisse, je sens une grosse chaleur. Une brûlure. Je me pince l'arête du nez pour ne pas pleurer tellement j'ai mal. Puis, au bout d'une interminable minute, la chaleur s'en va. Et je n'ai plus aussi mal. Juste une petite douleur confuse. Tom s'avance entre mes jambes, sa tête proche de la mienne. J'encercle son cou de mes bras, il me caresse doucement la cuisse. Je me calme.

____Il me redresse, m'indique un banc, il veut m'aider à marcher, je le repousse. J'ai pas besoin d'aide. Une fois assis, je ne parle pas. Je me suis montré dépendant. Je ne veux pas être faible. Personne ne doit comprendre que je ne suis pas si fort. Il le sait déjà. Je regarde effrontément les vagues se briser sur la grève. Comme si j'étais plus fort que ce rocher, comme si, moi, je pouvais lui résister.

« Pourquoi es-tu venu ici, Bill ? » Me demande Tom. « Tu n'aimes pas être ici, tu n'aimes pas les gens, tu détestes ton père. » Constate-t-il.
« Je crois que ma mère a besoin de souffler. Je voudrais qu'elle respire un autre air que celui que je pollue. Je l'aime, elle a le droit de faire une pause. » Dis-je de façon lasse.
« Tu dis des conneries. Tu n'es pas un déchet. » Il me fixe. Je regarde les vagues. « Combien de temps crois-tu que tes sarcasmes et ton attitude cynique vont te protéger ? » Demande-t-il.
« Je ne sais pas. » Dis-je de façon absente. « Ca marche, pour l'instant. » Fais-je, désintéressé.
« Non, tu sais que tu as déjà perdu. » Prononce-t-il de façon douce. Je baisse la tête.
« Je ne suis pas une faible petite Poupée qu'on peut sauver, tu comprends ? Je n'appartiens pas au monde de Barbie, la vie n'est pas rose. Elle est noire. » Une larme roule sur ma joue.
« Etre fragile comme la porcelaine d'une poupée n'est pas un défaut, Bill. Le monde utopique n'existe pas, mais le bonheur se crée à l'infini. S'il te plaît, n'aie pas peur de moi... » Chuchote-t-il tendrement en posant sa main sur ma cuisse.

____Je me laisse glisser contre lui, j'enfouis ma tête dans son cou, il enserre ma taille. Le soleil se couche sur nous. J'ai perdu, je me suis noyé. Je ne serais jamais aussi dur et froid que les rochers. Je ne pourrais jamais être aussi fort. Alors, je pleure. Je fonds en larmes et les sanglots brisent ma gorge. Ca fait un an que je n'avais pas pleuré ainsi. De nombreuses vagues de douleur me submergent. Je me noie, encore. Tom me caresse les cheveux. Cette fois-ci, je sais qu'il sera là pour me remonter à la surface...



[ ... ]


____Je rigole et pousse Tom. Bientôt quatre semaines que je suis ici. Il me raccompagne au mobile home après une matinée passée à barboter dans la piscine. Je me sens tellement bien avec lui. C'est rafraichissant. Même s'il tente de me faire rire, chacun de mes pas me referme. A l'approche des monstres je prépare ma carapace. Il le sait très bien.

____Un peu avant mon mobile home, on s'arrête. Il ne va pas plus loin. Je ne veux pas tendre de perche à mon père. Il la saisirait pour la planter dans mon c½ur. Je lui tends la main pour qu'il la sert, il m'attire vers lui et m'embrasse la joue. Je ferme les yeux et savoure le doux contact de ses lèvres pulpeuses contre ma pommette. Il fait ça depuis le soir du chemin sableux. J'aime à penser que c'est comme une promesse de sa présence.

____Je m'éloigne à reculons, nos mains se délient, il me sourit. Je me retourne en lui faisant un dernier signe de la main accompagné d'un de mes habituels sourires timides. Je suis ridicule, vraiment. Je m'approche de la maison de Poupée, j'y vais lentement. C'est pas comme si j'étais pressé. A peine ai-je atteint la terrasse que mon père m'agresse :

« Bill ! Mais tu étais où bordel ?! » Crie-t-il.
« C'est bon, j'ai cinq minute de retard ! T'excite pas ! » Répliquais-je.
« Comment tu me parles ?! » Siffle-t-il. Je ne réponds rien, je le fixe d'un regard noir. « Non mais tu te prends pour qui ?! Franziska a dû mettre le couvert à ta place ! Tu crois peut-être que c'est ta boniche ?! » Il crie, je fulmine.
« Parce que tu crois que JE suis la boniche ?! » Criais-je à mon tour. « Elle peut bien le faire, pour une fois ! » Je sers les poings. « Oh non, attends c'est vrai, elle risque de se casser un ongle ! » Dis-je sur un ton glacial.

____Le coup est parti. Le bruit est éc½urant. De toute façon, je m'y attendais. Il me gifle tellement fort que ma tête tourne et que mon corps la suit. Je suis presque dos à lui. Je ne sens pas encore la douleur. La baffe était tellement forte qu'elle a anesthésié les terminaisons nerveuses de ma peau. Puis, une grande brûlure, presque insoutenable, sauf que je suis obligé de la ressentir. Je suis obligé de souffrir.

____Je lève les yeux. Et je l'aperçois au loin. Il me fixe. Tom. J'ai honte. Honte qu'il me voit comme ça. Honte d'avoir un père si con. Honte d'être moi, honte d'être là. Je n'entends presque plus mon père qui hurle, c'est plus comme un bruit de fond.

« En plus d'avoir une tafiole pour fils, faut aussi que ça soit le dernier des crétins ?! » Retour à la réalité. Ma réalité. Douleur au c½ur, j'étouffe.

____Et Tom entend tout. Il est obligé d'entendre. Il reste immobile, impassible. Est-ce le temps qui se fige ou mon corps qui est mort ? Mon père me pousse dans le dos en me criant d'aller dans ma chambre. Je quitte Tom des yeux, mon corps reprend vie, il agit comme un robot. J'ai froid. Julien pleure, il voudrait aller vers moi mais Franziska le retient à table. Elle m'ignore.

