Genre de l'OS : YAOI, Lemon...
Théme : Les vacances d'Eté!
Auteur : . ℓéα_°
Note de l'Auteur : Donc, cet OS a été écrit pour un concours d'Eté à la YAC, et figurez vous que... JE SUIS ARRIVER 2EME SUR 8! Oui, j'exprime ma joie xD Je suis assez fier de mon travail, j'ai beaucoup travailler sur le personnage de Bill, et je suis plutôt contente du résultat! Je me suis bien marré à l'écrire xP
Vous m'en direz des nouvelles... Bonne Lecture =). × . : • ° • : . × . : • ° • : . × . : • ° • : . × . : • ° • : . × .
____Je regarde, de mes yeux encore collés par le sommeil, le paysage défiler par la vitre de la voiture. Aujourd'hui, premier jour des grandes vacances. Ma bouche est tellement pâteuse que j'ai l'impression qu'elle est remplie de colle ! Je soupire, premier jour de repos, lever : huit heures. Fait chier.
____Allons bon ! Mais de quoi je me plains ? Après tout, la vie est belle, les oiseaux gazouillent, les fleurs dansent, le soleil brille ! Et mon cul, c'est du poulet, bien sûr !
____Je déteste l'idée d'être coincé dans un camping miteux durant deux mois, et ce, même si je suis en mobile home. J'ai horreur d'être parti avec le connard qu'est mon père et ma salope de belle mère. Ca me fait chier de m'être levé si tôt pour traverser la France direction le sud. J'ai la gueule d'un oiseau migrateur peut-être ?! Et de toute façon, tout et tout le monde me les brise ! Pour faire simple : je suis de mauvaise humeur, point.
[ ... ]
____J'étire mes membres encore engourdis par le long voyage en souriant. Je frissonne en sentant ma colonne vertébrale craquer. Liberté je te retrouve, enfin ! Mon père et Franziska sont partis chercher les clefs et signer les papiers pour le mobile home. Je souris en entendant une toute petite voix m'appeler de la voiture et je contourne cette dernière.
____Arrivé devant l'autre portière arrière, je distingue mon petit frère qui gigote dans son siège auto. J'ouvre la portière, le détache et le prends dans mes bras. Il se laisse faire, il est encore un peu embrumé par le sommeil. Il s'appelle Julien, il a deux ans et demi, et c'est le plus adorable des petits garçons que la Terre ait porté ! Mon rayon de soleil. Techniquement, c'est mon « demi frère », puisque c'est le fils de Franziska, mais j'en ai rien à foutre.
____Je ressers mon emprise sur le frêle corps du petit bout dans mes bras et observe les alentours. Mouais, bof, rien de particulier. C'est d'une banalité affligeante. Tous ces petits mobiles homes rangés bien comme il faut, avec leurs couleurs niaises, décorés de pauvres fleurs roses, beurk ! Le genre de trucs qui me file carrément la gerbe. C'est probablement beau aux yeux des autres... Je crois que la partie « tente et caravane » est plus dans le fond, c'est sûr que c'est moins classe que leurs magnifiques petites maisons synthétiques !
« Bill ! Retourne dans la voiture avec ton frère, on a les clefs du mobile home. » Je sursaute. Je ne les avais même pas entendus revenir.
____J'obéis au connard qui me sert de père et monte dans la voiture, gardant Julien sur mes genoux. On ne va pas rouler bien vite, on est dans l'enceinte d'un camping, ça risque rien. On arrive rapidement devant notre maison de poupée, la 321. Je sors, mon sac à main sur l'épaule, mon petit frère toujours dans mes bras - il joue avec mes colliers. Je laisse mon père passer en premier puis le rejoins, grimpant les marches de la petite terrasse surélevée.
____Un toit et des volets jaunes pâles sur une maison blanche, sur les rambardes de la terrasse, d'abominables fleurs roses fushia. Révulsif. L'intérieur, c'est pire. Plastique, encore plastique ! Et le tout est parfaitement niaiseux, style « intérieur parfait ». C'est pitoyable, totalement frigide. Au secours, je suis tombé chez Barbie !
[ ... ]
____Je crois que le seuil de la débilité profonde vient d'être franchi. Bravo papa, tu as réussi ! Tu as battu ton propre record ! Dieu sait que tu étais déjà pourtant tombé très bas, maintenant tu creuses, tu t'enfonces dans ta connerie. Je te félicite !
____Je maudis encore quelques instants mon père, le temps de finir de remplir une bassine de vaisselle sale pour aller la laver aux sanitaires. Non mais, quel est l'intérêt de prendre un putain de mobile home si on le prend cassé ?! « C'était moins cher. », d'après mon père. Toujours est-il que, maintenant, on a pas l'eau courante pour l'évier de la cuisine. Merci qui ? Merci papa !
____Je pose les éponges dans la bassine et au moment où j'allais la prendre dans mes bras, je sens qu'on tire doucement sur mon pantalon. Je me retourne et aperçois mon petit frère. Je lui souris et me penche pour lui embrasser le sommet de la tête. Il n'a pas beaucoup de cheveux, et ils sont tellement blonds qu'ils sont presque invisibles ! Mais ses yeux... ses si beaux yeux bleus ! Qu'est-ce que je ferais pas pour ce regard ?
« Qu'est-ce qui se passe p'tit bout, hm ? » Lui demandais-je en caressant sa joue.
« Je veux venir faire la vaisselle avec toi ! Tu veux bien Bill ? » Dit-il en se dandinant d'un pied sur l'autre en souriant. Mon Dieu je fonds !
« Je sais pas, moi je veux bien, mais papa est d'accord ? » Demandais-je en me redressant.
« Sais pas. » Chuchote-t-il, penaud.
« On va voir ça alors ! » Dis-je en souriant.
____Je me saisis de la bassine et vais sur la terrasse pour demander la permission à mon père, Julien me suit.
« Papa ? Julien voudrait venir faire la vaisselle avec moi, ça pose pas de problème ? » ____J'entends déjà le refus futur qui résonne dans mes oreilles. Il ne voudra jamais.
« Oui, pourquoi pas ? » Me dit-il après avoir réfléchi.
____Je vois Julien qui saute de joie partout tandis que moi, j'attends le contre coup. Ce n'est pas normal. Il est tard, Julien est très en forme puisqu'il a dormi presque toute la journée, mais mon père ne se préoccupe pas de ce genre de choses, d'habitude. Je pose la bassine sur la table, violemment, pour qu'il daigne enfin s'intéresser à moi. Mon regard est équivoque, il comprend.
« Franziska et moi avons besoin d'intimité. Tu es prié de ne pas revenir avant une bonne demi-heure. » ____Sa voix est calme, son regard est posé sur le magazine qu'il lit. Il m'éc½ure.
« Je vois. » Crachais-je. C'est juste typiquement lui.
« Je vais chercher un gilet pour Julien. » ____A peine me suis-je tourné qu'il m'interpelle.
« Quoi ?! »« Ne me parle pas sur ce ton ! » Siffle-t-il.
« Je ne voulais pas de toi durant ces vacances, alors essaie de te faire discret, je ne veux pas d'histoires de tapette qui me pourrisse mes vacances ! Compris ?! » Dit-il, méprisant.
« Ouais, c'est tellement dommage que ton fils en soit une, de tapette ! » ____Je n'attends pas de réponse, je me dépêche d'aller chercher le gilet de Julien, je reprends la bassine et nous nous mettons en route. Je suis tellement rapide que Julien court. Arrivés au bout de l'allé, je ralentis, je lui souris et il me raconte des histoires merveilleuses, celles dont il rêve. Je participe à la conversation, m'exclamant de ses exploits imaginaires. Je sens la boule qui s'était précédemment formée dans mon ventre diminuer, un peu. Pas étonnant que les rapports que j'entretiens avec mon père soient merdiques, il ne m'accepte pas. Je le déteste, mais je ne peux m'empêcher de souffrir de ses remarques cinglantes, parce que, malgré tout, c'est mon père...
[ ... ]
____Après une intense recherche des sanitaires, je les trouve enfin ! J'y entre, pose la bassine dans l'évier puis j'enfile son gilet à Julien en le chatouillant. Je le porte et le dépose sur la surface plane à côté de l'évier. N'empêche, j'avais raison, la partie « tentes et caravanes » est bien dans le fond, c'est limite de la discrimination, genre : d'un côté les riches dans leurs mobiles homes, de l'autre, les pouilleux sous leurs tentes. Encore une fois, c'est totalement ri-di-cule...
____Je soupire et m'amuse un instant avec Julien, histoire de me donner du c½ur à l'ouvrage. Puis, je
le vois. Il vient installer sa bassine dans le lavabo juste à côté de moi. Et, au risque de faire totalement cliché – ce que je déteste – merde, on dirait un ange... Son visage est doux, calme, apaisé - sans doute le contraire du mien. Ses traits sont fins, les dreads blondes qui retombent sur ses épaules sont parsemées de petites perles en bois. Il est différent. J'aime la différence.
____J'arrête mes regards en coin, je suis sûr que je ne suis pas discret. J'enclenche l'eau du robinet et regarde distraitement l'eau inonder ma bassine. Je la stoppe quand je juge la quantité suffisante. Je prends l'éponge que Julien me tend et cherche le liquide vaisselle. Liquide que je cherche, mais ne trouve pas.
« Bordel de mer... » Je m'arrête et regarde Julien qui me fixe avec de grands yeux ébahis.