____Une fois dans ma chambre, je me laisse tomber sur le lit. Je suis frigide, immobile. Mon corps a pris la position des morts dans les cercueils. Est-il la représentation de mon esprit ? Je ne peux m'empêcher de le voir, encore et encore dans ma mémoire. L'image de Tom me hante. Peut-être se doutait-il de ce que j'étais. Mais il ne le savait pas précisément. Et s'il me rejetait ? J'en mourrais. Et merde... Je suis amoureux, fait chier.


[ ... ]


____J'avance dans l'obscurité encore naissante. La nuit tombe, je suis debout. Et je ne sais pas comment je fais pour avancer. Tom m'a envoyé un sms. Il voulait qu'on parle, face à face. Il m'a dit de le retrouver aux jeux. Je suis resté enfermé tout l'après-midi. Quand ils sont partis, j'ai mangé, un peu - des fruits - je n'avais pas très faim.

____Tout à l'heure, j'ai mangé à leur table. Je n'ai rien dit. Ils ont parlé, comme si de rien n'était. Je les ai observés, silencieusement. Je ne fais pas partie de leur monde. Ce petit monde parfait, sans soucis, où tout est superficiel. Je n'en ferai jamais partie. Ils m'en excluent autant que je refuse d'y entrer. Je ne peux pas céder, me banaliser. Je ne deviendrai jamais comme eux.

____Les jeux sont silencieux. Il est là. Assis sur la balançoire, il fixe ses pieds qui caressent le sable. Je le rejoins sans rien dire et m'asseois sur la deuxième balançoire. A mon grand étonnement, le silence n'est pas pesant. Il n'y a pas de vent, l'air est tiède. Je ferme les yeux et laisse mes poumons se remplir d'air. Respirer est une chose agréable.

« Crois-tu que je vais te rejeter ? » Souffle-t-il en regardant les étoiles.
« Je ne crois pas... » Dis-je. « Enfin, je n'espère pas. » Me corrigeais-je. Je ne peux empêcher le démon de ma peur se matérialiser dans mes entrailles. Il me ronge.
« Bill. » M'appelle-t-il. « Bill, regarde-moi, regarde dans mes yeux, devine l'intérieur de moi. » Je m'exécute, mes yeux tombent dans son regard. « Qu'est-ce qu'un ami pour toi ? »
« Je ne sais pas... » Murmurais-je, incertain. « Peut être que... c'est sans doute une personne toujours là pour l'autre, quoiqu'il arrive. Quelqu'un qui ne jugera jamais. » Finis-je par énoncer d'une voix pâle et tremblotante. Je déteste ça. Je ne veux pas être si faible.
« Si tu connais la définition, pourquoi as-tu si peur de mon opinion sur toi ? » Dit-il, tout doucement. Je le regarde, je ne suis pas sûr d'avoir saisi. « Je m'en fiche de ton orientation sexuelle. C'est pas ta faute si tu préfères la vanille à la fraise... » Sourit-il.
« Merci... » Soupirais-je de soulagement.

____Le poids qui s'était enchainé à ma poitrine se délie, il s'envole, il explose. Tom se lève et me tend la main, je m'en saisis et vais de moi-même me blottir dans ses bras. Il caresse mon dos, mes bras enserrent sa nuque. Je me sens gêné, personne n'imagine ce que ce geste me coûte. Je déteste tellement être dépendant de lui. Mais mon c½ur est enchainé à son être, alors...

« Dis, tu veux que je te paye une glace au bar du camping ? J'ai faim ! » Me dit-il en se reculant assez pour voir mes yeux.
« Ouais, pourquoi pas. » Soufflais-je. « Mais je refuse de manger dans le bar ! Y'aura encore leur soirée loto à chier. » Dis-je dans une grimace. « C'est quoi le grand prix ce soir déjà ? Un clown rose en porcelaine, hideux le truc, je veux pas faire des cauchemars ! » Il rit.
« Ok, on ira sur la plage. » Il me sourit, son regard se fait malicieux. « Tu prendra une glace à la vanille alors ? » Je rigole.
« Oui et, toi ? Vanille ou fraise ? » Dis-je sur un ton joueur.
« Je vais prendre un cône vanille et fraise, j'aime les deux. » Il me fait un clin d'½il et sourit.

____Mon c½ur chavire. Je voudrais pouvoir le contrôler, faire qu'il ne batte pas si fort. J'aimerais pouvoir brider mon espoir, mais on dirait qu'il est sauvage. Je désirerais savoir comment commander l'euphorie qui me gagne, mais elle est trop puissante. Je déteste ces sensations autant que je commence à les apprécier. Je n'aime pas l'idée d'être amoureux, mais j'adore le fait de l'aimer Lui...


[ ... ]


« Allez, Bill, s'il te plaît ! » Me supplie Tom pour la énième fois.
« J'ai dit non, c'est non ! » Je suis catégorique. Il me prend les épaules et m'oblige à le regarder, je détourne les yeux. S'il commence à me plonger dans son regard, je lui cèderai tout.
« S'te plaît ! Je t'en supplie, pour me faire plaisir ! » Continue-t-il. « Allez quoi, ça peut être sympa ! Je sais que t'aimes pas le camping, mais généralement, quand ils font une soirée jeunes c'est vraiment sympa ! Pitié ! » Je fixe le panneau annonçant cette fête « jeunes ». Il est vraiment laid et très mal décoré. Médiocre.
« Pourquoi tu veux tellement y aller ?! » Je soupire, résigné. Je suis en train de céder. Je suis déplorable, totalement amoureux !
« Mais parce que ! Ils vont balancer de la mousse ! Et c'est ma seule occasion de te voir danser, aussi. » Je le regarde, ahuri, alors qu'il me sourit de façon taquine.

____Je rêve ou il me drague ? Depuis notre « soirée glace », comme il aime l'appeler, certains de nos propos, à tous les deux, sont vraiment ambigüs. Et parfois nos gestes sont totalement déplacés pour une relation amicale : une main sur la cuisse, un peu trop haut, une caresse sur la joue, un baiser trop près des lèvres, des câlins vraiment serrés. Il y a aussi les regards, plus longs, plus insistants, plus tendres, plus chauds.