« Enfin, j'veux dire : Mince alors ! J'ai oublié le liquide vaisselle ! Ah la la... crotte de bique ! » ____Putain mais quel con ! Je suis un crétin fini ! Y'a pas chier, je suis totalement largué !
« Mais c'est pas grave Bill, on peut retourner le chercher ! » ____Je regarde Julien qui me sourit de toutes ses petites dents. Je plaque une main sur mon front et soupire, ça va pas être possible.
« Euh, non, on peut pas vraiment. Papa et Franziska ont besoin d'être un peu tous les deux. Puis j'en ai marre de marcher, pas toi ? » Lui demandais-je en priant pour qu'il n'ait pas retenu la première partie de mon explication.
« Pourquoi rester tout seuls ? » Merde. Leçon numéro un, toujours tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, surtout devant les mômes.
« Parce que, parfois, les grandes personnes qui s'aiment, elles ont besoin de se faire des câlins d'amoureux. » Expliquais-je de façon on ne peut plus foireuse.
« Et c'est quoi un câlin d'amoureux ? » ____Je prends mon souffle pour parler mais je suis coupé par un léger rire. C'est pas parce qu'
il est beau qu'il peut se permettre un foutage de gueule intensif non plus...
« Et bien c'est un câlin, mais que tu fais avec ton amoureux ! » Julien me fixe d'un ½il dubitatif.
« Ecoute, tu demanderas à papa, moi aussi je suis trop jeune pour savoir ce que c'est ! » Conclus-je de façon tout à fait mensongère.
Il rit encore. Quoi ? J'ai une gueule de dévergondé pervers ?
____Je soupire, encore, et chatouille gentiment Julien, veillant à ce qu'il ne tombe pas. Je finis par le laisser tranquille et me retourne face à la bassine, mains sur les hanches. Je soupire, encore et toujours. Je fais quoi moi maintenant ?
« Euh, je m'excuse mais... J'ai écouté votre conversation et... » Je me retourne vers la voix hésitante qui me parle et me retrouve face au beau dreadé de tout à l'heure. Chier, il est encore plus beau comme ça.
« Enfin, je peux te prêter mon liquide vaisselle si tu veux ! » ____Il me sourit, un magnifique petit sourire en coin sublimé par un piercing au labret décalé.
« Ca te dérangerait pas ? T'es sûr ? » Lui demandais-je assez... timidement ? Faut que je me ressaisisse là ! Je veux être poli, mais je ne suis pas une fragile petite poupée en porcelaine non plus !
« Non, non, je t'en prie, sers-toi. » Dit-il de sa douce voix grave.
____Il me tend le produit vaisselle et je m'en saisis. J'en verse une toute petite quantité dans ma bassine et le repose. Je me sens gêné de devoir lui emprunter, je n'ai pas envie d'en prendre trop. Il me fixe en souriant, prend la bouteille de liquide vaisselle et en verse une généreuse dose dans ma bassine. Je le regarde en souriant encore une fois, de façon timide. Il me fait un clin d'½il, le monde s'éclipse alors que mon petit frère frappe dans ses mains parce que « Ca bulle ! ».
« Merci ! » Dis-je de façon joyeuse.
« De rien. » Répond-il sur un ton joueur.
« Tu t'appelles comment au fait ? » Demandais-je alors que je commence à frotter les assiettes et que Julien tente d'attraper la mousse avec ses petits doigts.
« Tom, et toi c'est Bill, non ? » Me dit-il en commençant lui aussi sa vaisselle.
« Exact. » Lui dis-je en souriant.
[ ... ]
____Durant notre séance « vaisselle intensive » Tom et moi avons beaucoup parlé, on a fait connaissance. C'est une personne réellement différente, une de celles qui mérite ma sympathie. Il vit donc en tente – il a été très surpris d'apprendre que j'étais en mobile home, normal – ses parents sont des écologistes hippies affirmés, et il a hérité d'une partie de leurs idées, « sans le côté totalement barge », a-t-il cru bon d'ajouter. Il a dix-sept ans, comme moi. J'ai beaucoup ri, ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, et mon Dieu, c'était agréable...
____Après être passé déposer sa bassine de vaisselle propre dans sa tente, il a insisté pour me raccompagner. C'est pourquoi nous marchons côte à côte, lui avec ma bassine dans les bras, moi tenant mon frère contre mon torse. L'excitation après le voyage étant passée, il est maintenant lessivé. Faut dire qu'il s'est amusé à courir partout, sacré bestiole ! Je souris et lui pose un baiser sur le sommet du crâne.
« Merci beaucoup de me raccompagner, ça aurait été difficile de porter et mon frère, et la bassine ! » Souriais-je. En plus d'être charmant, il est gentil...
« De rien, c'est normal. » ____Il m'envoie un clin d'½il accompagné d'un de ses sourires enjôleurs, je me sens défaillir...
« Dis... » Commençais-je doucement avant de me reprendre :
« Je vais pas y aller par quatre chemins. Je hais le camping, les mobiles homes, toute cette connerie de perfection plastique et tous les hypocrites qui vont avec. Alors, je trouverais ça plutôt cool si on pouvait genre, traîner ensemble. » ____Nous nous sommes arrêtés, il me sourit.
« Je suis flatté que tu ne me considères pas comme un hypocrite ! » Il rigole, je le suis.
« C'est rare de croiser des gens comme toi, Bill. Surtout ici. Et, très franchement, j'ai pas non plus envie de traîner avec des boulets finis. » ____Je souris, implicitement, il est ok. C'est cool.
« Toi aussi, t'es différent. » Dis-je affectueusement en lui offrant mon plus beau sourire.
[ ... ]
____Je suis définitivement pas du matin. Mais alors pas du tout. Surtout quand on m'oblige à me lever en gueulant pour que j'aille chercher du pain. Une semaine que je suis là et je vois plus que trois solutions. Solution numéro un : me tirer une balle, solution numéro deux : me tirer deux balles, et enfin, solution numéro trois, ma préférée : tirer sur mon père !
____Je soupire et ouvre la porte de l'épicerie du camping pour aller chercher du pain frais et le journal de Monsieur mon père, s'il vous plaît ! Putain, j'ai même pas envie de franchir cette porte tellement ce qu'il y a derrière m'agace ! Une petite Barbie blonde, au visage vulgaire, avec des vêtements « décents » et une petite croix autour du cou, style : « Je suis la vierge Marie ! ».
____J'entre, et de suite, je sens ses yeux critiques et accusateurs sur moi. J'ai qu'une envie, me planter devant elle, la regarder avec un regard vide, faire un sourire sadique et sortir une réplique du genre : « Satan sait ce que tu as fait, tu n'imagines pas la punition qui t'attend... ». Je crois que je vais faire ça, le dernier jour. Ca risque d'être marrant !
____Revigoré par mon génie sans borne je prends deux baguettes et le journal en la fixant de façon glaciale, pour préparer le terrain. Etre un messager de Satan, ça ne s'improvise pas. Elle me rend la monnaie et je reste cinq secondes, sans bouger, en la fixant toujours. Elle baisse les yeux. Je prends ma monnaie et sors. Je suis sûr qu'elle en chie dans son froc, la ravissante poupée Barbie ! Et ça me fait bien rire.
« Hé ! Tu me dis plus bonjour ?! » ____Je relève la tête et tombe face à un Tom qui a pris un faux air contrarié.
« Excuse-moi, cher ami, mais vois-tu j'étais en train de concevoir un plan machiavélique ! » Il fronce les sourcils.
« Je t'assure, j'aurais pu marcher dans une merde de chien que je l'aurais pas remarqué ! » Là, il rigole franchement.
« On se retrouve tout à l'heure ? Comme d'hab' ? » Me dit-il en souriant de façon... tendre ?
« Oui, oui ! Je serai à l'heure, promis. » ____Je lui souris et nous nous quittons sur un signe de la main, lui me souriant encore plus.
____En fait, j'ai une quatrième solution : Tom.
[ ... ]
____Je prends ma serviette de piscine et cours. Merde, ça fait deux semaine que je suis ici et je suis toujours pas foutu d'être à l'heure à mon « rendez-vous » avec Tom ! Arrivé devant le portail de la piscine j'enlève mes tongs et tente d'esquiver le « bain de pieds » obligatoire pour entrer. C'est surtout un nid à microbes leur truc ! Rien que la couleur n'inspire pas confiance - marron. Donc j'essaie de passer sur les rebords, ce qui s'avère être un exercice complexe.
____Après cette quasi-insurmontable épreuve – que j'ai réussie brillamment – je me dépêche de rejoindre Tom sur nos transats habituels. Parce que oui, on a pris nos petites habitudes. Et pour les conserver, faut être là à l'ouverture de la piscine, sinon, d'autres personnes posent leurs serviettes dessus, et les transats leur sont donc réservés. Non mais, c'est que c'est le seul petit frisson de la journée ici, réserver le transat en premier ! Lamentable.
____Je soulève le sac qu'il avait placé sur « mon » transat pour le garder et m'avachis dessus pour reprendre mon souffle. Je suis vraiment une daube en endurance, faudrait que je travaille ça.
« Je suis désolé d'ê... » Il n'attend pas la fin de ma phrase et me coupe :
« D'être en retard, et, comme d'habitude, je te pardonne. » Il soulève ses lunettes de soleil et me regarde en souriant.
« T'es juste quelqu'un de non ponctuel ! » Il se fout de ma gueule et je lui tire royalement la langue.
« J'ai dû nettoyer la table, ranger quelques trucs... » Je soupire.
« Enfin, faire la boniche quoi, comme d'hab' ! » Il me fait une grimace compatissante.
____J'installe correctement ma serviette et continue à lire mon livre :
l'Etranger, de Camus. Je sais que ça peut paraître bizarre comme choix de lecture, mais je ne me l'explique pas. Je le relis sans arrêt. L'absurde est une chose des plus fascinantes à mes yeux. Tom, lui, paresse tranquillement. Il est celui qui arrive toujours à l'heure mais, il a toujours besoin de son moment de somnolence après.
____J'aime rester à ces côtés, juste comme ça. Parce que, je n'ai pas réellement d'autre besoin que celui de me sentir entouré et compris. Je sais qu'il fait les deux. Il a réussi à très vite me cerner et ne se blesse pas de mes sarcasmes quasi-constants. Au fil des jours, une amitié est née entre nous. En fait, c'est sans doute le meilleur ami que j'ai jamais eu. Je suis minable.
[ ... ]
____Deux semaines et demie que je suis là. Et franchement, en dehors du fait que je suis dans un camping, que je hais mon père et que tous les gens sont des abrutis hypocrites, je passe de bons moments. Enfin, uniquement quand je suis avec Tom. En parlant de lui, je viens de céder à ses suppliques et j'avance doucement dans l'eau de la piscine pour me baigner, avec lui.
____Arrivé à la dernière marche, l'eau m'arrive en haut des cuisses. C'est le moment décisif, l'eau est glaciale, et je vais bientôt me congeler la bite. Je ne suis même pas sûr que mes couilles y survivront ! Tom s'approche de moi doucement, il sait très bien que s'il me mouille, je partirai direct. Je ne supporte juste pas ça. C'est un truc con à utiliser sur les cons, par les cons. Je ne suis pas con, je ne suis donc pas concerné.
« Allez Bill, t'es lent là. » Soupire Tom en souriant malgré tout.
« Ecoute, jeune Padawan, je vais bientôt me glacer les couilles, et je suis pas sûr qu'elles supporteront un tel traitement, je ne les brusque donc pas ! » C'est glacé ! Il rigole.
« Les miennes ont très bien supporté le choc thermique ! » Dit-il pour me rassurer.
« Ecoute, j'sais pas comment tu fais, mais moi j'ai pas pour habitude de plonger mes précieuses dans un pot de glaçons tous les matins ! » Il est mort de rire, c'était à prévoir.
« Tu... tu les préfères à moi... » ____Il a pris une mine toute triste, il a limite la larme à l'½il et les bras croisés sur son torse. Excellent, bordel ! J'explose de rire, très vite suivi par Tom.
« Si un jour on m'avait dit que tu me ferais une crise de jalousie pour mes couilles, on serait jamais devenu pote, mon cher ! » On se sourit.
« Allez, go ! » Murmurais-je.
____Je m'accroche à ses épaules – il est assez près de moi – et respire à fond pour me donner du courage en répétant en litanie la même phrase : « Je vais mourir ». Je suis une personne très contradictoire. Je réussis enfin à descendre la dernière marche, et je le sens passer, bordel ! Froid, froid, froid ! Je vais avoir des vergetures ! Pardon mes chéries ! Je rentre le ventre et avale de grandes goulées d'air très bruyantes en un réflexe on ne peut plus débile, c'est pas ce qui va me protéger du froid.
« Euh Tom, moi je vais rester là ! Je bouge plus, je te regarde nager, et je vivrai cette super baignade par procuration, ok ? » Il sourit.
« S'tu veux. » Sur ces mots il plonge d'un coup sous l'eau. Il est complètement malade !
____Je dois avouer que le spectacle de Tom qui remonte à la surface, le corps perlé de petites gouttes d'eau est vraiment très, très agréable pour mes yeux ! Je le regarde faire une longueur, quand tout à coup, dix mômes sautent d'un même mouvement dans la piscine, m'éclaboussant de la tête au bas ventre, je me fige, la bouche grande ouverte. Bordel. De. Merde... C'est glacé ! Je grelotte, Tom revient toute suite vers moi.
« Bill ça va ? » Je lui lance un regard noir. Il s'en moque.
« J'ai l'air d'aller ? » Je DETESTE qu'on me mouille !
« Putain mais, y'en a combien de ces saloperies ? » Dis-je alors que d'autres sautent encore.
« C'est pire que la gangrène ces trucs là ! »« Calme-toi Bill, ils jouent, c'est par leur faute » Dit-il d'une voix calme, toujours souriant.
« Mais j'm'en tartine la fesse droite qu'ils jouent ! Ils peuvent pas faire gaffe ?! » Criais-je.
« T'es adorable, tout mouillé ! » Ma bouche s'ouvre. C'est une blague ?
____Tout à coup il se met devant moi et je vois d'autres gamins sauter du bord de la piscine. L'eau, au lieu de me tremper, se fracasse sur son dos. Il me sourit doucement, je l'imite, mais timidement. Je tremble plus fort. Il croit que j'ai froid. Il me prend dans ses bras...
[ ... ]
____Trois semaines et un jour que je suis dans ce camping. Je vais péter un plomb. C'est juste lassant de se rendre compte à quel point l'humanité est ridicule. Je crois que si je n'avais pas Tom, je demanderais à ma mère de venir me chercher ! Enfin, non, je ne le ferais pas, je la laisserais se reposer, même si je vais mal. Elle est mieux sans moi.
____Je marche le long de cette route goudronnée, me demandant encore une fois pourquoi je ne peux pas dire non à Tom. Je lui cède tout. Il a trouvé mon mode d'emploi. J'arrive bientôt à la plage. Il voulait qu'on se promène sur le petit chemin sableux, au dessus de la plage, celui qui donne une vue imprenable sur la côte. Je le vois, assis sur un rocher, il me fixe. Je le rejoins. Il se relève et on se met en route.
____J'ai confiance en Tom. Je l'ai su dès le début, qu'il serait un ami. Parfois, quand on rencontre une personne, après lui avoir un peu parlé, on sait toute de suite que cette personne est différente. De temps en temps, très rarement. On le sait, je le sais. C'est tout. Mes cheveux me fouettent le visage, le vent chaud me caresse.
« Tom... » Dis-je d'une voix menaçante alors qu'il sort une cigarette.
« Bill. » Me sourit-il. Je déteste qu'il fume ! J'ai horreur de cette saloperie.
« Je te jure, tu l'allumes et ton futur enfant sera plus qu'un rêve ! » Il rigole, mais range tout de même sa cigarette. J'aime à croire que c'est mon regard menaçant qui lui fait faire ça.
« Ok, ok... » Dit il en rangeant son paquet dans la grande poche de son large pantalon.
« Pas la peine d'en venir aux mains, Monsieur le tortionnaire ! » Je lui tire la langue. Puis je m'arrête en sursautant et en criant.
« Il se passe quoi ? » Me demande-t-il paniqué.
« Y'a un truc dans mon futal ! Putain je suis sûr que c'est une bestiole hideuse ! » Il rigole et je plaque ma main sur l'endroit où je sens quelque chose bouger. Grave erreur. Je sens une douleur lancinante me traverser la cuisse. Je crie.
« Putain, ça m'a piqué ! »« Calme-toi Bill ! » Je saute partout. Merde, merde, j'ai vraiment trop mal ! Je sens comme un vertige, je tombe.
« Bill, tu bouges plus ! » Je le vois s'asseoir entre mes jambes, je suis appuyé sur mes bras. Je risque pas de bouger.
____Il soulève mon pantacourt noir et vire une guêpe. Je déteste les guêpes. Il remonte mon bas jusqu'à voir la piqûre, rouge vif, sur l'intérieur de ma cuisse. Très haut sur l'intérieur de ma cuisse. Si j'avais pas si mal, j'aurais peut être la décence de me sentir gêné. Ses traits sont sérieux, concentrés. Je me sens plus en sécurité. Je le vois sortir son briquet et ses clopes, il en allume une et l'approche de ma cuisse, je stoppe son geste.
« Aurais-tu l'obligeance de me dire ce que tu branles? » Je ne m'étais pas rendu compte que j'haletais si fort.
« Bill, faut brûler le venin, vite. Sinon tu vas avoir mal. Je vais juste mettre ma cigarette près de la piqûre, ok ? » ____J'acquiesce. Je détourne les yeux et sens sa main se placer au dessus de ma piqûre. Il sert ma cuisse, je sens une grosse chaleur. Une brûlure. Je me pince l'arête du nez pour ne pas pleurer tellement j'ai mal. Puis, au bout d'une interminable minute, la chaleur s'en va. Et je n'ai plus aussi mal. Juste une petite douleur confuse. Tom s'avance entre mes jambes, sa tête proche de la mienne. J'encercle son cou de mes bras, il me caresse doucement la cuisse. Je me calme.
____Il me redresse, m'indique un banc, il veut m'aider à marcher, je le repousse. J'ai pas besoin d'aide. Une fois assis, je ne parle pas. Je me suis montré dépendant. Je ne veux pas être faible. Personne ne doit comprendre que je ne suis pas si fort. Il le sait déjà. Je regarde effrontément les vagues se briser sur la grève. Comme si j'étais plus fort que ce rocher, comme si, moi, je pouvais lui résister.
« Pourquoi es-tu venu ici, Bill ? » Me demande Tom.
« Tu n'aimes pas être ici, tu n'aimes pas les gens, tu détestes ton père. » Constate-t-il.
« Je crois que ma mère a besoin de souffler. Je voudrais qu'elle respire un autre air que celui que je pollue. Je l'aime, elle a le droit de faire une pause. » Dis-je de façon lasse.