« On part si j'aime pas ? » Finis-je par céder. J'impose tout de même une condition. Ce compromis me donne l'impression de lui être moins docile.
« Ok ! » Il me sourit et me sert dans ses bras. Mes mains se posent sur ses biceps et je pourrais fondre de la chaleur de son torse contre le mien. « Merci. » Chuchote-t-il en me déposant un baiser sur le front. Je ferme les yeux et soupire de plaisir.


[ ... ]


____J'enfile mon short de bain, noir avec des motifs blancs. Un tee-shirt noir avec lui aussi quelques dessins blancs. Je m'approche du miroir, me maquille avec soin et précision. Je donne du volume à mes cheveux et les lisse. Je mets un collier en forme de grosse chaîne, quelques bracelets de force. J'enfile cette tenue comme un gladiateur enfilerait une armure avant de se faire jeter dans l'arène. Bataille à mains nues avec les lions.

____La vie est un combat de tous les jours, non ? J'ai hâte de retrouver Tom. Il me manque. Pourtant, le temps qui nous sépare n'est pas si long. Comment vais-je faire, lorsqu'il ne sera plus près de moi toute la journée ? Je sais que nous n'habitons pas très loin, trente minutes en bus. C'est plus rapide en voiture. Mais la distance est présente... Elle me fait peur.

____Je soupire et sors. Mon père ne dit rien. A vrai dire, il m'ignore. Tant mieux ? Peut être pas. Je ne sais pas. Je prends mon sac, ma serviette qui était à sécher, mon portable et mon porte monnaie. C'est une soirée mousse non ? J'ai pas envie de rentrer trop trempé, ni de niquer mon portable. Je vais attendre Tom au bout de la rue.


[ ... ]


____Tom me fixe. Il me fixe vraiment. Et de façon très troublante. Je ne dis rien. Je le fixe aussi. Parfois, j'amène mon verre de coca à ma bouche. Je sais qu'il regarde quand je récupère la goutte de liquide qui coule au coin de mes lèvres avec ma langue. Je sais qu'il me regarde faire. Puisque moi aussi je le fixe, dans les yeux.

____De temps en temps, je regarde un peu autour de nous. Histoire de ne pas oublier que nous ne sommes pas seuls. Je vois une fille s'approcher. Je sais qu'elle veut que Tom la regarde. Ca doit bien faire trois fois qu'elle passe devant nous. Mais Tom ne daigne même pas lui accorder un regard en biais. Ca me rend heureux. Nous sommes assis sur une table près du bar, parfois, nos pieds se touchent. Accidents ? Peut être pas.

____La blonde passe. Elle se déhanche comme une vraie pute. C'est qu'elle a le métier dans la peau... Remarque, avec sa gueule, qui voudrait la payer ? C'est limite si elle s'est pas renversée un pot de peinture sur la tronche. Sa jupe rose est vraiment vulgaire, on voit presque ses fesses tellement elle est courte. Sa poitrine va bientôt l'étouffer. Elle est tellement fade, pour moi. Et dire qu'elle est le fantasme de beaucoup d'hommes...

« Pourquoi tu ne la regardes pas ? » Dis-je de façon neutre. Je sais qu'il l'a remarquée. Il ne peut pas ne pas l'avoir vue.
« Parce que je te regarde toi. » Murmure-t-il d'une voix douce et chaude. Je frissonne.


[ ... ]


____L'animateur vient d'annoncer la mousse. Tom est tout excité, pire qu'un gamin. Il est allé déposer nos affaires au bar, pour pas qu'on les perde dans la mousse. Lorsqu'il revient, il me sourit. Plus calme, on dirait. Il s'approche, nos yeux se connectent. C'est comme une tension électrique qui s'installe. Le genre de trucs à vous coller des frissons de malade...

____Les premiers cris résonnent, la mousse se forme. Mais c'est comme si je n'étais déjà plus sur Terre, comme si tout avait déjà chaviré. Il me prend par la main, il m'attire dans la mousse. Je ferme les yeux. Je laisse mon visage se faire caresser par les bulles de savon opaques. La chaleur de sa main dans la mienne me contamine, elle s'étend à tout mon corps.

____Je sens sa chaleur me posséder. Je le sens se rapprocher. La musique commence, elle coule dans mes veines. Right Round, de Flo-Rida. Je sens sa joue glissante de mousse se coller à la mienne, mes hanches se meuvent d'elles-mêmes contre son bassin. Il pose ses mains sur mes reins, à même ma peau brûlante. Une de mes mains part s'attacher à sa nuque, l'autre sur son épaule. Je bouge contre lui, collé serré. Je voudrais être plus proche.

____Je ne vois rien. Je ne comprends plus rien. La mousse est une entité, le couffin de cette danse totalement excitante. Ce que je sais, c'est son corps et le mien, la tension est si palpable... Je suis la musique, je descends contre lui. Je laisse une de mes mains sur sa nuque, l'autre s'accroche à sa ceinture. Je sens mon nez frôler ses abdos. Je suis si bas...

____Je remonte, il me retourne contre lui. Je sens ses dreads dans mon cou. Je me frotte lascivement contre son bassin. Je suis tellement à lui. Je me perds dans son esprit. Il halète dans mon cou, j'ai tellement chaud... Ma main dans sa nuque le pousse vers moi. Ses mains glissent sur moi, tellement bas... Sur mon ventre, mes cuisses, à l'intérieur de mes cuisses.

____J'ai la tête qui tourne. Je me cambre. Je le sens contre mes fesses. Je tremble. Je suis tellement en chaleur ! On dirait une chienne. J'ai honte de me sentir si désireux. Mais il est tellement avec moi. Tellement contre moi. C'est plus fort que moi. Je voudrais qu'il soit en moi. Alors je bouge encore contre lui, comme si c'était toute ma vie.

____Je descends, bas, très bas, encore, l'arrière de ma tête, contre ça. J'adore la sentir. Est-ce mal de le désirer si fort ? Je sais que je ne ferais jamais ça avec un inconnu. Est-ce que j'ai l'air d'une salope ? Après tout, je m'en fiche. Les autres n'ont pas d'importance.