« Tu dis des conneries. Tu n'es pas un déchet. » Il me fixe. Je regarde les vagues.
« Combien de temps crois-tu que tes sarcasmes et ton attitude cynique vont te protéger ? » Demande-t-il.
« Je ne sais pas. » Dis-je de façon absente.
« Ca marche, pour l'instant. » Fais-je, désintéressé.
« Non, tu sais que tu as déjà perdu. » Prononce-t-il de façon douce. Je baisse la tête.
« Je ne suis pas une faible petite Poupée qu'on peut sauver, tu comprends ? Je n'appartiens pas au monde de Barbie, la vie n'est pas rose. Elle est noire. » Une larme roule sur ma joue.
« Etre fragile comme la porcelaine d'une poupée n'est pas un défaut, Bill. Le monde utopique n'existe pas, mais le bonheur se crée à l'infini. S'il te plaît, n'aie pas peur de moi... » Chuchote-t-il tendrement en posant sa main sur ma cuisse.
____Je me laisse glisser contre lui, j'enfouis ma tête dans son cou, il enserre ma taille. Le soleil se couche sur nous. J'ai perdu, je me suis noyé. Je ne serais jamais aussi dur et froid que les rochers. Je ne pourrais jamais être aussi fort. Alors, je pleure. Je fonds en larmes et les sanglots brisent ma gorge. Ca fait un an que je n'avais pas pleuré ainsi. De nombreuses vagues de douleur me submergent. Je me noie, encore. Tom me caresse les cheveux. Cette fois-ci, je sais qu'il sera là pour me remonter à la surface...
[ ... ]
____Je rigole et pousse Tom. Bientôt quatre semaines que je suis ici. Il me raccompagne au mobile home après une matinée passée à barboter dans la piscine. Je me sens tellement bien avec lui. C'est rafraichissant. Même s'il tente de me faire rire, chacun de mes pas me referme. A l'approche des monstres je prépare ma carapace. Il le sait très bien.
____Un peu avant mon mobile home, on s'arrête. Il ne va pas plus loin. Je ne veux pas tendre de perche à mon père. Il la saisirait pour la planter dans mon c½ur. Je lui tends la main pour qu'il la sert, il m'attire vers lui et m'embrasse la joue. Je ferme les yeux et savoure le doux contact de ses lèvres pulpeuses contre ma pommette. Il fait ça depuis le soir du chemin sableux. J'aime à penser que c'est comme une promesse de sa présence.
____Je m'éloigne à reculons, nos mains se délient, il me sourit. Je me retourne en lui faisant un dernier signe de la main accompagné d'un de mes habituels sourires timides. Je suis ridicule, vraiment. Je m'approche de la maison de Poupée, j'y vais lentement. C'est pas comme si j'étais pressé. A peine ai-je atteint la terrasse que mon père m'agresse :
« Bill ! Mais tu étais où bordel ?! » Crie-t-il.
« C'est bon, j'ai cinq minute de retard ! T'excite pas ! » Répliquais-je.
« Comment tu me parles ?! » Siffle-t-il. Je ne réponds rien, je le fixe d'un regard noir.
« Non mais tu te prends pour qui ?! Franziska a dû mettre le couvert à ta place ! Tu crois peut-être que c'est ta boniche ?! » Il crie, je fulmine.
« Parce que tu crois que JE suis la boniche ?! » Criais-je à mon tour.
« Elle peut bien le faire, pour une fois ! » Je sers les poings.
« Oh non, attends c'est vrai, elle risque de se casser un ongle ! » Dis-je sur un ton glacial.
____Le coup est parti. Le bruit est éc½urant. De toute façon, je m'y attendais. Il me gifle tellement fort que ma tête tourne et que mon corps la suit. Je suis presque dos à lui. Je ne sens pas encore la douleur. La baffe était tellement forte qu'elle a anesthésié les terminaisons nerveuses de ma peau. Puis, une grande brûlure, presque insoutenable, sauf que je suis obligé de la ressentir. Je suis obligé de souffrir.
____Je lève les yeux. Et je l'aperçois au loin. Il me fixe. Tom. J'ai honte. Honte qu'il me voit comme ça. Honte d'avoir un père si con. Honte d'être moi, honte d'être là. Je n'entends presque plus mon père qui hurle, c'est plus comme un bruit de fond.
« En plus d'avoir une tafiole pour fils, faut aussi que ça soit le dernier des crétins ?! » Retour à la réalité. Ma réalité. Douleur au c½ur, j'étouffe.
____Et Tom entend tout. Il est obligé d'entendre. Il reste immobile, impassible. Est-ce le temps qui se fige ou mon corps qui est mort ? Mon père me pousse dans le dos en me criant d'aller dans ma chambre. Je quitte Tom des yeux, mon corps reprend vie, il agit comme un robot. J'ai froid. Julien pleure, il voudrait aller vers moi mais Franziska le retient à table. Elle m'ignore.
____Une fois dans ma chambre, je me laisse tomber sur le lit. Je suis frigide, immobile. Mon corps a pris la position des morts dans les cercueils. Est-il la représentation de mon esprit ? Je ne peux m'empêcher de le voir, encore et encore dans ma mémoire. L'image de Tom me hante. Peut-être se doutait-il de ce que j'étais. Mais il ne le savait pas précisément. Et s'il me rejetait ? J'en mourrais. Et merde... Je suis amoureux, fait chier.
[ ... ]
____J'avance dans l'obscurité encore naissante. La nuit tombe, je suis debout. Et je ne sais pas comment je fais pour avancer. Tom m'a envoyé un sms. Il voulait qu'on parle, face à face. Il m'a dit de le retrouver aux jeux. Je suis resté enfermé tout l'après-midi. Quand ils sont partis, j'ai mangé, un peu - des fruits - je n'avais pas très faim.
____Tout à l'heure, j'ai mangé à leur table. Je n'ai rien dit. Ils ont parlé, comme si de rien n'était. Je les ai observés, silencieusement. Je ne fais pas partie de leur monde. Ce petit monde parfait, sans soucis, où tout est superficiel. Je n'en ferai jamais partie. Ils m'en excluent autant que je refuse d'y entrer. Je ne peux pas céder, me banaliser. Je ne deviendrai jamais comme eux.
____Les jeux sont silencieux. Il est là. Assis sur la balançoire, il fixe ses pieds qui caressent le sable. Je le rejoins sans rien dire et m'asseois sur la deuxième balançoire. A mon grand étonnement, le silence n'est pas pesant. Il n'y a pas de vent, l'air est tiède. Je ferme les yeux et laisse mes poumons se remplir d'air. Respirer est une chose agréable.
« Crois-tu que je vais te rejeter ? » Souffle-t-il en regardant les étoiles.
« Je ne crois pas... » Dis-je.
« Enfin, je n'espère pas. » Me corrigeais-je. Je ne peux empêcher le démon de ma peur se matérialiser dans mes entrailles. Il me ronge.
« Bill. » M'appelle-t-il.
« Bill, regarde-moi, regarde dans mes yeux, devine l'intérieur de moi. » Je m'exécute, mes yeux tombent dans son regard.
« Qu'est-ce qu'un ami pour toi ? »« Je ne sais pas... » Murmurais-je, incertain.
« Peut être que... c'est sans doute une personne toujours là pour l'autre, quoiqu'il arrive. Quelqu'un qui ne jugera jamais. » Finis-je par énoncer d'une voix pâle et tremblotante. Je déteste ça. Je ne veux pas être si faible.
« Si tu connais la définition, pourquoi as-tu si peur de mon opinion sur toi ? » Dit-il, tout doucement. Je le regarde, je ne suis pas sûr d'avoir saisi.
« Je m'en fiche de ton orientation sexuelle. C'est pas ta faute si tu préfères la vanille à la fraise... » Sourit-il.
« Merci... » Soupirais-je de soulagement.
____Le poids qui s'était enchainé à ma poitrine se délie, il s'envole, il explose. Tom se lève et me tend la main, je m'en saisis et vais de moi-même me blottir dans ses bras. Il caresse mon dos, mes bras enserrent sa nuque. Je me sens gêné, personne n'imagine ce que ce geste me coûte. Je déteste tellement être dépendant de lui. Mais mon c½ur est enchainé à son être, alors...
« Dis, tu veux que je te paye une glace au bar du camping ? J'ai faim ! » Me dit-il en se reculant assez pour voir mes yeux.
« Ouais, pourquoi pas. » Soufflais-je.
« Mais je refuse de manger dans le bar ! Y'aura encore leur soirée loto à chier. » Dis-je dans une grimace.
« C'est quoi le grand prix ce soir déjà ? Un clown rose en porcelaine, hideux le truc, je veux pas faire des cauchemars ! » Il rit.
« Ok, on ira sur la plage. » Il me sourit, son regard se fait malicieux.
« Tu prendra une glace à la vanille alors ? » Je rigole.
« Oui et, toi ? Vanille ou fraise ? » Dis-je sur un ton joueur.
« Je vais prendre un cône vanille et fraise, j'aime les deux. » Il me fait un clin d'½il et sourit.
____Mon c½ur chavire. Je voudrais pouvoir le contrôler, faire qu'il ne batte pas si fort. J'aimerais pouvoir brider mon espoir, mais on dirait qu'il est sauvage. Je désirerais savoir comment commander l'euphorie qui me gagne, mais elle est trop puissante. Je déteste ces sensations autant que je commence à les apprécier. Je n'aime pas l'idée d'être amoureux, mais j'adore le fait de l'aimer Lui...
[ ... ]
« Allez, Bill, s'il te plaît ! » Me supplie Tom pour la énième fois.
« J'ai dit non, c'est non ! » Je suis catégorique. Il me prend les épaules et m'oblige à le regarder, je détourne les yeux. S'il commence à me plonger dans son regard, je lui cèderai tout.
« S'te plaît ! Je t'en supplie, pour me faire plaisir ! » Continue-t-il.
« Allez quoi, ça peut être sympa ! Je sais que t'aimes pas le camping, mais généralement, quand ils font une soirée jeunes c'est vraiment sympa ! Pitié ! » Je fixe le panneau annonçant cette fête « jeunes ». Il est vraiment laid et très mal décoré. Médiocre.
« Pourquoi tu veux tellement y aller ?! » Je soupire, résigné. Je suis en train de céder. Je suis déplorable, totalement amoureux !
« Mais parce que ! Ils vont balancer de la mousse ! Et c'est ma seule occasion de te voir danser, aussi. » Je le regarde, ahuri, alors qu'il me sourit de façon taquine.
____Je rêve ou il me drague ? Depuis notre « soirée glace », comme il aime l'appeler, certains de nos propos, à tous les deux, sont vraiment ambigüs. Et parfois nos gestes sont totalement déplacés pour une relation amicale : une main sur la cuisse, un peu trop haut, une caresse sur la joue, un baiser trop près des lèvres, des câlins vraiment serrés. Il y a aussi les regards, plus longs, plus insistants, plus tendres, plus chauds.
« On part si j'aime pas ? » Finis-je par céder. J'impose tout de même une condition. Ce compromis me donne l'impression de lui être moins docile.
« Ok ! » Il me sourit et me sert dans ses bras. Mes mains se posent sur ses biceps et je pourrais fondre de la chaleur de son torse contre le mien.
« Merci. » Chuchote-t-il en me déposant un baiser sur le front. Je ferme les yeux et soupire de plaisir.
[ ... ]
____J'enfile mon short de bain, noir avec des motifs blancs. Un tee-shirt noir avec lui aussi quelques dessins blancs. Je m'approche du miroir, me maquille avec soin et précision. Je donne du volume à mes cheveux et les lisse. Je mets un collier en forme de grosse chaîne, quelques bracelets de force. J'enfile cette tenue comme un gladiateur enfilerait une armure avant de se faire jeter dans l'arène. Bataille à mains nues avec les lions.
____La vie est un combat de tous les jours, non ? J'ai hâte de retrouver Tom. Il me manque. Pourtant, le temps qui nous sépare n'est pas si long. Comment vais-je faire, lorsqu'il ne sera plus près de moi toute la journée ? Je sais que nous n'habitons pas très loin, trente minutes en bus. C'est plus rapide en voiture. Mais la distance est présente... Elle me fait peur.
____Je soupire et sors. Mon père ne dit rien. A vrai dire, il m'ignore. Tant mieux ? Peut être pas. Je ne sais pas. Je prends mon sac, ma serviette qui était à sécher, mon portable et mon porte monnaie. C'est une soirée mousse non ? J'ai pas envie de rentrer trop trempé, ni de niquer mon portable. Je vais attendre Tom au bout de la rue.
[ ... ]
____Tom me fixe. Il me fixe vraiment. Et de façon très troublante. Je ne dis rien. Je le fixe aussi. Parfois, j'amène mon verre de coca à ma bouche. Je sais qu'il regarde quand je récupère la goutte de liquide qui coule au coin de mes lèvres avec ma langue. Je sais qu'il me regarde faire. Puisque moi aussi je le fixe, dans les yeux.
____De temps en temps, je regarde un peu autour de nous. Histoire de ne pas oublier que nous ne sommes pas seuls. Je vois une fille s'approcher. Je sais qu'elle veut que Tom la regarde. Ca doit bien faire trois fois qu'elle passe devant nous. Mais Tom ne daigne même pas lui accorder un regard en biais. Ca me rend heureux. Nous sommes assis sur une table près du bar, parfois, nos pieds se touchent. Accidents ? Peut être pas.
____La blonde passe. Elle se déhanche comme une vraie pute. C'est qu'elle a le métier dans la peau... Remarque, avec sa gueule, qui voudrait la payer ? C'est limite si elle s'est pas renversée un pot de peinture sur la tronche. Sa jupe rose est vraiment vulgaire, on voit presque ses fesses tellement elle est courte. Sa poitrine va bientôt l'étouffer. Elle est tellement fade, pour moi. Et dire qu'elle est le fantasme de beaucoup d'hommes...
« Pourquoi tu ne la regardes pas ? » Dis-je de façon neutre. Je sais qu'il l'a remarquée. Il ne peut pas ne pas l'avoir vue.
« Parce que je te regarde toi. » Murmure-t-il d'une voix douce et chaude. Je frissonne.
[ ... ]
____L'animateur vient d'annoncer la mousse. Tom est tout excité, pire qu'un gamin. Il est allé déposer nos affaires au bar, pour pas qu'on les perde dans la mousse. Lorsqu'il revient, il me sourit. Plus calme, on dirait. Il s'approche, nos yeux se connectent. C'est comme une tension électrique qui s'installe. Le genre de trucs à vous coller des frissons de malade...
____Les premiers cris résonnent, la mousse se forme. Mais c'est comme si je n'étais déjà plus sur Terre, comme si tout avait déjà chaviré. Il me prend par la main, il m'attire dans la mousse. Je ferme les yeux. Je laisse mon visage se faire caresser par les bulles de savon opaques. La chaleur de sa main dans la mienne me contamine, elle s'étend à tout mon corps.
____Je sens sa chaleur me posséder. Je le sens se rapprocher. La musique commence, elle coule dans mes veines.
Right Round, de Flo-Rida. Je sens sa joue glissante de mousse se coller à la mienne, mes hanches se meuvent d'elles-mêmes contre son bassin. Il pose ses mains sur mes reins, à même ma peau brûlante. Une de mes mains part s'attacher à sa nuque, l'autre sur son épaule. Je bouge contre lui, collé serré. Je voudrais être plus proche.
____Je ne vois rien. Je ne comprends plus rien. La mousse est une entité, le couffin de cette danse totalement excitante. Ce que je sais, c'est son corps et le mien, la tension est si palpable... Je suis la musique, je descends contre lui. Je laisse une de mes mains sur sa nuque, l'autre s'accroche à sa ceinture. Je sens mon nez frôler ses abdos. Je suis si bas...
____Je remonte, il me retourne contre lui. Je sens ses dreads dans mon cou. Je me frotte lascivement contre son bassin. Je suis tellement à lui. Je me perds dans son esprit. Il halète dans mon cou, j'ai tellement chaud... Ma main dans sa nuque le pousse vers moi. Ses mains glissent sur moi, tellement bas... Sur mon ventre, mes cuisses, à l'intérieur de mes cuisses.
____J'ai la tête qui tourne. Je me cambre. Je le sens contre mes fesses. Je tremble. Je suis tellement en chaleur ! On dirait une chienne. J'ai honte de me sentir si désireux. Mais il est tellement avec moi. Tellement contre moi. C'est plus fort que moi. Je voudrais qu'il soit en moi. Alors je bouge encore contre lui, comme si c'était toute ma vie.
____Je descends, bas, très bas, encore, l'arrière de ma tête, contre
ça. J'adore la sentir. Est-ce mal de le désirer si fort ? Je sais que je ne ferais jamais ça avec un inconnu. Est-ce que j'ai l'air d'une salope ? Après tout, je m'en fiche. Les autres n'ont pas d'importance.
____Je remonte en ondulant contre lui. Il me plaque contre son torse. Je sens ses lèvres frôler mon cou, j'en perds l'équilibre. Il ressert ses bras autour de ma taille. Je suis toujours dos à lui. Je brûle. Je me sens tellement indécent. Ses mains passent sous mon tee-shirt, il caresse mon ventre plat. Ses doigts frôlent le haut de mon short, je frissonne, je me cambre. Stop, maintenant. Ca y est. Le temps peut s'arrêter, je suis comblé.
[ ... ]
____Je suis appuyé contre un mur. Tom est en face de moi. Une de ses mains s'appuie à côté de ma tête. On respire tellement fort... La mousse est une beauté éphémère, volatile. Lorsqu'elle fond, la bulle explose. Tom a alors pris ma main, il m'a conduit ici, à l'arrière du bar. Il ne l'a pas lâchée. Nos doigts sont entrelacés. Son front est collé au mien.
____Je ne peux pas encore ouvrir les yeux. J'ai besoin d'un temps. Le temps du retour à la réalité. Qui n'est peut-être pas si triste, finalement. Je tire sur sa main, il se colle à moi. Son visage caresse le mien, doucement. Tendrement, peut être. Une pause, pour se calmer, pour se retrouver. Sa mâchoire glisse sur mes yeux, mes lèvres frôlent sa pomme d'Adam.
____Ma pommette glisse sur sa tempe, sa tête se niche dans mon cou. Son nez joue avec le mien, lentement, affectueusement. Nos respirations ralentissent. Le rythme de mon c½ur se calque sur le sien. Nos lèvres s'effleurent. Tous nos efforts sont réduits à néant.
« On ne peut pas rester ici. » Dis-je en un souffle brûlant.
« La plage ? » Murmure-t-il alors que sa main agrippe ma hanche.
« Oui... » Haletais-je.
[ ... ]
____Le sable crisse sous nos pieds en un bruit léger. Les vagues caressent le bord de la plage de façon douce. Le vent fait danser les hautes herbes, les grillons chantent une berceuse amoureuse. Le vent s'engouffre en moi, la sensation est si puissante qu'elle en frôle la dérision. Sa main dans la mienne dégage une chaleur suave, elle m'entoure le bras, et parcourt mon corps. Elle me captive, me contrôle.