____Je remonte en ondulant contre lui. Il me plaque contre son torse. Je sens ses lèvres frôler mon cou, j'en perds l'équilibre. Il ressert ses bras autour de ma taille. Je suis toujours dos à lui. Je brûle. Je me sens tellement indécent. Ses mains passent sous mon tee-shirt, il caresse mon ventre plat. Ses doigts frôlent le haut de mon short, je frissonne, je me cambre. Stop, maintenant. Ca y est. Le temps peut s'arrêter, je suis comblé.


[ ... ]


____Je suis appuyé contre un mur. Tom est en face de moi. Une de ses mains s'appuie à côté de ma tête. On respire tellement fort... La mousse est une beauté éphémère, volatile. Lorsqu'elle fond, la bulle explose. Tom a alors pris ma main, il m'a conduit ici, à l'arrière du bar. Il ne l'a pas lâchée. Nos doigts sont entrelacés. Son front est collé au mien.

____Je ne peux pas encore ouvrir les yeux. J'ai besoin d'un temps. Le temps du retour à la réalité. Qui n'est peut-être pas si triste, finalement. Je tire sur sa main, il se colle à moi. Son visage caresse le mien, doucement. Tendrement, peut être. Une pause, pour se calmer, pour se retrouver. Sa mâchoire glisse sur mes yeux, mes lèvres frôlent sa pomme d'Adam.

____Ma pommette glisse sur sa tempe, sa tête se niche dans mon cou. Son nez joue avec le mien, lentement, affectueusement. Nos respirations ralentissent. Le rythme de mon c½ur se calque sur le sien. Nos lèvres s'effleurent. Tous nos efforts sont réduits à néant.

« On ne peut pas rester ici. » Dis-je en un souffle brûlant.
« La plage ? » Murmure-t-il alors que sa main agrippe ma hanche.
« Oui... » Haletais-je.


[ ... ]


____Le sable crisse sous nos pieds en un bruit léger. Les vagues caressent le bord de la plage de façon douce. Le vent fait danser les hautes herbes, les grillons chantent une berceuse amoureuse. Le vent s'engouffre en moi, la sensation est si puissante qu'elle en frôle la dérision. Sa main dans la mienne dégage une chaleur suave, elle m'entoure le bras, et parcourt mon corps. Elle me captive, me contrôle.

____Nous nous arrêtons de marcher et contemplons la mer. Elle est comme le miroir du ciel. La lune s'y reflète avec une telle grâce que c'en est troublant. Je sens l'eau fraîche frôler mes chevilles en un touché envoûtant. Je voudrais me fondre dans cet univers, ici et maintenant, avec Tom. Il se met devant moi. Force m'est de reconnaître que ses yeux sont beaucoup plus hypnotisants que cette foutue lune...

____Il balance le sac d'affaires derrière nous. Il lâche ma main, pose le bout de ses doigts sur mes hanches et me caresse. Il relève mon tee-shirt. Un peu, beaucoup ? Il me regarde dans les yeux. Je lève les bras, j'hoche la tête. Il enlève mon vêtement. Je fais de même avec son haut. Je frôle ses côtes de mes ongles et savoure le frisson qui le parcourt. Nos vêtements finissent avec le sac. Le bout de ses doigts caressent mon cou et descendent sur mon torse. Je tremble.

____Il prend mes mains dans les siennes, nos yeux se parlent. Pas de mots. Juste ce qui nous entoure. Il me fait avancer, dans l'eau. Je ne ressens pas la fraîcheur de la mer. Ses yeux provoquent une incendie en moi. L'eau nous arrive à la taille, il me rapproche de lui. Nos torses se touchent. Je crois que mon c½ur ne sait plus quoi faire. Mon cerveau m'envoie tellement d'émotions différentes que ma tête tourne... Je soupire, mes mains s'accrochent à ses épaules, mes yeux sont clos.

____Il sert ses bras autour de ma taille. La peau fine de l'intérieur de ses coudes effleure la zone sensible de mes côtes, je frissonne, encore. Il nous fait couler. Je passe mes jambes autour de son bassin, sans réfléchir, juste naturellement. L'eau m'arrive au cou, sa joue se colle à la mienne, j'inspire. Il nous plonge. L'eau, juste le froid contact du fluide contre moi. Et sa chaleur qui me protège. Je l'étreins plus fort.

____Il nous remonte à la surface. Il a été là quand j'ai coulé, grâce à lui, je respire. Je me tiens sur mes jambes, encore embrumé par tant de promiscuité. Je ne veux pas ouvrir les yeux. Je l'entends plonger, il nage, autour de moi. Je le sens dans mon dos. La chaleur de son corps est si proche de moi... J'ouvre les yeux. La mer m'offre son horizon. Je sens son torse collé à mon dos. Les étoiles du ciel se reflètent-elles dans mes yeux ?

____Il souffle dans mon cou. Ses mains caressent mon ventre... Mon Dieu, où suis-je ? Plus rien n'a de sens. Rien n'a jamais eu de sens ! Je me retourne, face à lui. La grandeur de la mer me parait tellement étriquée face à l'étendue de son regard. Nos visages sont tellement proches et tellement loin à la fois. Je meurs d'envie de le toucher. Alors, je pose ma main sur sa joue. Je tremble, il chancelle.

____Sommes-nous plus proches ? Je sens son souffle contre ma bouche. Ai-je perdu la raison ? Il me semble qu'il me contrôle. Mon corps a-t-il acquis sa propre autonomie ? Ou est-ce moi qui caresse sa joue ? Ses mains... elles sont partout sur moi. Les miennes glissent dans sa nuque. Est-ce que j'y pense ? Je veux l'embrasser.

____C'est l'éclipse. Le noir, le vide. La chaleur, la douceur. Parce que nos lèvres se frôlent, juste la pulpe de ses lèvres, juste ça, contre ma bouche. Je tremble. Je m'avance, lui aussi. Il me sert tellement fort, je voudrais presque qu'il m'étouffe. Je me brise. La chaleur moite de ses lèvres s'écrase sur moi. Sur ma bouche avide de son contact, avide de lui.