____Nous nous arrêtons de marcher et contemplons la mer. Elle est comme le miroir du ciel. La lune s'y reflète avec une telle grâce que c'en est troublant. Je sens l'eau fraîche frôler mes chevilles en un touché envoûtant. Je voudrais me fondre dans cet univers, ici et maintenant, avec Tom. Il se met devant moi. Force m'est de reconnaître que ses yeux sont beaucoup plus hypnotisants que cette foutue lune...
____Il balance le sac d'affaires derrière nous. Il lâche ma main, pose le bout de ses doigts sur mes hanches et me caresse. Il relève mon tee-shirt. Un peu, beaucoup ? Il me regarde dans les yeux. Je lève les bras, j'hoche la tête. Il enlève mon vêtement. Je fais de même avec son haut. Je frôle ses côtes de mes ongles et savoure le frisson qui le parcourt. Nos vêtements finissent avec le sac. Le bout de ses doigts caressent mon cou et descendent sur mon torse. Je tremble.
____Il prend mes mains dans les siennes, nos yeux se parlent. Pas de mots. Juste ce qui nous entoure. Il me fait avancer, dans l'eau. Je ne ressens pas la fraîcheur de la mer. Ses yeux provoquent une incendie en moi. L'eau nous arrive à la taille, il me rapproche de lui. Nos torses se touchent. Je crois que mon c½ur ne sait plus quoi faire. Mon cerveau m'envoie tellement d'émotions différentes que ma tête tourne... Je soupire, mes mains s'accrochent à ses épaules, mes yeux sont clos.
____Il sert ses bras autour de ma taille. La peau fine de l'intérieur de ses coudes effleure la zone sensible de mes côtes, je frissonne, encore. Il nous fait couler. Je passe mes jambes autour de son bassin, sans réfléchir, juste naturellement. L'eau m'arrive au cou, sa joue se colle à la mienne, j'inspire. Il nous plonge. L'eau, juste le froid contact du fluide contre moi. Et sa chaleur qui me protège. Je l'étreins plus fort.
____Il nous remonte à la surface. Il a été là quand j'ai coulé, grâce à lui, je respire. Je me tiens sur mes jambes, encore embrumé par tant de promiscuité. Je ne veux pas ouvrir les yeux. Je l'entends plonger, il nage, autour de moi. Je le sens dans mon dos. La chaleur de son corps est si proche de moi... J'ouvre les yeux. La mer m'offre son horizon. Je sens son torse collé à mon dos. Les étoiles du ciel se reflètent-elles dans mes yeux ?
____Il souffle dans mon cou. Ses mains caressent mon ventre... Mon Dieu, où suis-je ? Plus rien n'a de sens. Rien n'a jamais eu de sens ! Je me retourne, face à lui. La grandeur de la mer me parait tellement étriquée face à l'étendue de son regard. Nos visages sont tellement proches et tellement loin à la fois. Je meurs d'envie de le toucher. Alors, je pose ma main sur sa joue. Je tremble, il chancelle.
____Sommes-nous plus proches ? Je sens son souffle contre ma bouche. Ai-je perdu la raison ? Il me semble qu'il me contrôle. Mon corps a-t-il acquis sa propre autonomie ? Ou est-ce moi qui caresse sa joue ? Ses mains... elles sont partout sur moi. Les miennes glissent dans sa nuque. Est-ce que j'y pense ? Je veux l'embrasser.
____C'est l'éclipse. Le noir, le vide. La chaleur, la douceur. Parce que nos lèvres se frôlent, juste la pulpe de ses lèvres, juste ça, contre ma bouche. Je tremble. Je m'avance, lui aussi. Il me sert tellement fort, je voudrais presque qu'il m'étouffe. Je me brise. La chaleur moite de ses lèvres s'écrase sur moi. Sur ma bouche avide de son contact, avide de lui.
____J'ai chaud, j'ai froid. J'ai peur, je suis heureux. Je meurs, je renais. Je m'étouffe, soupire, et respire. Je me perds sur ses lèvres. Je m'abandonne à son corps. J'explose dans l'immensité de mon amour, je me noie, tellement loin, tellement profond... Ne me sauvez pas, ne l'arrêtez pas ! Je veux mourir dans mon amour ! Sa langue, si chaude et humide, si douce et si passionnée, elle se perd dans ma bouche, elle s'égare contre mon muscle. Je ne sens plus que ça. Sa bouche, sa langue, le bord de ses lèvres. Et moi. Juste nous...
[ ... ]
____Je suis allongé dans la tente de Tom. Enfin en réalité, il est allongé sur le matelas gonflable et la moitié de mon corps est sur lui. Mon oreille est sur son c½ur, je l'écoute battre, une musique tellement juste, tellement parfaite pour moi... Je joue avec une de ses mains dans l'une des miennes, l'autre étant sous sa nuque. Lui tripote mes cheveux d'une main et me laisse jouer avec l'autre. Le haut de mon torse nu est collé à sa peau chaude tandis que mon ventre est collé à son flan, une de mes jambes est par-dessus les siennes.
____J'aime être contre lui. Simplement, silencieusement, amoureusement. J'entrelace, délace, caresse et bouge ses doigts. Je réfléchis, aussi. Cela fait une semaine que nous sommes ensemble. Je ne lui ai pas dit que je l'aimais. Je ne sais pas s'il l'a senti. Je ne suis pas sûr de ce qu'il ressent. Il ne fait pas trop chaud. Nous sommes en plein milieu d'après-midi mais sa tente est placée sous un arbre. En fait, c'est plutôt - même carrément - agréable. Je ne sais pas si je lui dis, ou pas. Je lui dis.
« Dis Tom... » Il ne répond rien, et me laisse poursuivre.
« Est-ce que c'est plus ou moins un problème si je suis genre, amoureux de toi ? » Je lâche sa main et me redresse sur les coudes. Je les pose de chaque côté de sa tête et le fixe.
« Disons que ça aurait pu être un problème, si ton amour n'était pas partagé. » Il me sourit, et fait le contour de mon visage avec son doigt, je frissonne. Je souris, aussi.
« Mais, puisque moi aussi je suis, genre, totalement dingue de toi... » Il frotte son nez au mien, tendrement.
____Il me fait rouler sous lui, il vient s'étendre sur moi, entre mes jambes. Je sers mes cuisses autour de ses hanches et appuie sur sa nuque pour qu'il m'embrasse. Sa langue dans ma bouche, elle ouvre toujours cette immensité dans mon c½ur. C'est fou comme je me noie, à chaque fois. C'est dingue comme j'aime ça, à chaque fois. J'ai l'impression d'être entouré par des nuages, je suis tellement heureux !
« J'ai envie de toi... » Me murmure-t-il à l'oreille. Je me mords la lèvre, il me regarde.
« Tu viens de briser le romantisme de ta déclaration, t'es au courant ? » Dis-je en souriant.
« Tu n'est pas quelqu'un de romantique Bill. » Me sourit-il.
« Tu sais que parfois, les scènes idylliques cachent les mensonges. » Il me fixe. «
Je suis sincère, tu le sais, tu le vois dans mes yeux. » Je lui souris.
« Je dirais même que, ça te fait carrément plaisir, que je te désire ! »« Peut-être... » Dis-je en lui embrassant le cou. C'est fou comme il me comprend. J'aime ça.
[ ... ]
____Je tire sur sa main et il me plaque contre le mur arrière du mobile home. J'accroche mes bras autour de sa nuque et l'embrasse. Avec toute la passion et l'amour que je possède. Il passe ses mains sous mes fesses, j'enroule mes jambes autour de son bassin. Il me rehausse dans ses bras et plonge sa tête dans mon cou. J'halète. Il écrase sa virilité contre la mienne, suce la peau de mon cou. Je suis malade. Tellement brûlant ! Je prends sa tête dans mes mains et l'oblige à m'embrasser. Je me frotte contre lui. Je sens le mobile home abîmer mon dos.
____C'est bientôt la fin des vacances. Bientôt un mois que je suis avec lui. Alors, on va coucher ensemble. Ca sera une sorte de « A la prochaine », comme il dit. Ca me ronge les entrailles tellement j'en ai envie... Il n'a pas arrêté de me dire que ça serait comme notre amour transformé en une chose physique, il a été tellement doux ! Bien sûr que je ne le crois pas vraiment, mais il est tellement adorable... Je gémis.
____Il glisse ses mains dans mon bermuda, il caresse la peau de mes fesses. Je l'embrasse, encore, il m'appuie tellement fort contre le mobile home, plus fort... Je ne voulais pas le faire dans sa tente. Pas d'intimité, tout le monde entend tout. Ils sont partis, toute l'après-midi, dans un parc aquatique. Sans moi. Ils ont fermé toutes les portes, j'ai laissé ma fenêtre ouverte. Il est deux heures. On a toute l'après-midi. Bordel, j'en ai tellement envie !
« Hm... Tom ? » Je ferme les yeux, rejette la tête en arrière.
« Oui ? » Souffle-t-il alors qu'il embrasse ma mâchoire.
« On entre ? » Je gémis. Incontrôlable, déplorable.
« Oui ! » Il me lâche et m'aide à monter par la fenêtre.