____J'ai chaud, j'ai froid. J'ai peur, je suis heureux. Je meurs, je renais. Je m'étouffe, soupire, et respire. Je me perds sur ses lèvres. Je m'abandonne à son corps. J'explose dans l'immensité de mon amour, je me noie, tellement loin, tellement profond... Ne me sauvez pas, ne l'arrêtez pas ! Je veux mourir dans mon amour ! Sa langue, si chaude et humide, si douce et si passionnée, elle se perd dans ma bouche, elle s'égare contre mon muscle. Je ne sens plus que ça. Sa bouche, sa langue, le bord de ses lèvres. Et moi. Juste nous...


[ ... ]


____Je suis allongé dans la tente de Tom. Enfin en réalité, il est allongé sur le matelas gonflable et la moitié de mon corps est sur lui. Mon oreille est sur son c½ur, je l'écoute battre, une musique tellement juste, tellement parfaite pour moi... Je joue avec une de ses mains dans l'une des miennes, l'autre étant sous sa nuque. Lui tripote mes cheveux d'une main et me laisse jouer avec l'autre. Le haut de mon torse nu est collé à sa peau chaude tandis que mon ventre est collé à son flan, une de mes jambes est par-dessus les siennes.

____J'aime être contre lui. Simplement, silencieusement, amoureusement. J'entrelace, délace, caresse et bouge ses doigts. Je réfléchis, aussi. Cela fait une semaine que nous sommes ensemble. Je ne lui ai pas dit que je l'aimais. Je ne sais pas s'il l'a senti. Je ne suis pas sûr de ce qu'il ressent. Il ne fait pas trop chaud. Nous sommes en plein milieu d'après-midi mais sa tente est placée sous un arbre. En fait, c'est plutôt - même carrément - agréable. Je ne sais pas si je lui dis, ou pas. Je lui dis.

« Dis Tom... » Il ne répond rien, et me laisse poursuivre. « Est-ce que c'est plus ou moins un problème si je suis genre, amoureux de toi ? » Je lâche sa main et me redresse sur les coudes. Je les pose de chaque côté de sa tête et le fixe.
« Disons que ça aurait pu être un problème, si ton amour n'était pas partagé. » Il me sourit, et fait le contour de mon visage avec son doigt, je frissonne. Je souris, aussi. « Mais, puisque moi aussi je suis, genre, totalement dingue de toi... » Il frotte son nez au mien, tendrement.

____Il me fait rouler sous lui, il vient s'étendre sur moi, entre mes jambes. Je sers mes cuisses autour de ses hanches et appuie sur sa nuque pour qu'il m'embrasse. Sa langue dans ma bouche, elle ouvre toujours cette immensité dans mon c½ur. C'est fou comme je me noie, à chaque fois. C'est dingue comme j'aime ça, à chaque fois. J'ai l'impression d'être entouré par des nuages, je suis tellement heureux !

« J'ai envie de toi... » Me murmure-t-il à l'oreille. Je me mords la lèvre, il me regarde.
« Tu viens de briser le romantisme de ta déclaration, t'es au courant ? » Dis-je en souriant.
« Tu n'est pas quelqu'un de romantique Bill. » Me sourit-il. « Tu sais que parfois, les scènes idylliques cachent les mensonges. » Il me fixe. « Je suis sincère, tu le sais, tu le vois dans mes yeux. » Je lui souris. « Je dirais même que, ça te fait carrément plaisir, que je te désire ! »
« Peut-être... » Dis-je en lui embrassant le cou. C'est fou comme il me comprend. J'aime ça.


[ ... ]


____Je tire sur sa main et il me plaque contre le mur arrière du mobile home. J'accroche mes bras autour de sa nuque et l'embrasse. Avec toute la passion et l'amour que je possède. Il passe ses mains sous mes fesses, j'enroule mes jambes autour de son bassin. Il me rehausse dans ses bras et plonge sa tête dans mon cou. J'halète. Il écrase sa virilité contre la mienne, suce la peau de mon cou. Je suis malade. Tellement brûlant ! Je prends sa tête dans mes mains et l'oblige à m'embrasser. Je me frotte contre lui. Je sens le mobile home abîmer mon dos.

____C'est bientôt la fin des vacances. Bientôt un mois que je suis avec lui. Alors, on va coucher ensemble. Ca sera une sorte de « A la prochaine », comme il dit. Ca me ronge les entrailles tellement j'en ai envie... Il n'a pas arrêté de me dire que ça serait comme notre amour transformé en une chose physique, il a été tellement doux ! Bien sûr que je ne le crois pas vraiment, mais il est tellement adorable... Je gémis.

____Il glisse ses mains dans mon bermuda, il caresse la peau de mes fesses. Je l'embrasse, encore, il m'appuie tellement fort contre le mobile home, plus fort... Je ne voulais pas le faire dans sa tente. Pas d'intimité, tout le monde entend tout. Ils sont partis, toute l'après-midi, dans un parc aquatique. Sans moi. Ils ont fermé toutes les portes, j'ai laissé ma fenêtre ouverte. Il est deux heures. On a toute l'après-midi. Bordel, j'en ai tellement envie !

« Hm... Tom ? » Je ferme les yeux, rejette la tête en arrière.
« Oui ? » Souffle-t-il alors qu'il embrasse ma mâchoire.
« On entre ? » Je gémis. Incontrôlable, déplorable.
« Oui ! » Il me lâche et m'aide à monter par la fenêtre.


[ ... ]


____Je suis à califourchon sur ses cuisses. Il est assis sur mon lit, son dos appuyé contre le mur de la fenêtre. Il enlève mon tee-shirt, doucement. Il me regarde dans les yeux, je lui souris, tendrement. Je tends la main, ferme la fenêtre, tire les rideaux. La luminosité s'affaiblit, ambiance tamisée. J'enlève son haut, je l'admire. Je fais glisser ma main dans son cou, lentement, puis, je glisse ma main sur la peau moite de son torse halé, je retrace ses formes. Je suis totalement hypnotisé par sa peau caramel.

____Il me touche, doucement, amoureusement, il m'explore. C'est comme si nous étions dans un autre monde, le nôtre. Tout est calme, doux. Tout est lui. Lui et moi. Notre infini. Je me regarde le toucher, le parcourir. Je sens très clairement son érection contre mes fesses. Je ne me suis jamais senti si près à accueillir un pénis. Je l'embrasse, juste simplement. Je me redresse, juste en face de lui, debout, entre mon lit et celui de mon petit frère.