[ ... ]
____Je suis à califourchon sur ses cuisses. Il est assis sur mon lit, son dos appuyé contre le mur de la fenêtre. Il enlève mon tee-shirt, doucement. Il me regarde dans les yeux, je lui souris, tendrement. Je tends la main, ferme la fenêtre, tire les rideaux. La luminosité s'affaiblit, ambiance tamisée. J'enlève son haut, je l'admire. Je fais glisser ma main dans son cou, lentement, puis, je glisse ma main sur la peau moite de son torse halé, je retrace ses formes. Je suis totalement hypnotisé par sa peau caramel.
____Il me touche, doucement, amoureusement, il m'explore. C'est comme si nous étions dans un autre monde, le nôtre. Tout est calme, doux. Tout est lui. Lui et moi. Notre infini. Je me regarde le toucher, le parcourir. Je sens très clairement son érection contre mes fesses. Je ne me suis jamais senti si près à accueillir un pénis. Je l'embrasse, juste simplement. Je me redresse, juste en face de lui, debout, entre mon lit et celui de mon petit frère.
____Il me regarde, dans les yeux. Il n'est pas pressé, il attend. Il m'attend, moi, juste moi. Je défais le bouton de mon bermuda, la fermeture éclair glisse. Il se concentre sur mes gestes. Mon bas tombe au sol. Je le regarde me fixer, des étoiles dans les yeux. Alors, je suis sûr, tout est concrétisé. J'enlève mon dernier vêtement. Je sens ses yeux me frôler, comme la caresse des ailes d'un papillon. Je rougis, pour la première fois. Je vais vers lui.
____Je suis à quatre pattes, au dessus de lui, je l'embrasse. Je le laisse retirer son short de bain, je sais qu'il est nu en dessous. Je tremble, je sens ses mains caresser mon dos. Il appuie sur mes reins, retour à la case départ. Le changement tient de notre tenue. Je sens mes fesses effleurer ses cuisses, puis, je sens sa hampe contre mon intimité. Je souris dans le baiser. J'aime ça, tellement. Je dévore sa langue contre la mienne. Ma drogue.
____On se détache, essoufflés. On joue, un peu, à se frôler de nos bouches, on sourit. Il caresse mon dos, parfois, souvent, il descend ses mains bas, très bas. Il m'effleure, il caresse cet endroit, mon endroit, je tremble. Je pose une main à plat sur le bas de son ventre, la fin de ses abdos. Je souris en sentant son gland effleurer le creux de mon poignet, il frissonne. Je regarde vers le bas, j'admire sa verge, je me sens saliver. Je tends la main vers la table de nuit, j'en sors une boite de préservatifs et du lubrifiant. Je lui tends ce dernier pour qu'il s'enduise les doigts avec. Il le fait rapidement, je l'observe.
____Il glisse sa main entre nous. Je me soulève un peu pour qu'il puisse la passer sous moi. Il regarde vers le bas, je lui prends délicatement la mâchoire d'une main, l'autre étant agrippée à son épaule, je plante ses yeux dans les miens. Je veux qu'il voit. Je veux qu'il décèle l'étincelle dans mes yeux quand il poussera ses doigts en moi. Je le sens, presque. Je tremble, mes yeux se brouillent de désir, je les garde accrochés aux siens. Je gémis quand enfin je les sens bouger en moi, deux. Ma main sur son épaule glisse dans son cou. Je ne peux plus garder les yeux ouverts, je colle sa bouche à la mienne.
____La main que j'avais gardée sur sa mâchoire descend, je me rapproche de sa virilité. L'air est saturé par la chaleur, j'adore ça. Je l'entoure sans pour autant bouger, ni serrer mes doigts. Je le fait languir, un peu. Mais je ne résiste pas, j'ai trop envie de le toucher. Je fais glisser ma main serrée autour de sa hampe. Trois. Je gémis, nos bouches se séparent. Je passe ma paume contre sa fente, il gémit lui aussi. Il fait bouger ses doigts en moi, il écarte mes chaires, il me travaille au corps. Il la trouve. Je suis pris d'un violent spasme, je ressers convulsivement ma main sur sa virilité, il me sert contre lui, il grogne mon nom.
____Je reste collé à lui, la tête dans son cou. Il me prépare, encore, j'aime qu'il joue comme ça avec moi. Je me fais l'impression d'une épave gémissante, il a l'air d'aimer ça. Je le caresse encore, doucement. Il me câline suavement la cuisse, j'embrasse la peau exquise du creux son cou. Il y a cependant un moment où on ne peut plus attendre. La chaleur m'étouffe, je veux plus. J'ai besoin de tellement plus ! Je suis totalement détendu, on ne peut plus prêt. Juste pour lui. Ce n'est pas ma première fois, ni la sienne. Mais c'est la nôtre. J'appuie sur son bras pour que ses doigts se retirent, je me redresse. Mes pupilles dans les siennes.
____Il pourrait n'y avoir que lui. Une fois dans ses yeux, il n'y a plus de monde. Il glisse ses mains sur mes hanches. Je sens ses doigts humides sur le côté droit. Ceux qui étaient en moi. Impression grisante, frissons. J'attrape la boite de préservatif et sors un sachet. Je l'ouvre et le déroule lentement sur Tom. Lorsque je serai dans la capacité d'attendre, je promets de l'enfiler avec la bouche. Je suis trop pressé. Il me faut Tom maintenant, sinon j'ai froid.
____Je me redresse, il tient sa hampe, il me guide à elle. Je la sens, juste toute proche, qui m'effleure. Je la sens pousser contre mon entrée. Je me sais en train de lui céder. C'est comme un éclair qui traverse le ciel. Mon apocalypse. Je jouis de la destruction du monde, j'ai plaisir de le voir s'écrouler, puisqu'il est en moi. En moi jusqu'à la garde. Je le garde en moi. J'halète déjà, les tornades me dévorent. Mon ventre fourmille d'une chose indéfinissable. J'ai pleinement conscience de chaque millimètre de sa peau en moi. Chaud, froid. Brûlant, glaciale. Frissons et tremblements...
____Mon souffle se bloque. Il est trop tard. Il me caresse, doucement, amoureusement. J'ai envie de pleurer de tant de passion. Je me brise, c'est lui qui recolle mes morceaux. Je me rends compte seulement maintenant que j'ai perdu. Face à tout, face à lui. Il lève ses grands yeux marron vers moi, il m'aime de son regard. Je ne me suis jamais senti aussi nu qu'à cet instant. Il est tellement partout ! Chaque cellule de mon être le ressent. J'ai l'impression qu'il... je... Il me possède.
____Comme s'il savait chaque pensée qui effleure mon âme, comme si mon c½ur ne battait que parce que le sien résonne en écho. Mon Dieu, je suis perdu, mis à nu... Il m'a. J'ai perdu mon indépendance, il est mon addiction. J'ai tellement peur de ça... Tellement peur de ce que ça représente. J'angoisse de la suite. Et, paradoxalement, j'ai tellement, tellement envie de lui appartenir... Je me sens tellement bien, c'est tellement bon de lui céder chaque partie de ce qui me constitue ! Je suis effrayé par l'amour que j'éprouve. Une larme roule sur ma joue, j'ai la gorge nouée.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Me demande-il tendrement en caressant mon visage. Je tremble.
« Je... je suis à toi. » Dis-je comme s'il s'agissait d'une fatalité. Ma voix se brise, pleine de sanglots, d'autres larmes coulent. Et il est en moi. Je suis complet.
« Tu as peur ? » Me chuchote-t-il. J'hoche la tête. Il approche tout doucement son visage du mien et m'embrasse. Le gouffre de mon bonheur s'ouvre de nouveau.
« Il ne faut pas... » Il caresse le contour de mon visage.
« Moi aussi je suis à toi. » Murmure-t-il. Je le fixe.
____Je l'embrasse à mon tour, je lui donne tout ce que j'ai, je m'offre. Je cède. Tout, entièrement, tout ce que je possède, tout ce qui est à moi, il l'a. Il appuie sur mes hanches, il bouge en moi. Je respire fort. Je reprends conscience de mon plaisir. Je bouge lentement sur lui, je caresse nos visages l'un avec l'autre. Il me sert tellement fort. J'ai trouvé ma place. J'ai chaud.
____Nos corps sont moites de sueur. J'ai tellement l'impression que chacun de nos gestes s'encre dans la sensualité du moment. Je monte sur lui, je le replonge en moi, successivement. C'est enivrant. Ma tête part en arrière. Je bouge sur lui, de gauche à droite, je lui fait frotter ma prostate, il m'observe, je gémis. C'est tellement bon. Il me laisse être sur lui, il me laisse me faire plaisir. Bien sûr qu'il en ressent, mais sans doute moins que moi. De toute façon je ne tiens plus. Il le voit.
____Il m'allonge avec précaution, se refusant à sortir de moi. Il me regarde, je le scrute. Mes doigts parcourent son visage. Il bouge, doucement, puis, plus fort. J'écarte si fort les jambes que j'ai l'impression de faire une sorte de grand écart. Le lit bouge, il claque contre le mur. Je tente de retenir mes gémissements, du moins les plus bruyants. Les maisons de poupées sont très mal insonorisées. Mes yeux sont fermés, je savoure ses allers-retours en moi, je me laisse bercer par mon nom qu'il répète tel une litanie passionnée. Je souris. Toute l'après-midi...
[ ... ]
____Je cours. Aujourd'hui, dernier jour. Il est cinq heures du matin et je cours. Les graviers crissent sous les semelles de mes tongs. Je cours vers lui. A midi, le mobile home sera rendu. Alors hier je me suis couché tard, j'ai fait toutes les tâches qui m'incombaient. Et je me suis levé tôt, très tôt pour aller avec lui. Passer mes dernières heures dans ses bras. J'arrive rapidement devant sa tente, je ralentis, reprends mon souffle. J'enlève mes tongs, puis après un moment d'hésitation, j'enlève mon jean, aussi. Il me reste mon tee-shirt et mon caleçon, ça sera plus confortable. J'ouvre doucement la fermeture. Je ne veux pas qu'il se réveille. Je veux juste être avec lui. Juste, qu'il soit près de moi.
____J'entre, appuyant mes genoux contre le matelas gonflable qui bouge sous mon poids. Je pose mes affaires dans un coin et m'allonge à ses côtés, en face de lui. Son visage est si beau, si paisible... Je soulève sa couette et m'introduit sous elle, tout près de lui. Je passe son bras autour de ma taille et plus rien ne sépare nos corps. Je pose ma tête sous son menton et me ressers contre lui. Il est en caleçon. Je respire l'odeur ensoleillée de sa peau et pose une de mes mains sur son torse. Je le caresse doucement. Il ressert sa prise sur moi, inconsciemment. Je souris. Il va tellement me manquer. Je sens mon c½ur se serrer et je ferme les yeux pour ne pas pleurer. Je ne veux pas partir loin de lui...
[ ... ]
____Je sens quelque chose caresser mon visage. Avec tellement de douceur que je me demande si je ne rêve pas. Ca serait un si beau rêve... Je crois qu'un nez se frotte au mien, tendrement. Je souris et pousse mon nez contre le sien. Je m'en veux un instant de m'être endormi, mais j'oublie, parce qu'il est là. Une main glisse sur ma cuisse et la caresse tandis que ses lèvres se posent sur mon front. J'ouvre les yeux, je me noie dans les siens. Il me sourit.
« Bonjour vous... » Me murmure-t-il tendrement. Je me replie sur moi-même et m'étire en me collant à lui.
« T'es vraiment trop mignon, tu sais ? » Je secoue la tête et plonge dans son cou. Il me caresse encore.
« Il est quelle heure ? » Dis-je en tentant de garder mes yeux ouverts.
« Sept heures. » Je le regarde, étonné qu'il se réveille si tôt.
« Normalement je me lève pas si tôt, juste, je me réveille et je me rendors. Mais cette fois j'étais plus tout seul dans mon lit ! » Il sourit et me caresse la joue.
« Je pars vers midi, je voulais être avec toi. » Dis-je tristement, en baissant les yeux.
« T'as eu une super idée. » Me souffle-t-il.
____Il prend ma mâchoire entre ses doigts et relève ma tête. Je me perds dans ses yeux. Ses si beaux yeux marrons. Il recommence à caresser mon visage, je l'imite. On joue le jeu du miroir, reproduisant chaque geste de l'autre. Je le grave en moi. J'ai l'espoir fou qu'une image de lui me suffira. Et je suis fou. Tellement fou de lui. Je vois trouble, les larmes barrent ma vue. Allez, merde, je vais pas pleurer, hein ? Pourquoi je n'arrive pas à me contrôler ? Pourquoi j'ai l'impression de sentir mon c½ur se désagréger ? Pourquoi ça fait si mal ?
____Je le sens passer sur moi. Je pleure, je crois même que je sanglote. C'est si dur de quitter son bonheur quand on l'a enfin trouvé. Je le sers fort contre moi, j'aimerais qu'il m'étouffe de son poids. Il embrasse mon cou et tente de me calmer. Je suis tellement ridicule ! On va se revoir ! Alors pourquoi je... j'ai tellement mal. Comme une déchirure. Une bombe dans mon c½ur. Le compte à rebours est lancé. Il m'embrasse. Je le laisse glisser sa langue dans ma bouche. Mon baume de bonheur. Ma gorge est comme emmêlée. Je suis heureux de l'instant présent. J'ai tellement peur de ce futur qui se rapproche de façon inéluctable...
____J'essaie de mémoriser son goût, chaque particule de son être. La sensation que j'éprouve lorsqu'il caresse mes cheveux, le frisson qui me parcourt quand ses doigts glissent le long de ma cuisse. Je tente de mémoriser sa présence, tout ce qui est lui, gravé en moi, de façon indélébile. Je suis dérisoire. Les souvenirs sont si fades... Il est tellement exceptionnel ! J'enregistre consciencieusement sa voix grave qui me murmure un tendre « je t'aime ».
[ ... ]
____J'entre dans l'épicerie, il n'y a personne. C'est parfait. Je m'approche de la caissière. Cette bonne vielle vierge puritaine ! Il n'y a plus d'expression sur mon visage. Dès qu'elle me voit, elle perd son sourire hypocrite. Elle a peur. Et elle est ridicule. Je me penche en m'appuyant sur le meuble qui nous sépare. Nos visages sont proches, face à face. Elle ne bouge pas, tétanisée. J'essaie de contrôler mon rire. Un sourire sadique apparaît sur mes lèvres, elle tremble.
« Nous savons ce que tu as fait... » Murmurais-je d'une voix vide et glaciale.
« Un ami à moi, » continuais-je en pointant le sol du doigt – elle tremble.
« t'as préparé une belle surprise. » Elle me regarde, horrifiée.
« Tu dois être punie de tes pêchés. » Ses yeux s'exorbitent, je souris toujours plus et accentue mon regard méchant. Je me penche, ma bouche près de son oreille :
« Bienvenue en enfer... » Susurrais-je d'une voix emplie de joie malsaine.
____Je me redresse et la regarde quelques instants, mon visage étant redevenu impassible. Mes yeux glacials la scrutent. Elle court dans l'arrière boutique. Je me dépêche de sortir et explose de rire avec Tom qui a suivi la scène de loin. Oh mon Dieu, mais quelle cruche cette fille ! J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi con. Tom me sert contre lui, je respire son odeur.
[ ... ]
____Je le laisse me plaquer toujours plus contre le mur de béton derrière moi. En réalité, je prie pour qu'on reste collés à ce mur, ensemble. Les larmes coulent sans retenue sur mes joues. Elles partiront avec moi... Mes bras entourent son cou, mes mains se perdent dans ses dreads, mes cuisses se resserrent autour de ses hanches. Sa main appuie sur ma nuque, pour me rapprocher, encore plus près. Se coller pour oublier que la distance nous guette.
____J'entends mon père me hurler de rappliquer. Je lui crie un « J'arrive » très énervé et colle mon front à celui de Tom. On reprend nos respirations. Une larme roule le long de sa joue. Je caresse son visage du mien. J'ai l'impression que mon c½ur étouffe. Comme s'il avait été ligoté, comme si on resserrait la corde jusqu'au manque d'air. J'ai l'estomac au bord des lèvres, je ne peux pas partir, ça fait trop mal ! Je l'embrasse d'un simple baiser et plonge mes yeux embrouillés de larmes dans les siens qui brillent de douleur.
« Je suis à toi. » Murmurais-je. Il me fait son adorable sourire en coin.
« Est-ce que tu as peur ? » Me souffle-t-il. Je lui souris, les larmes roulent, elles meurent dans mon cou. Je secoue la tête en signe de négation en me mordant la lèvre pour ne pas exploser en sanglots.
« Tant mieux. » Me susurre-t-il.
« Parce que je suis à toi aussi... » Je pleure plus, un peu plus fort. J'essaie de reprendre ma respiration.
« Je t'aime » Déclarais-je de ma voix tremblante.
« Moi aussi je t'aime, tellement si tu savais... » Il m'embrasse langoureusement, amoureusement. Un énième hurlement de mon père nous interrompt.
____Mes pieds touchent de nouveau le sol. Je l'embrasse rapidement une dernière fois. Je baisse les yeux et m'éloigne de lui. Il fixe le mur. Ma main glisse le long de son bras. Il caresse le dos de ma main. Puis, plus rien. Le vide, le froid, la douleur. Je ne me retourne pas. Lui non plus. Il ne veut pas me voir partir. Je ne veux pas me voir le quitter. Je contourne les buissons qui nous cachaient et me dirige à grand pas vers la voiture. Je m'installe et ferme ma portière en la claquant, ignorant mon père. Qu'il ferme sa gueule ce con !
____Je tente de rester discret. Je ne veux pas qu'ils me voient pleurer, ils ne le méritent pas. Seul Tom le mérite. Je sens une petite main contre mon bras. Je relève un peu la tête et Julien me sourit. Il me caresse le bras. Je tends ma main vers lui et la pose sur la sienne. Il la caresse avec application. Je lui murmure un petit « merci » tremblant. On sort du camping. J'ai mal, si j'avais quelque chose dans le ventre je le vomirais. Mon c½ur étouffe, il est compressé, il explose ! J'implose... Je sens mon portable vibrer contre ma cuisse :
C'est un nouveau message de Tom :
« Donc, aujourd'hui, mardi, t'es parti, demain on est mercredi et je m'en vais. On se voit quand ? » Je souris parmi mes larmes.
« Jeudi ? » Tapais-je à mon tour.
« Jeudi c'est parfait. J'ai hâte de te revoir. Je t'aime. » Je souris encore, la douleur s'atténue un peu.
« Je t'aime aussi » Ecrivais-je.
____Le camping, c'est un des trucs les plus nuls de la création. Je dirais même que c'est carrément le monde des Poupées, des Barbie et des Ken. Mais... après tout, ça a ses bons côtés aussi.
____La voiture me reconduit chez moi, où il sera bientôt près de moi.
Et cela suffit à me faire remarquer qu'aujourd'hui, le soleil brille...
Vos impressions?..