____Il me regarde, dans les yeux. Il n'est pas pressé, il attend. Il m'attend, moi, juste moi. Je défais le bouton de mon bermuda, la fermeture éclair glisse. Il se concentre sur mes gestes. Mon bas tombe au sol. Je le regarde me fixer, des étoiles dans les yeux. Alors, je suis sûr, tout est concrétisé. J'enlève mon dernier vêtement. Je sens ses yeux me frôler, comme la caresse des ailes d'un papillon. Je rougis, pour la première fois. Je vais vers lui.

____Je suis à quatre pattes, au dessus de lui, je l'embrasse. Je le laisse retirer son short de bain, je sais qu'il est nu en dessous. Je tremble, je sens ses mains caresser mon dos. Il appuie sur mes reins, retour à la case départ. Le changement tient de notre tenue. Je sens mes fesses effleurer ses cuisses, puis, je sens sa hampe contre mon intimité. Je souris dans le baiser. J'aime ça, tellement. Je dévore sa langue contre la mienne. Ma drogue.

____On se détache, essoufflés. On joue, un peu, à se frôler de nos bouches, on sourit. Il caresse mon dos, parfois, souvent, il descend ses mains bas, très bas. Il m'effleure, il caresse cet endroit, mon endroit, je tremble. Je pose une main à plat sur le bas de son ventre, la fin de ses abdos. Je souris en sentant son gland effleurer le creux de mon poignet, il frissonne. Je regarde vers le bas, j'admire sa verge, je me sens saliver. Je tends la main vers la table de nuit, j'en sors une boite de préservatifs et du lubrifiant. Je lui tends ce dernier pour qu'il s'enduise les doigts avec. Il le fait rapidement, je l'observe.

____Il glisse sa main entre nous. Je me soulève un peu pour qu'il puisse la passer sous moi. Il regarde vers le bas, je lui prends délicatement la mâchoire d'une main, l'autre étant agrippée à son épaule, je plante ses yeux dans les miens. Je veux qu'il voit. Je veux qu'il décèle l'étincelle dans mes yeux quand il poussera ses doigts en moi. Je le sens, presque. Je tremble, mes yeux se brouillent de désir, je les garde accrochés aux siens. Je gémis quand enfin je les sens bouger en moi, deux. Ma main sur son épaule glisse dans son cou. Je ne peux plus garder les yeux ouverts, je colle sa bouche à la mienne.

____La main que j'avais gardée sur sa mâchoire descend, je me rapproche de sa virilité. L'air est saturé par la chaleur, j'adore ça. Je l'entoure sans pour autant bouger, ni serrer mes doigts. Je le fait languir, un peu. Mais je ne résiste pas, j'ai trop envie de le toucher. Je fais glisser ma main serrée autour de sa hampe. Trois. Je gémis, nos bouches se séparent. Je passe ma paume contre sa fente, il gémit lui aussi. Il fait bouger ses doigts en moi, il écarte mes chaires, il me travaille au corps. Il la trouve. Je suis pris d'un violent spasme, je ressers convulsivement ma main sur sa virilité, il me sert contre lui, il grogne mon nom.

____Je reste collé à lui, la tête dans son cou. Il me prépare, encore, j'aime qu'il joue comme ça avec moi. Je me fais l'impression d'une épave gémissante, il a l'air d'aimer ça. Je le caresse encore, doucement. Il me câline suavement la cuisse, j'embrasse la peau exquise du creux son cou. Il y a cependant un moment où on ne peut plus attendre. La chaleur m'étouffe, je veux plus. J'ai besoin de tellement plus ! Je suis totalement détendu, on ne peut plus prêt. Juste pour lui. Ce n'est pas ma première fois, ni la sienne. Mais c'est la nôtre. J'appuie sur son bras pour que ses doigts se retirent, je me redresse. Mes pupilles dans les siennes.

____Il pourrait n'y avoir que lui. Une fois dans ses yeux, il n'y a plus de monde. Il glisse ses mains sur mes hanches. Je sens ses doigts humides sur le côté droit. Ceux qui étaient en moi. Impression grisante, frissons. J'attrape la boite de préservatif et sors un sachet. Je l'ouvre et le déroule lentement sur Tom. Lorsque je serai dans la capacité d'attendre, je promets de l'enfiler avec la bouche. Je suis trop pressé. Il me faut Tom maintenant, sinon j'ai froid.

____Je me redresse, il tient sa hampe, il me guide à elle. Je la sens, juste toute proche, qui m'effleure. Je la sens pousser contre mon entrée. Je me sais en train de lui céder. C'est comme un éclair qui traverse le ciel. Mon apocalypse. Je jouis de la destruction du monde, j'ai plaisir de le voir s'écrouler, puisqu'il est en moi. En moi jusqu'à la garde. Je le garde en moi. J'halète déjà, les tornades me dévorent. Mon ventre fourmille d'une chose indéfinissable. J'ai pleinement conscience de chaque millimètre de sa peau en moi. Chaud, froid. Brûlant, glaciale. Frissons et tremblements...

____Mon souffle se bloque. Il est trop tard. Il me caresse, doucement, amoureusement. J'ai envie de pleurer de tant de passion. Je me brise, c'est lui qui recolle mes morceaux. Je me rends compte seulement maintenant que j'ai perdu. Face à tout, face à lui. Il lève ses grands yeux marron vers moi, il m'aime de son regard. Je ne me suis jamais senti aussi nu qu'à cet instant. Il est tellement partout ! Chaque cellule de mon être le ressent. J'ai l'impression qu'il... je... Il me possède.

____Comme s'il savait chaque pensée qui effleure mon âme, comme si mon c½ur ne battait que parce que le sien résonne en écho. Mon Dieu, je suis perdu, mis à nu... Il m'a. J'ai perdu mon indépendance, il est mon addiction. J'ai tellement peur de ça... Tellement peur de ce que ça représente. J'angoisse de la suite. Et, paradoxalement, j'ai tellement, tellement envie de lui appartenir... Je me sens tellement bien, c'est tellement bon de lui céder chaque partie de ce qui me constitue ! Je suis effrayé par l'amour que j'éprouve. Une larme roule sur ma joue, j'ai la gorge nouée.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » Me demande-il tendrement en caressant mon visage. Je tremble.
« Je... je suis à toi. » Dis-je comme s'il s'agissait d'une fatalité. Ma voix se brise, pleine de sanglots, d'autres larmes coulent. Et il est en moi. Je suis complet.
« Tu as peur ? » Me chuchote-t-il. J'hoche la tête. Il approche tout doucement son visage du mien et m'embrasse. Le gouffre de mon bonheur s'ouvre de nouveau. « Il ne faut pas... » Il caresse le contour de mon visage. « Moi aussi je suis à toi. » Murmure-t-il. Je le fixe.

____Je l'embrasse à mon tour, je lui donne tout ce que j'ai, je m'offre. Je cède. Tout, entièrement, tout ce que je possède, tout ce qui est à moi, il l'a. Il appuie sur mes hanches, il bouge en moi. Je respire fort. Je reprends conscience de mon plaisir. Je bouge lentement sur lui, je caresse nos visages l'un avec l'autre. Il me sert tellement fort. J'ai trouvé ma place. J'ai chaud.

____Nos corps sont moites de sueur. J'ai tellement l'impression que chacun de nos gestes s'encre dans la sensualité du moment. Je monte sur lui, je le replonge en moi, successivement. C'est enivrant. Ma tête part en arrière. Je bouge sur lui, de gauche à droite, je lui fait frotter ma prostate, il m'observe, je gémis. C'est tellement bon. Il me laisse être sur lui, il me laisse me faire plaisir. Bien sûr qu'il en ressent, mais sans doute moins que moi. De toute façon je ne tiens plus. Il le voit.

____Il m'allonge avec précaution, se refusant à sortir de moi. Il me regarde, je le scrute. Mes doigts parcourent son visage. Il bouge, doucement, puis, plus fort. J'écarte si fort les jambes que j'ai l'impression de faire une sorte de grand écart. Le lit bouge, il claque contre le mur. Je tente de retenir mes gémissements, du moins les plus bruyants. Les maisons de poupées sont très mal insonorisées. Mes yeux sont fermés, je savoure ses allers-retours en moi, je me laisse bercer par mon nom qu'il répète tel une litanie passionnée. Je souris. Toute l'après-midi...


[ ... ]


____Je cours. Aujourd'hui, dernier jour. Il est cinq heures du matin et je cours. Les graviers crissent sous les semelles de mes tongs. Je cours vers lui. A midi, le mobile home sera rendu. Alors hier je me suis couché tard, j'ai fait toutes les tâches qui m'incombaient. Et je me suis levé tôt, très tôt pour aller avec lui. Passer mes dernières heures dans ses bras. J'arrive rapidement devant sa tente, je ralentis, reprends mon souffle. J'enlève mes tongs, puis après un moment d'hésitation, j'enlève mon jean, aussi. Il me reste mon tee-shirt et mon caleçon, ça sera plus confortable. J'ouvre doucement la fermeture. Je ne veux pas qu'il se réveille. Je veux juste être avec lui. Juste, qu'il soit près de moi.

____J'entre, appuyant mes genoux contre le matelas gonflable qui bouge sous mon poids. Je pose mes affaires dans un coin et m'allonge à ses côtés, en face de lui. Son visage est si beau, si paisible... Je soulève sa couette et m'introduit sous elle, tout près de lui. Je passe son bras autour de ma taille et plus rien ne sépare nos corps. Je pose ma tête sous son menton et me ressers contre lui. Il est en caleçon. Je respire l'odeur ensoleillée de sa peau et pose une de mes mains sur son torse. Je le caresse doucement. Il ressert sa prise sur moi, inconsciemment. Je souris. Il va tellement me manquer. Je sens mon c½ur se serrer et je ferme les yeux pour ne pas pleurer. Je ne veux pas partir loin de lui...


[ ... ]


____Je sens quelque chose caresser mon visage. Avec tellement de douceur que je me demande si je ne rêve pas. Ca serait un si beau rêve... Je crois qu'un nez se frotte au mien, tendrement. Je souris et pousse mon nez contre le sien. Je m'en veux un instant de m'être endormi, mais j'oublie, parce qu'il est là. Une main glisse sur ma cuisse et la caresse tandis que ses lèvres se posent sur mon front. J'ouvre les yeux, je me noie dans les siens. Il me sourit.

« Bonjour vous... » Me murmure-t-il tendrement. Je me replie sur moi-même et m'étire en me collant à lui. « T'es vraiment trop mignon, tu sais ? » Je secoue la tête et plonge dans son cou. Il me caresse encore.
« Il est quelle heure ? » Dis-je en tentant de garder mes yeux ouverts.
« Sept heures. » Je le regarde, étonné qu'il se réveille si tôt. « Normalement je me lève pas si tôt, juste, je me réveille et je me rendors. Mais cette fois j'étais plus tout seul dans mon lit ! » Il sourit et me caresse la joue.
« Je pars vers midi, je voulais être avec toi. » Dis-je tristement, en baissant les yeux.
« T'as eu une super idée. » Me souffle-t-il.

____Il prend ma mâchoire entre ses doigts et relève ma tête. Je me perds dans ses yeux. Ses si beaux yeux marrons. Il recommence à caresser mon visage, je l'imite. On joue le jeu du miroir, reproduisant chaque geste de l'autre. Je le grave en moi. J'ai l'espoir fou qu'une image de lui me suffira. Et je suis fou. Tellement fou de lui. Je vois trouble, les larmes barrent ma vue. Allez, merde, je vais pas pleurer, hein ? Pourquoi je n'arrive pas à me contrôler ? Pourquoi j'ai l'impression de sentir mon c½ur se désagréger ? Pourquoi ça fait si mal ?

____Je le sens passer sur moi. Je pleure, je crois même que je sanglote. C'est si dur de quitter son bonheur quand on l'a enfin trouvé. Je le sers fort contre moi, j'aimerais qu'il m'étouffe de son poids. Il embrasse mon cou et tente de me calmer. Je suis tellement ridicule ! On va se revoir ! Alors pourquoi je... j'ai tellement mal. Comme une déchirure. Une bombe dans mon c½ur. Le compte à rebours est lancé. Il m'embrasse. Je le laisse glisser sa langue dans ma bouche. Mon baume de bonheur. Ma gorge est comme emmêlée. Je suis heureux de l'instant présent. J'ai tellement peur de ce futur qui se rapproche de façon inéluctable...

____J'essaie de mémoriser son goût, chaque particule de son être. La sensation que j'éprouve lorsqu'il caresse mes cheveux, le frisson qui me parcourt quand ses doigts glissent le long de ma cuisse. Je tente de mémoriser sa présence, tout ce qui est lui, gravé en moi, de façon indélébile. Je suis dérisoire. Les souvenirs sont si fades... Il est tellement exceptionnel ! J'enregistre consciencieusement sa voix grave qui me murmure un tendre « je t'aime ».


[ ... ]


____J'entre dans l'épicerie, il n'y a personne. C'est parfait. Je m'approche de la caissière. Cette bonne vielle vierge puritaine ! Il n'y a plus d'expression sur mon visage. Dès qu'elle me voit, elle perd son sourire hypocrite. Elle a peur. Et elle est ridicule. Je me penche en m'appuyant sur le meuble qui nous sépare. Nos visages sont proches, face à face. Elle ne bouge pas, tétanisée. J'essaie de contrôler mon rire. Un sourire sadique apparaît sur mes lèvres, elle tremble.

« Nous savons ce que tu as fait... » Murmurais-je d'une voix vide et glaciale. « Un ami à moi, » continuais-je en pointant le sol du doigt – elle tremble. « t'as préparé une belle surprise. » Elle me regarde, horrifiée. « Tu dois être punie de tes pêchés. » Ses yeux s'exorbitent, je souris toujours plus et accentue mon regard méchant. Je me penche, ma bouche près de son oreille : « Bienvenue en enfer... » Susurrais-je d'une voix emplie de joie malsaine.

____Je me redresse et la regarde quelques instants, mon visage étant redevenu impassible. Mes yeux glacials la scrutent. Elle court dans l'arrière boutique. Je me dépêche de sortir et explose de rire avec Tom qui a suivi la scène de loin. Oh mon Dieu, mais quelle cruche cette fille ! J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi con. Tom me sert contre lui, je respire son odeur.


[ ... ]


____Je le laisse me plaquer toujours plus contre le mur de béton derrière moi. En réalité, je prie pour qu'on reste collés à ce mur, ensemble. Les larmes coulent sans retenue sur mes joues. Elles partiront avec moi... Mes bras entourent son cou, mes mains se perdent dans ses dreads, mes cuisses se resserrent autour de ses hanches. Sa main appuie sur ma nuque, pour me rapprocher, encore plus près. Se coller pour oublier que la distance nous guette.

____J'entends mon père me hurler de rappliquer. Je lui crie un « J'arrive » très énervé et colle mon front à celui de Tom. On reprend nos respirations. Une larme roule le long de sa joue. Je caresse son visage du mien. J'ai l'impression que mon c½ur étouffe. Comme s'il avait été ligoté, comme si on resserrait la corde jusqu'au manque d'air. J'ai l'estomac au bord des lèvres, je ne peux pas partir, ça fait trop mal ! Je l'embrasse d'un simple baiser et plonge mes yeux embrouillés de larmes dans les siens qui brillent de douleur.

« Je suis à toi. » Murmurais-je. Il me fait son adorable sourire en coin.
« Est-ce que tu as peur ? » Me souffle-t-il. Je lui souris, les larmes roulent, elles meurent dans mon cou. Je secoue la tête en signe de négation en me mordant la lèvre pour ne pas exploser en sanglots.
« Tant mieux. » Me susurre-t-il. « Parce que je suis à toi aussi... » Je pleure plus, un peu plus fort. J'essaie de reprendre ma respiration.
« Je t'aime » Déclarais-je de ma voix tremblante.
« Moi aussi je t'aime, tellement si tu savais... » Il m'embrasse langoureusement, amoureusement. Un énième hurlement de mon père nous interrompt.

____Mes pieds touchent de nouveau le sol. Je l'embrasse rapidement une dernière fois. Je baisse les yeux et m'éloigne de lui. Il fixe le mur. Ma main glisse le long de son bras. Il caresse le dos de ma main. Puis, plus rien. Le vide, le froid, la douleur. Je ne me retourne pas. Lui non plus. Il ne veut pas me voir partir. Je ne veux pas me voir le quitter. Je contourne les buissons qui nous cachaient et me dirige à grand pas vers la voiture. Je m'installe et ferme ma portière en la claquant, ignorant mon père. Qu'il ferme sa gueule ce con !

____Je tente de rester discret. Je ne veux pas qu'ils me voient pleurer, ils ne le méritent pas. Seul Tom le mérite. Je sens une petite main contre mon bras. Je relève un peu la tête et Julien me sourit. Il me caresse le bras. Je tends ma main vers lui et la pose sur la sienne. Il la caresse avec application. Je lui murmure un petit « merci » tremblant. On sort du camping. J'ai mal, si j'avais quelque chose dans le ventre je le vomirais. Mon c½ur étouffe, il est compressé, il explose ! J'implose... Je sens mon portable vibrer contre ma cuisse :

C'est un nouveau message de Tom : « Donc, aujourd'hui, mardi, t'es parti, demain on est mercredi et je m'en vais. On se voit quand ? » Je souris parmi mes larmes.
« Jeudi ? » Tapais-je à mon tour.
« Jeudi c'est parfait. J'ai hâte de te revoir. Je t'aime. » Je souris encore, la douleur s'atténue un peu.
« Je t'aime aussi » Ecrivais-je.

____Le camping, c'est un des trucs les plus nuls de la création. Je dirais même que c'est carrément le monde des Poupées, des Barbie et des Ken. Mais... après tout, ça a ses bons côtés aussi.

____La voiture me reconduit chez moi, où il sera bientôt près de moi.
Et cela suffit à me faire remarquer qu'aujourd'hui, le soleil brille...








Vos impressions?..




# Posté le samedi 22 août 2009 13:15

Modifié le samedi 22 août 2009 18:49